IBK : « le mouvement « an te a bana ! » peut poursuivre sa marche jusqu’à aguel-hoc s’il veut, mais la nouvelle constitution sera votée par un oui massif au referendum du 09 juillet prochain »

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Le pays est sous tension. A défaut de vrais débats à la télévision et à la radio nationales, partisans et opposants à la révision constitutionnelle s’affrontent, à coups d’arguments, dans les médias privés. Au-delà des partis politiques, des associations de femmes et de jeunes, même la population est divisée sur le sujet. Avec, à la clé, des marches de protestation. La plus récente et la plus grandiose, celle organisée, samedi dernier, par le Mouvement « An Tè A Bana ! » (Nous refusons, c’est tout ! », qui regroupe près d’une centaine d’associations de la société civile, de syndicats, et une quarantaine de partis politiques. Dans ce contexte socio-politique chauffé à blanc, que nous avons rencontré le Chef de l’Etat pour notre hebdomadaire interview imaginaire. Tout de blanc vêtu, les traits tirés et l’air soucieux, IBK nous a reçus dans son salon feutré de sa Résidence privée de Sébénikoro, décorée à l’italienne.

Mr le président, vous n’avez pas l’air bien, ça se lit au premier coup d’œil sur votre visage

Comment voulez-vous que je me sente bien, quand des emmerdeurs qui, sur le seul prétexte qu’ils ne veulent plus voir ma tête à Koulouba, organisent des marches, s’en prennent à moi et à mon gouvernement dans la presse privée de …..presse.
Pourtant, il n’y a rien de diabolique et de diabolisant dans ce projet de constitution voté, à la majorité, par l’Assemblée nationale. Mais laissez-moi vous dire une chose, une seule : le Mouvement « An Tè A Bana » peut poursuivre sa marche jusqu’à Aguel-Hoc s’il veut, mais la nouvelle constitution sera votée par un oui massif au référendum du 09 juillet prochain.

Pourquoi, Mr le président, vous ne vous êtes pas adressé à la nation, à la télévision nationale, pour expliquer le bien-fondé de cette révision constitutionnelle ? Comme l’avait fait le président Konaré, quand il a décidé de retirer son projet de nouvelle constitution, qui avait suscité moult protestations comme le vôtre ?

C’est vrai ! Vous venez de me donner une idée géniale, Le Mollah.

Ne pensez-vous pas, Mr le président, que le gouvernement, de son côté, a péché par le déficit de communication autour de cette révision constitutionnelle ?

Encore une fois, Le Mollah, tu as raison. Même si, je ne te porte pas trop dans mon cœur, à cause de ce que tu écris sur mon régime. Mais cela n’enlève rien à la qualité de tes propositions. Le problème ? C’est qu’au moment où j’y pensais, Sidiki Konaté, le directeur général de l’ORTM n’était même pas à Bamako.

Où était-il alors ?

Il paraît qu’il se serait rendu dans son village pour, tenez-vous bien !, aller danser le balafon.

La marche de protestation, organisée samedi dernier par le Mouvement « An Tè A Bana » a mobilisé plusieurs centaines, voire de milliers de Maliens dans la rue. Ne serait-il pas mieux de repousser la date du référendum, ne serait –ce que de quelques jours, afin que puisse s’instaurer un vrai dialogue entre partisans et opposants à cette révision constitutionnelle ?

Je ne sais pas si, tu as déjeuné avec du haricot ou du « Tigadéguè », le truc des Maninka. Mais je dois l’avouer : tu es très bien inspiré aujourd’hui. Depuis le début de cette interview, toutes tes propositions sont frappées au coin du bon sens.
Je ne suis pas contre cette proposition ; mais c’est le temps qui nous manque. Car cette révision constitutionnelle va de pair avec la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Mr le président, l’administration et l’armée malienne seront-elles à Kidal, le 20 juin prochain, comme annoncé ?

Incha Allahou !!!!!!!

Propos recueillis
par Le Mollah Omar

Source : aBamako

aBamako