Focus : Droit résiduel

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On doit à la vérité de reconnaitre à IBK et à son régime un formidable pouvoir de désacralisation de mythes parfois auto-entretenus. A commencer par le chef d’orchestre lui-même qui a longtemps surfé sur la vague de l’homme à poignée imprégné de la mystique de l’Etat avant que toute cette construction ne s’effondre lamentablement à l’épreuve du pouvoir.

La gestion de l’Etat ne se résume pas à quelques fulgurances en latin, ni à l’autocélébration. Elle se mesure à la puissance de la Vision, à la capacité du chef à former des équipes compétentes et surtout à l’autorité de la vertu. Le pouvoir chez nous ne coche quasiment aucune de ces cases.

Manassa Daniogo, présidente de la Cour constitutionnelle est l’autre révélation de ces réputations surfaites ! L’opinion l’avait confortablement installée sur le piédestal de la « Dame de fer » qui a tenu tête à Moussa Traoré même s’il n’y a rien d’extraordinaire à juger un détenu, fût-il ancien chef d’Etat.

Le peuple a besoin de héros, s’il n’en trouve pas, il en crée et tant mieux ainsi ! Mais 30 ans après, notre présidente de la Cour constitutionnelle et ses collègues sèment l’effroi à travers un Avis qui ne restera pas dans l’histoire pour sa sagesse. « Insécurité résiduelle », ont-ils dit pour caractériser la situation de crise que nous vivons. Depuis, lorsque survient une attaque contre un poste militaire ou un attentat, une colère sourde s’empare de nous. La froideur, pour ne pas dire plus, de ce concept passera à la postérité.

A se demander s’il n’y a pas un « droit résiduel », fait d’accommodements jurant d’avec l’indépendance et qui serait le fait d’intermittents du droit constitutionnel. Au demeurant, un Etat qui ne peut pas lever l’impôt à plus de 10 Kilomètre de Gao et Tombouctou villes, qui n’arrive plus à assurer l’éducation de ses enfants à Douentza, Hombori… Cet Etat-là gouverne «un pays résiduel ». Donc tout se tient !

C H Sylla

Source : aBamako

aBamako

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