Assemblée nationale : Adoption des textes portant protection des investissements et promotion de la pêche

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Les investissements internationaux constituent l’un des principaux facteurs participant à la croissance économique et à la prospérité pour la plupart des pays en développement. Cependant le risque économique ou politique surtout dans un pays en crise, est pour l’investisseur un problème majeur. C’est cette inquiétude qui motive l’adoption hier à l’Assemblée nationale de deux projets de loi de ratification sur la protection réciproque des investissements. Il s’agit de deux accords signés entre, d’une part, le Mali et le Canada et d’autre part, entre notre pays et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).

Conçus sur le principe du gagnant-gagnant pour les différentes parties, ces accords visent à attirer un plus grand flux de capitaux de ces deux partenaires au Mali dans des conditions avantageuses, avec des retombées économiques contributives au développement.

Evoquant la pertinence de ces deux textes devant les députés, le ministre de la Promotion des Investissements et du Secteur privé, Konimba Sidibé, dira que l’attirance des investisseurs est devenue une concurrence rude entre les pays en développement. Il s’agit, à travers ces deux textes, d’identifier les risques auxquels les investissements sont exposés afin de prendre des mesures pour leur protection, a-t-il indiqué.

Répondant aux préoccupations des élus sur ce qui justifie ces accords bilatéraux séparés au lieu d’un cadre général de négociation, le ministre a expliqué que le cadre existe déjà avec le Code des investissements qui accorde des avantages compétitifs aux besoins de tous les investisseurs étrangers désirant faire des affaires au Mali. Il a ajouté qu’en plus de cadre, certains partenaires en raison de leur regard particulier sur le développement du Mali, ont besoin de ce genre de traitement. C’est le cas pour le Canada qui est le troisième partenaire extérieur du Mali avec une aide s’élevant à 76 milliards de Fcfa entre 2014 et 2015.

Selon le président de la commission finances de l’Assemblée nationale, le Canada, en plus d’être l’un des principaux contributeurs financiers au budget de la MINUSMA, a accueilli et formé plusieurs cadres maliens ces dernières années. Quant à la BADEA, elle investit plus dans le secteur des infrastructures routières et hospitalières.

En ce qui concerne la réciprocité de ces accords, le ministre a soutenu qu’ils sont plus avantageux pour le Mali car le volume des investissements de ces deux entités est nettement supérieur à celui des Maliens qui investissent dans ces pays. Ces deux projets de loi ont été votés de façon cumulée par 92 voix pour, zéro contre et aucune abstention.

Auparavant, les élus de la nation avaient donné leur aval pour la loi portant création de l’Office de développement de la pêche et de l’aquaculture dans le Delta intérieur du Niger. Ce texte est motivé par le fait que cette zone qui constitue 80% de la chaine de valeur poisson n’est plus encadrée depuis l’intervention de la crise de 2012, et surtout avec la fin du Projet d’appui au développement de la pêche continentale (PADEPECHE). Des investissements amorcés n’ont pu être achevés. Il s’agit notamment de deux débarcadères de poisson et des infrastructures connexes à Mopti et Konna, de trois centres de traitement et conditionnement de poisson à Akka Difarabé et Niafunké. Saisie au fond, la commission développement rural de l’Assemblée nationale indique dans son rapport que la création de l’office permettra de poursuivre les actions d’investissement, d’appuyer la commercialisation intérieure et extérieure du poisson et d’achever les infrastructures. Ainsi, face aux changements climatiques, l’Office permettra de renforcer la résilience des pêcheurs et des aquaculteurs en assurant un encadrement rapproché.

Le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Ly Taher Dravé qui défendait le texte a expliqué que l’office est nécessaire en ce sens qu’il permettra de sauvegarder les infrastructures du PADEPECHE avant leur usure. S’appuyant sur l’expérience du PADEPECHE exécuté sous financement extérieur, le député Dédeou Traoré, élu à Niafunké, a voulu en savoir davantage sur le mode financement de l’office. Le ministre Dravé l’a rassuré de la détermination du gouvernement à opérationnaliser cet office en le dotant de budget conséquent. Elle s’est réjouie à cet effet des promesses d’accompagnement annoncées par la Banque mondiale. Ce texte a été voté par 105 voix pour, zéro contre et aucune abstention.

Etaient également en adoption hier à l’hémicycle, le projet de loi régissant les activités physiques et sportives et ceux relatifs à la création du Centre de médecine du sport et de la Direction du service national des jeunes.
Lougaye ALMOULOUD

Source : aBamako

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