Charte nationale : Déjà des désaccords entre le gouvernement et la CMA!

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Le mardi 20 juin 2017, Baba Akhib Haïdara, le président de la Commission d’organisation pour la rédaction de la Charte pour la paix a remis, solennellement, la charte de la paix à Ibrahim Boubacar Kéita, Le document a été rejeté par la Coordination des Mouvements de l’Azawad(CMA) reproche à cette charte de ne prendre en compte les recommandations issues des missions de concertations.

Rédigé sur la base des conclusions de la Conférence d’entente nationale, le texte de la Charte reconnaît les causes profondes des crises qui ont marqué l’évolution de notre pays depuis l’indépendance et qui ont contribué à le conduire dans la situation qu’il connaît aujourd’hui, a déclaré Baba Akhib Haïdara. Le texte, a-t-il poursuivi, reconnaît aussi les changements de toutes natures qui s’opèrent dans la société malienne et qui expriment une forte aspiration à transcender les épreuves.

Enfin, il met en exergue la volonté de toutes les composantes de la Nation à construire un nouvel avenir fondé sur une vision commune et des valeurs partagées. « La Charte vise à servir de référence à l’engagement moral entre les composantes de la Nation et entre l’Etat et les collectivités », a résumé le Médiateur de la République qui a tenu à préciser que le texte a fait l’objet de concertation tous azimuts.

En effet, des missions ont été envoyées dans toutes les régions et plusieurs pays où nos compatriotes résident ou sont réfugiés pour partager son contenu et mettre tous d’accord sur les éléments qu’il contient. « Ce travail de fourmi a été fait dans différents domaines par des experts dont la moralité et l’intégrité ne souffrent d’aucune contestation », a soutenu Baba Akib Haïdara.

L’opposition de la CMA
Mais, peu avant cette cérémonie de remise au chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, la Charte a été rejetée par la Coordination des Mouvements de l’Azawad(CMA). Le ton est dur ! En effet, la CMA estime que « malgré les sacrifices et les concessions consentis par elle, il y a un déni radical et systématique de la part de l’État de la problématique de l’Azawad telle que formulée par les populations durant tout le processus ».

Accusant le gouvernement de vouloir « évoluer unilatéralement », « La CMA rejette la présente charte qui ne saurait nullement l’engager dans son format actuel ». Selon la CMA, le document final qui leur est « parvenu est malheureusement le même projet de charte qui a été exposé pendant les missions de concertations sans aucune prise en compte des recommandations issues de ces missions. Cette prise de position gouvernementale est loin de concilier les parties et par conséquent n´a aucune chance d´aboutir á une entente encore moins á la paix et l´unité nationale », indique la Coordination.

Une porte est cependant laissée ouverte à de futures discussions « profondes et sérieuses sur la problématique de l’Azawad en vue d’obtenir une solution consensuelle ». De son côté, le président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé présent lors de la cérémonie de remise a également critiqué la méthode. Il a notamment déploré le fait que l’opposition n’a « pas (été) associée à la conception du document » et affirme même tout ignorer de son contenu.

Mémé Sanogo

Source : aBamako

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