Nouvelle carte d’identité biométrique Le marché n’est encore attribué à aucune société

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Le marché de la carte d'identité biométrique du Mali n'a pas encore connu son épilogue. Au ministère de la Sécurité et la Protection civile, l’on apprend que le dossier n'est plus à leur niveau. Leur rôle s’étant limité à déterminer les caractéristiques physiques et techniques afin que la nouvelle carte réponde aux recommandations de la Cédéao en même temps que certaines exigences techniques nationales.
Il faut dire que ce dossier dure trop longtemps dans le circuit. Après avoir subi quelques retouches au niveau de la Direction des finances et du Matériel du département de la Sécurité, il a été envoyé au marché public via le ministère de l'Economie et des Finances. Bientôt un an que ce gros marché attend son adjudicataire. Mais il se susurre par ailleurs qu'il aurait été attribué à un certain Lionel. Lequel serait en commerce avec Cissé technologie. Pendant que d'autres sources croient savoir que rien n'est fait d’autant que le nom d’Alou Tomota circulait dans ce dossier d'attribution du marché de la nouvelle carte biométrique du Mali. Pour plusieurs personnes proches du dossier, Alou Tomota a de sérieuses chances de remporter ce marché pour lequel il a une expertise avérée.
Plaideraient encore en sa faveur sa crédibilité et ses prestations dans un passé récent qui lui ont donné la carrure d’un Seigneur dans ce domaine. Même si Alou Tomota n’est pas le choix des attributaires de ce dossier, une bataille larvée entre Tomota et Cissé technologie serait à la base de la lenteur dans l'attribution de ce marché. Au ministère de l'Economie et des Finances, on explique et justifie autrement cette lenteur. Le blocage serait dû aux négociations de prix afin que ce soit supportable par la bourse du Malien moyen.
Pour rappel, certains hommes d’affaires, obnubilés par l’argent, sont en train de remuer ciel et terre pour pouvoir exécuter ce marché. La société présumée adjudicataire de ce marché et qui doit confectionner la nouvelle carte d’identité biométrique, pour les 17 millions de Maliens, tient à la céder à 13.600 Fcfa l’unité. Un tarif qui se heurte au refus du gouvernement. À ce jour, le dossier est en cours de finalisation au niveau du gouvernement et il sera probablement défendu par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré.
Le montant global de ce marché est estimé à 13 milliards Fcfa. Dans les prévisions actuelles, la carte d’identité biométrique devrait être vendue à 13. 600 Fcfa à chaque Malien. Selon nos sources, il y a eu de nouvelles négociations entre le gouvernement et la société en question. Celle-ci, qui ne voulait pas diminuer son tarif initial (13.600 Fcfa), a fait une nouvelle proposition de tarif : 9500 Fcfa l’unité. Mais la question que l’on est en droit de se poser est celle-ci : comment le gouvernement pourrait-il justifier ce tarif aux populations maliennes qui ont déjà de la peine à débourser 2 000 Fcfa pour avoir la carte d’identité nationale ? Les négociateurs de la société bénéficiaire (des Blancs, nous dit-on), pressent l’Etat malien à accepter leur tarif.
Dans leur empressement, ils en oublient même que dans la sous-région (là où le pouvoir d’achat des citoyens est plus élevé qu’au Mali), le prix de la carte d’identité biométrique n’atteint pas leur tarif. Et c’est précisément pour cette raison que le gouvernement s’y refuse. Fait encore troublant, la société malienne, bénéficiaire de ce gros marché, n’a même pas un 1m² de surface d’imprimerie. D’où la stupéfaction des grandes sociétés de la place qui disent ignorer les motivations du gouvernement à attribuer un tel marché à une société qui sera emmenée à sous-traiter avec elles, parce que n’ayant pas les compétences requises pour exécuter ce marché.
Mieux, la société bénéficiaire du marché de la carte d’identité biométrique est celle qui est soupçonnée d’avoir livré un appareil défectueux (IRM) à l’hôpital du Point G. Il y avait aussi fait livrer un autre appareil défectueux. C’est dire que la volonté du gouvernement à donner un marché de 13 milliards Fcfa à la même société, pour confectionner la carte d’identité biométrique, pour l’ensemble des Maliens, défie l’entendement humain. Si tous les Maliens, soit 17 millions d’habitants, payent la nouvelle carte à 9.500Fcfa, cela équivaudrait à verser 16 milliards 500 millions à la société bénéficiaire.
Or, le gouvernement malien ne veut pas débourser de l’argent pour subventionner la confection de la carte biométrique. D’autant que la carte d’identité biométrique est presqu’identique à la carte NINA qui fait office actuellement de carte d’identité nationale. Par ailleurs, le gouvernement n’entend pas se laisser bousculer par une société qui ne jouit pas d’une bonne réputation pour avoir été impliquée dans beaucoup de marchés mal exécutés. Au cas contraire, il court le risque de grossir le lot des mécontents au sein de la population. En tous les cas, à l’hôtel des finances, les choses sont claires : le gouvernement ne dépensera pas un franc pour faire plaisir à une société.
Sinaly KEITA

Source : aBamako

aBamako

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