La révision de la constitution malienne : le repli tactique est amorcé

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S’il est vrai qu’on ne peut faire une omette sans casser des œufs, il faut savoir choisir ses œufs et ne pas casser tout le stock. Pour les besoins de la paix médiatique ( la paix sociale et militaire sont loin), depuis quatre ans de règne sur le Mali, IBK a cassé plus d’œufs que le projet de paix nécessite.
Habitué à réfléchir après voir agit, le président vient de se rendre compte qu’il aurait dû consulter les maliens avant de négocier en leur nom. Il s’est engagé dans un accord pour lequel il n’a pas les moyens de l’application. Usant des maliens comme de simples variables statistiques, il veut imposer un référendum pour changer la constitution.

Il veut rendre la constitution compatible avec l’accord signé entre lui et la minorité d’une minorité. La constitution rassemble 16 millions de maliens alors que l’accord d’Alger est parrainé par une minorité d’élite. Il semblerait que les maliens soient déterminés à faire avorter le projet de référendum.
IBK est-il capable de se remettre en cause et retirer purement et simplement sont projet comme lui demande des anciens premiers ministres et une grande frange de la population malienne ? Modibo Sidibé et Moussa Mara ont tous réclamé le retrait du projet. L’opposition tel un seul homme exige le retrait du projet de référendum. Depuis hier, le président a entrepris des consultations autour de la question. La grande mobilisation de l’opposition et de la jeunesse le 17 Juin 2017 a été perçue comme un avertissement au régime. Apparemment le message des marcheurs a été reçu dans son intégralité. On assiste malheureusement aux attitudes d’un président maladroit qui méprise son peuple. Ne pouvait-il pas consulter avant de se lancer de façon hasardeuse dans une course folle de modification de la constitution ? En tout cas la majorité Présidentielle est réduite à un bégaiement qui ne trompe personne. Le rétropédalage est la seule option à adopter car le front est déterminé malgré les tentatives de minimiser l’ampleur de la mobilisation.
Le président IBK est en train de planifier un repli tactique.
On s’achemine vers un retrait du projet de référendum prévu pour le 9 Juillet. Une fissure irréversible est visible au sein de la majorité présidentielle à un an des élections présidentielles de 2018.
Il faut rappeler que si le référendum du 9 Juillet est maintenu et si le « oui » l’emporte, ce serait l’acte du morcellement du Mali. La partie du territoire non accessible à l’administration malienne sera de facto cédée aux groupes terroristes qui en ont le contrôle. Comment expliquer un jour aux populations de ces zones le principe unitaire du Mali ?

Elijah De BLA

Source : aBamako

aBamako