Amara Sidibé, 2e vice président de la Plateforme

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«Nous ne voulons pas de référendum aujourd’hui, ni demain »
Partie de la Place de la liberté, la manifestation organisée le samedi 17 juin par la Plateforme « An tè, a bana » a drainé une énorme foule. Selon Amara Sidibé, 2e vice président de la plateforme, une grande partie des marcheurs était encore loin quand la tête de la procession arrivait à destination au boulevard de l’indépendance, devant la Bourse du Travail. Une mobilisation qui est la preuve que le peuple ne veut pas du référendum.

Le Républicain : Quel était le but de cette marche ?

Amara Sidibé: « L’objectif de cette marche, c’était de réunir tous les Maliens qui disent non à la révision constitutionnelle pour exprimer leur position. En dehors de cette expression, il s’agit de demander au président de la République de revenir sur sa proposition, de revenir au dialogue pour une meilleure proposition de projet constitutionnel. Ce n’est qu’un début, le reste du travail est à venir. Nous remercions les Maliens qui sont sortis. Prendre part à une marche est un acte citoyen et on ne doit pas être félicité pour cela.
Mais les gens doivent être félicités aujourd’hui pour ce qu’ils ont fait. Ça montre que le président de la République n’a pas la même opinion que le peuple; ça montre que notre choix de dire non est aussi l’avis du peuple. C’est la preuve qu’aucun citoyen malien ne souhaite que ce projet aboutisse. En ce moment même, nos camarades qui sont en France sont devant l’ambassade du Mali pour dire non. Ceux qui sont aux Etats-Unis sont devant le consulat du Mali pour dire non. Hier nous étions en meeting à Koulikoro ; les jeunes de Koulikoro disent qu’ils ne sont pas d’accord et que si le président ne revenait pas sur sa décision il n’y aura pas de vote à Koulikoro.
Donc, la raison de notre marche est dire aux autorités qu’elles sont là pour les citoyens ; qu’elles sachent que le peuple malien ne veut pas de ce projet. Nous ne voulons pas de référendum aujourd’hui, ni demain. En fait, nous ne voulons pas que le référendum ait lieu. Par exemple, en 2002, le président Alpha a essayé de réviser la Constitution. Les gens ne sont pas sortis dans la rue; ils ont plutôt organisé des réunions pour envisager des manifestations. Alpha est passé à la télé pour dire qu’il voulait réviser la Constitution pour le bien du pays, mais qu’il revenait sur sa décision parce que les Maliens n’étaient pas d’accord. C’est la même chose que nous demandons au président Ibrahim Boubacar Keita ; qu’il écoute le peuple et chemine avec nous sur la voie que nous voulons emprunter. Après cette marche.

Y a-t-il d’autres activités en vue ?

Amara Sidibé : « Nous allons organiser une conférence de presse. Il y a eu assez de monde, le travail a été un peu difficile pour nous. Donc nous allons dire aux journalistes ce que nous cherchons. En dehors de cela, nous allons organiser des meetings partout au Mali. De Kayes à Tombouctou, nous allons organiser des meetings partout pour que le président de la République revienne sur sa décision. Si avec tout ça il n’abandonne pas, nous allons sortir dans la rue le premier juillet et nous n’allons plus nous arrêter jusqu’à ce qu’il abandonne l’idée».
Propos recueillis Soumaila T Diarra

Source : aBamako

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