Bilan de l’Attaque terroriste du ‘’Kangaba’’: 9 morts, une dizaine de blessés, 5 suspects arrêtes

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Le bilan de l’attaque terroriste du campement le ‘’Kangaba’’, dimanche dernier, dans l’après-midi, à Yrimadjo, à une quinzaine de kilomètres de la capitale, s’est alourdi. Selon les dernières informations, en effet, il n’était plus question de 2 morts, mais de quatre civils qui ont été tués, dont une Franco-Gabonaise. Quatre assaillants ont aussi été tués.
Par ailleurs, apprend-on, un membre des forces de sécurité maliennes a succombé à ses blessures.

Au total, il y a eu 9 victimes dans cette attaque d’extrémistes violents.
La Haute représentante de l’Union européenne (UE), Federica Mogherini, a d’ailleurs annoncé qu’un Portugais travaillant pour l’EUTM Mali et une Malienne employée par la délégation européenne à Bamako avaient été tués.
Une dizaine de personnes ont été blessées et qui ont été transportées par les services de la Protection civile et de la Mission onusienne qui ont déployé des ambulances simultanément à l’opération visant à prendre le contrôle du campement par les Forces spéciales antiterroristes du pays (FORSAT) appuyées par des éléments de la MINUSMA, des Forces européennes. Le site de la prise d’otages ayant été bouclé par les éléments de la Garde nationale, de la Gendarmerie et de la Police.
Au total, ce sont 32 personnes qui ont été secourues, mais, indique-t-on, des clients manqueraient encore à l’appel dont un Français.
Le ministre de la Sécurité, Salif TRAORE, a fait savoir qu’un Français et un Suédois portés disparus « ont été retrouvés ».
Pour le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le général Salif TRAORE, il n’y a point de doute qu’il s’agissait d’une « attaque djihadiste ». Il en veut pour preuve que s’il s’agissait de bandits armés, les assaillants auraient battu en retraite à l’arrivée des Forces de sécurité, or, ils ont cherché à tenir leur position, quitte à faire des otages.
Pendant plusieurs heures, les restes du Campement, un espace hôtelier prisé par des expatriés, des Occidentaux et de la bourgeoisie malienne, brûlaient encore ardemment.
Selon des témoignages concordants, plutôt dans l’après-midi, deux petits groupes d’assaillants ont attaqué l’établissement.
« Les premiers assaillants sont arrivés très bien armés à la porte principale, a raconté Karim, un employé. Ils ont tiré en l’air alors avant de grimper vers les piscines. » « Ils cherchaient en réalité des Blancs », précise Sory Ibrahim, un journaliste interrogé par Radio France internationale (RFI), présent sur les lieux au moment de l’attaque. Un autre employé de l’hôtel, Boubacar KONTA, raconte avoir vu les assaillants brandir « leurs armes en l’air, crier “Allah Akhbar”, avant de tirer des rafales dans le ciel ».
Intenses échanges de tirs

Un autre groupe s’est approché par le haut de l’établissement, ouvrant le feu sur les clients. « Par chance, poursuit Karim, il y avait des militaires en permission. » Les soldats présents auraient alors aussitôt saisi leurs armes pour répliquer, parvenant à repousser les assaillants.
Les Forces spéciales antiterroristes du Mali (Forsat) sont ensuite arrivées sur les lieux pour exfiltrer les clients, certains, vêtus de leur seul short de bain, équipés à la hâte par les soldats d’un gilet pare-balles.

En fin d’après-midi, les Forces spéciales antiterroristes, appuyées par l’armée, des soldats européens et des éléments de sécurité de l’ONU, ont lancé un assaut sur la colline où les terroristes s’étaient retranchés. D’intenses échanges de tirs et des explosions se sont fait entendre alors que la consigne d’éteindre toute source de lumière avait été donnée afin que les djihadistes ne disposent pas de cibles.
Le ministre TRAORE, qui s’est rendu sur le théâtre d’opérations, de même que la haute hiérarchie de l’armée, a annoncé dimanche, en début de soirée, qu’un ratissage de la zone était en cours, tout en soulignant les difficultés liées à la nature accidentée du terrain (les collines avoisinantes) et des pièges.

Le chef du Département de la Sécurité et de la protection civile a fait savoir qu’une enquête a été ouverte par le pôle judiciaire antiterroriste. Une arme et un téléphone portable ont été récupérés sur les lieux de l’attaque, a indiqué le ministre de la Sécurité intérieure.
Hier lundi, cet attentat n’avait pas encore été revendiqué.

La dernière attaque djihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à mars 2016, elle avait visé l’hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant la mission de l’Union européenne qui entraîne l’armée malienne (EUTM Mali). Un assaillant avait été tué.

Par Bertin DAKOUO

Source : aBamako

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