Révision constitutionnelle : Une marche gigantesque prévue pour le 1er juillet

18

Les membres de la Plateforme « Antè, A bana Touche pas à ma Constitution» ont fait la restitution de la marche du 17 juin contre le référendum constitutionnel lors d’une conférence de presse le 21 juin à la Pyramide du souvenir. «Le président doit comprendre que ceux d’en face ne sont pas des enfants capricieux. Rien ne nous fera reculer, ni intimidation ni menaces », a déclaré Sy Kadiatou Sow devant un parterre de journalistes, faisant allusion à la réaction d’IBK à la marche du samedi dernier.

«Nous pouvons comprendre que le président soit en colère, mais ce que nous ne pouvons pas comprendre est que le chef de l’Etat ne puisse pas maîtriser sa colère. C’est un mouvement qui est enclenché, s’ils sont en ordre de bataille; nous, nous sommes en ordre de marche», a commenté la porte-parole de la Plateforme.

Au moment où se tenait la conférence de presse de la Plateforme « An tè, A bana », le gouvernement a pris en conseil de ministres la décision de reporter la tenue du référendum à une date ultérieure. Mais cette éventualité avait été prévue par les conférenciers. « S’ils reportent la tenue du référendum afin de reculer pour mieux sauter, nous allons sauter plus loin qu’eux. On souhaite que le président nous écoute, nous ne voulons pas qu’une autre crise s’ajoute à celle que notre pays connait », a indiqué la porte-parole de la Plateforme.
Selon Sy Kadiatou Sow, la marche du samedi dernier a été à la fois un évènement historique et une prouesse, mais cela ne doit pas faire oublier la nécessité de mener plusieurs actions d’envergure pour faire barrage au référendum.

Ainsi, un appel a été lancé pour la mobilisation générale en vue d’une gigantesque marche synchronisée prévue pour le 1er juillet au Mali et dans plusieurs pays étrangers. En attendant, une marche se tient aujourd’hui (22 juin) dans la ville de Sikasso dont le collectif des opposants à la révision constitutionnelle a été reçu hier par les membres de la Plateforme « Antè, A bana ».
La cité du Kénédougou emboîte ainsi le pas à la ville de Mopti qui a marché hier contre le référendum constitutionnel.

Avant la marche synchronisée, les actions se poursuivront après la fête du ramadan avec des meetings dans différentes localités où il y aura deux meetings par jour. « A partir du 27 juin, un meeting sera organisé en Commune IV et en Commune V. Le 28 juin, ce sera le tour de la Commune VI et la Commune I. Si d’ici là il n’y a pas un changement, nous continuerons le 8 juillet », a expliqué la porte-parole de la Plateforme « Antè, A bana, Touche pas à ma Constitution».

Sy Kadiatou Sow est également revenu sur la lettre que la Plateforme a adressée au président de la République après la marche. Dans cette correspondance, les animateurs du mouvement demandent à IBK de sursoir à la tenue du référendum du 9 juillet, le retour de l’administration dans les localités où l’Etat n’est pas présent et la relecture du texte proposé avant d’entamer tout processus de révision de la Constitution.

A en croire Sy Kadiatou Sow, le nombre des opposants au référendum s’agrandit de jour en jour, car des syndicalistes se sont joint au mouvement. Après le Syndicat libre des magistrats(SYLIMA), la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), l’adhésion de l’Union nationale des travailleurs du Mali(UNTM) et du Collectif des 60 marchés de Bamako a été annoncée aux membres de la Plateforme.

Un des conférenciers, Dr. Bréhima Fomba, a balayé d’un revers de la main l’argument consistant à mettre en avant l’Accord d’Alger. «Dans le texte proposé, il y a aucune préconisation au titre de l’Accord d’Alger. La seule préconisation de l’Accord d’Alger est la question du Senat que nous rejetons d’ailleurs. On a jeté à la poubelle la proposition du comité d’expert et on est allé fabriquer un autre texte », a fait savoir Dr. Fomba.

Selon ce constitutionnaliste, les passages relatifs à l’accord à travers la décentralisation (de l’article 92 à 97 ) ont été rejetés par les députés. Mais, dit-il, ces passages peuvent revenir car à la demande du président de la République on pourra réviser la Constitution sans référendum si le nouveau texte venait à remplacer la Constitution du 25 février 1992.

Soumaila T. Diarra

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here