Intox et désintox: les rois des balivernes

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Entre imposture, haine viscérale, fumisterie politique, récupération politicienne, falsification éhontée de l’histoire et inculture, l’Opposition dite démocratique et républicaine galvaude le peu de crédit qui lui restait à la faveur d’une vague de contestation de la révision constitutionnelle. Elle étale à la face du monde que son véritable combat est un combat de personne et d’agenda et non pour le Mali.
Face à l’INTOX, nous vous proposons la DESINTOX.
Lisez les croustillantes PEPITES de la semaine.

Soumi, le grognard
Comme des plaies qui ne se cicatrisent pas, en tout cas pas de si tôt, il est des rancœurs qui restent tenaces et vivaces. Celle qui fait ronchonner le Grognard-en-Chef en est de celles-ci. Eternel rouspéteur, Soumi brûle d’impatience, se ronge de vengeance. A la limite de l’inélégance, l’Opposant décrété ne fait pas mystère outre mesure de sa hargne et de sa haine envers celui qu’il est allé voir nuitamment par une nuit d’aout pour tenter de duper. Mais, ne dit-on pas que l’habitude est une seconde nature… Comme au lendemain de cette palpitante confession de défaite, le Grognard-en-Chef reste sur ses terres cultivant le ressentiment et l’intimité et récoltant des déconvenues. Illustrations :
Devant la Commission des lois, le 20 avril, dans le cadre des écoutes relatives au projet de révision de la Constitution, Soumi déclare (selon les propos de ses conseillers techniques de son cabinet rapportés par notre confrère le Prétoire) :

INTOX
En réponse à la question de l’appréciation qu’il fait de la révision de la Constitution du 25 février 1992, Soumaïla Cissé a affirmé que le monde évolue, les sociétés aussi. A ce titre, les textes doivent évoluer en fonction du temps. Une Constitution datant d’un quart de siècle doit être révisée, surtout dans le contexte actuel du Mali… . « Si la révision est nécessaire, demandée et souhaitée, le moment n’est pas propice parce que les conditions pour qu’elle soit adoptée en référendum ne sont pas réunies».

DESINTOX
En d’autres termes : il y a pertinence de procéder à une révision de la Constitution ; mais il faut la mettre à la Saint-Glinglin ? Il faut peut-être attendre dans la logique du Grognard-en-Chef un autre quart de siècle pour que le moment s’y prête !
En politique le courage n’est pas celui de ses opinions ou la liberté qu’on s’octroie pour saquer celles des autres, encore moins «l’absence de la peur, mais la capacité de vaincre » (Mandela). Pour y parvenir, il faut agir « comme s’il était impossible d’échouer » (Churchill). Pour cela il faut aller «aller à l’idéal et comprendre le réel » (Jaurès).
Le médecin doit-il différer l’opération parce que le patient pourrait rester sur le billard ? L’inaction dans ce domaine n’est-elle pas comparable à la non assistance d’une nation en souffrance de modernité, en tout cas d’adaptation à la pratique ? L’agitation comme un épouvantail de l’article 118 ne dénote-t-elle pas d’un manque de courage politique de la part de Soumi ? Parce que dans les mêmes circonstances, Soumi ne va certainement pas agir avec tous les risques de compromettre le tissu social et le revivre ensemble. Parce que ce n’est pas la tenue du référendum qui constitue un danger pour l’unité nationale, c’est le contraire. Raison : le blocage des réformes constitutionnelles librement consenties par le Mali est la porte ouverte à tout.

Quand le Chef de file des grognards souffle le chaud et froid
INTOX
Selon les propos de ses conseillers rapportés par notre confrère ‘’Le Prétoire’’, interrogé par la Commission des lois au sujet de la conduite de la politique de la nation par le Président de la République, Soumaïla Cissé a répondu favorablement. Estimant que c’est lui qui est élu sur la base de son projet de société. Sur cette base, la mise en route de sa politique, il l’a confie au Premier ministre pour l’exercer, mais en réalité c’est lui le responsable de cette République.

DESINTOX
Après cette déclaration comment comprendre dès lors la cohérence d’un Soumi qui accepte de marcher contre un postulat qu’il a lui même admis comme étant correct ? Et que penser de lui lorsqu’il harangue les manifestants et leur dit : IBK a fait cette révision et s’est arrogé tous les pouvoirs pour devenir un monarque !!! Sacré Soumi ! Il dit dans le secret de la Commission que c’est correct, et dehors devant le peuple désinformé que ce n’est pas normal, que c’est une atteinte impardonnable… Qu’est-ce que vous comprenez à ce double langage ? Si ce n’est le dessein clairement établi de travestir la vérité et de salir son adversaire !

L’éternel problème
de Soumi
INTOX
Comme toute explication à l’accusation légère contre le projet qui confère au Président IBK des pouvoirs exorbitants, le Chef de fil des grognards dit : « Car c’est lui qui nomme le Président de la Cour constitutionnelle, le Président de la Cour suprême, le Président du Sénat. Et puis, le Président de l’Assemblée nationale, comme on le sait, vient toujours de la majorité présidentielle. Donc, il a un ascendant sur toutes ces institutions.
Cela donne l’impression qu’on revenait à une monarchie. Parce qu’il n’y aura aucune institution qui pourra destituer le Président de la République. Ce n’est pas normal. Il faudrait qu’il y ait quelque part une institution qui puisse sanctionner le Président lorsque l’Assemblée aurait reconnu que le Président a commis des fautes lourdes…»

DESINTOX
Serait-ce un péché que les présidents de la République et de l’Assemblée nationale portent le même maillot ? Que non ! Que le Président de la République ait un pouvoir de nomination ? Que non ! Le problème de Soumi ce n’est pas :
-que le Président de la République, Chef de l’Etat ait de l’ascendant sur les autres institutions parce que cela se passe comme ça dans une République : le président de la République est la clé de voûte des institutions : «Le Président de la République est le chef de l’Etat. Il est le gardien de la Constitution. Il incarne l’unité nationale. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des Traités et Accords internationaux. Il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l’Etat » (article 29 de la Constitution du 25 février 1992).
-que le Président de la République puisse nommer le Président de la Cour suprême, parce que c’était déjà le cas dans l’ancienne Constitution ;
-que le Président de la République puisse nommer le Président de la cour Constitutionnelle, parce que c’est cela la pratique aussi en France qui n’est pas à notre connaissance une République ni bannière ni dictatoriale ;
-que le président de la République puisse nommer le Président du Sénat, parce c’est cela l’usage dans plusieurs démocraties y compris le Sénégal voisin ;
-que le Président de la République puisse dissoudre l’Assemblée nationale et alors qu’il ne peut pas être destitué par elle ou une autre institution procède même de l’essence du régime parlementaire dont le nôtre est et reste une variante. Pourquoi ? Parce que la Constitution consacre non pas une simple immunité, mais l’irresponsabilité et inviolabilité du Président de la République. Soumi se fiche certainement de ce principe constitutionnel consacré par les grandes démocraties (France) et reconnu au plan international selon lequel le Président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite. » Donc que le Grognard-en-Chef souffre que le Président de la République ne puisse, durant son mandat, être poursuivi ou démis qu’en cas de haute trahison par l’Assemblée nationale.
L’éternel problème de Soumi, c’est que ce soit IBK (et pas lui) qui ait ces pouvoirs-là, soit dans cette posture-là. Rappelez-vous son « c’est eux qui ont tout… Nous on n’a rien ». Tout est là, le reste n’est que balivernes !
Or, à la vérité, en fait de concentration de pouvoirs, la reforme n’a ajouté que deux pouvoirs de nomination (celui du Président du Sénat et de la Cour constitutionnelle) au Président de la République qui pourrait s’appeler en 2023 Soumaïla Cissé ou Oumar Mariko, ou tout autre Diarra ou petit peulh, qu’à Dieu ne plaise.

Soumi prêche le faux
INTOX
Selon Soumi dans les colonnes de Mali24, « … le Président, au détour de ce referendum pourra convoquer le congrès et remettre dans la Constitution tout ce qui a été refusé par les députés et qui ne sera pas soumis pour la sanction de l’ensemble du peuple ».

DESINTOX
On voit clairement là que Soumi prêche dans le faux et prend ses distances avec la sincérité. Cette affirmation n’est pas conforme à la vérité du texte voté par l’Assemblée nationale qui sera soumis au référendum. L’article 143 du projet dit à ce sujet exactement ceci : «le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des deux tiers de ses
membres.
Le Bureau du Congrès est celui de l’Assemblée nationale.
La procédure de révision par le Congrès ne peut être mise en œuvre lorsque le projet ou la proposition de révision porte sur la durée ou le nombre de mandats du Président de la République, des députés et des sénateurs ou bien sur la modification du présent alinéa ».
Dire que le Président de la République peut introduire n’importe quoi dans la Constitution en se servant des deux chambres du Congrès ne correspond pas à la vérité et ne flatte pas le sérieux, la rigueur et la crédibilité du Grognard-en-Chef.

Des egos
surdimensionnés
INTOX
Pour Soumi le texte soumis à référendum « C’est une Constitution pour une consécution, il faudrait revenir en arrière, avoir une discussion plus large ». C’est pourquoi, dit-il, « Nous allons nous battre, aviser la société civile, saisir la cour constitutionnelle, pour que cette Constitution ne soit pas appliquée en République du Mali. Ça ne nous amène à rien, çà amène à la division du pays, ça amène à l’incompréhension ».

DESINTOX
La participation de l’Opposition au processus d’élaboration du texte (écoute au sein de la Commission des lois et débats en plénière) ne suffit pas aux yeux du Grognard-en-Chef. Soumi veut élargir la discussion !!! Pourquoi ? Peut-être faire élaborer une Constitution par la rue et à son unique goût ! Autrement la question est : qui veut diviser le pays ? Qui sème les graines de la discorde ? La réponse chacun la connaît : ceux qui véhiculent contre-vérités, désinforment et manipulent les Maliens de bonne foi. Pourquoi le font-ils ? Pour leurs égos sans borne et leur ambition contrariées !!!
Dure, dure est l’Opposition. Pas de privilèges, honneur ultra petita… Max gallo a tellement raison quand il dit que «tout le discours politique est fondé sur cette opposition entre ventre creux et ventres dorés. » Insigne respect pour notre opposition dite républicaine et démocratique qu’on prend le pari de mettre au-dessus de vils instincts alimentaires, sans aucune conviction.
Au Mali, et c’est heureux de le dire, la loi sur le statut de l’Opposition fait des hommes et femmes qui l’animent des acteurs de propositions et non d’opposition stérile et de confrontations puériles. Conformément à l’enseignement de Robert Sabatier « s’opposer n’est autre que proposer. Une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur. » Mais en dépit de la clarté du Statut de l’opposition on rencontre ça et là d’incorrigibles aboyeurs et de bonimenteurs impénitents. Eux qui croient la musique de leur chimère ont fait leurs la définition de l’opposition selon le Dictionnaire du Diable de Ambrose Bierce : ‘’opposition. En politique, le parti qui empêche le gouvernement d’aller battre la campagne avec incohérence, en lui coupant les jarrets’’.
Sur ce registre burlesque, outre le Grognard-en-Chef qui estime dans les colonnes de notre confrère Jeune Afrique que «L’Etat n’est pas souverain, et l’intégrité du est en cause » (quelqu’un a-t-il entendu que le Mali est exclu de l’ONU, de l’UA ou de la CEDEAO parce qu’il n’est plus souverain ?) parce que le «pays est dans une insécurité quasi-générale » ; nous avons Tiébilé Dramé.

Amnésique comme
un bélier
INTOX
Pour le Béliers en chef qui estime qu’ «avec le renforcement et sans précédent et la concentration de tous les pouvoirs dans les mains du président de la République, ce projet codifie la personnalisation du pouvoir, il codifie toutes les dérives autoritaires et autocratiques constatées ces dernières années. En cela, le projet jure avec l’esprit de mars 1991 ». « C’est une révision pour rien à l’exception de la volonté de créer un monarque, un “mansa”, un “fama” comme jadis au Mandé, comme jadis au pays de Ségou ».

DESINTOX
Comme si les Mansa et les Famas n’ont existé qu’au Mandé ou à Ségou !
Pourtant, depuis 25 ans le Mali est régi par la même Constitution. Pourtant ce projet de révision qui est conforme en tous points aux deux précédents. Ce qui était valable hier devient-il subitement une injure à l’esprit du 26 Mars ? Parlant de «personnalisation du pouvoir », de « dérives autoritaires et autocratiques », Tiébilé n’était certainement pas au Mali pour savoir que par un passé récent un président s’est immiscé jusqu’à la nomination d’un DGA de l’INPS… Faut-il remonter loin pour rappeler ce qui est à la base de la déconfiture de notre armée ?
En ces temps-là, l’esprit du 26 Mars était certainement en vacance pour que Tiébilé se mobilise

La fumisterie politique
INTOX
L’aboyeur de manif estime, dans les colonnes de notre confrère ‘’Aujourd’hui’’ : «la Constitution que le Président, le Gouvernement et la majorité des députés veulent réviser est le fruit d’un consensus républicain élaboré par toutes les forces vives du Mali pendant la Conférence nationale souveraine organisée au lendemain de l’insurrection populaire victorieuse de mars 1991… (cette constitution) ne peut pas être révisée sans dialogue politique, sans concertation avec l’opposition et les forces vives du pays ».

Réponse de Tiébilé à Jeune Afrique : « Elle (la Constitution) n’est pas le Coran, ni la Bible. Elle peut donc être révisée, mais »… Alors voyons le « mais » tiébiliste : « elle doit l’être en prenant le temps d’instaurer un dialogue, de discuter avec les parties prenantes, et de procéder aux concertations nécessaires avant de mettre au point un projet de révision ».

DESINTOX
L’instrumentalisation du 26 Mars procède d’une grosse alchimie pour ne pas dire fumisterie politique. Les acteurs (pas tous) sont les premiers à avoir trahi l’esprit du 26 Mars (Manifeste publié en 1993) et vendre l’héritage de la Révolution. Un quart de siècle après, le 26 Mars ressemble à un produit périmé, les acteurs ayant choisi de trinquer avec les fossoyeurs et les bourreaux des Martyrs. Peu d’entre eux peuvent aujourd’hui donner des leçons. Alors qu’on arrête d’associer les martyrs à des agendas politiques qui n’ont rien à voir avec l’esprit du 26 Mars.
En 2000 le Président Konaré a convoqué le Forum politique national. En 2010 le Président ATT a mis en place le CARI et en 2016 le Président IBK le Comité d’Experts pour parvenir une réforme largement partagée. Mais s’agit-il de cela ?
Non, parlant de « concertations » (qu’il a conjugué à tous les modes) Tiébilé qui abhorrait l’exercice hier, tient à sa Conférence nationale souveraine, seul viatique pour lui pour revenir aux affaires. Pas seulement pour arracher le pouvoir à IBK qui ne veut pas lui faire une place sous son soleil. C’est simple, c’est clair. Sinon dire que le projet de Constitution proposé aujourd’hui « est issu d’un processus unilatéral, sans concertation, et sans dialogue avec les forces vives du pays » ou qu’il «a été préparé en catimini, puis adopté en Conseil des ministres et envoyé à l’Assemblée nationale ne correspond pas à la vérité.

Le Bélier blanc broie
du noir
INTOX
Quant à une éventuelle influence du référendum sur la présidentielle de 2018, Tiébilé Dramé estime: «si les pouvoirs du Président sont renforcés comme cela, pourquoi pas ? N’oublions pas que le Président de la Cour constitutionnelle proclame les résultats de l’élection présidentielle et que la Cour constitutionnelle tranche les contentieux électoraux».

DESINTOX
La probité démocratique commande que ceux qui ont déserté les urnes s’abstiennent de verser dans les conjectures qui ne les honorent pas, mais. Avec des « si », n’est-ce pas qu’on peut récréer le monde et même mettre au four un bélier blanc… Comme on le voit dans tous ces boniments, Tiébilé n’est pas sûr que la révision de la Constitution soit une hyer-concentration des pouvoirs du Président. Cet épouvantail d’accentuation des pouvoirs n’est qu’hypothétique comme on le voit dans la bouche de Tiébilé. N’est-ce pas pourquoi il procède par « si ».

La récupération
politicienne
INTOX
Concernant la mobilisation pour le NON en vue de la marche de samedi dernier, voici ce que Tiébilé raconte dans Jeune Afrique : « Nous avons créé une plateforme qui s’appelle « An tè, A Bana » (« Nous refusons, un point c’est tout », en bambara). Une centaine d’associations, une trentaine de partis politiques et la confédération syndicale des travailleurs du Mali y ont adhéré, tout comme le syndicat libre de la magistrature (Sylima). Des artistes également, dont des jeunes rappeurs et le chroniqueur Ras Bath, qui est un des porte-paroles de ce mouvement d’opposition. Les bases de notre plateforme s’élargissent d’heure en heure ».

DESINTOX
Ah le politicien ! En basket (foot ?), il serait un très bon récupérateur. En usant d’un « NOUS » inclusif, le Bélier en chef fait plus que de la récupération politicienne, il se rend coupable d’usurpation et d’imposture. Parce que « nous » (opposition) est totalement étrangère à la création de cette Plateforme comme le poisson fumé et la rivière. Mais comme on le dit chez nous si un enfant réussit, on l’arrache à ses parents.

Le flagrant délit de
mensonge
INTOX
Dans sa lancée manipulatrice pour réclamer le retrait du projet de révision de la Constitution, le Bélier en chef qui ne s’encombre d’aucun scrupule confie à Jeune Afrique : «je rappelle qu’il y a eu un précédent similaire dans l’histoire de notre pays. En 2001, Alpha Oumar Konaré avait aussi voulu changer la Constitution. L’Assemblée nationale avait voté la loi et la campagne référendaire avait commencé, mais le président Konaré, réalisant qu’il n’y avait pas de consensus autour de ce projet, avait finalement adressé un message à la nation pour arrêter le processus ».

DESINTOX
Voilà une scandaleuse tentative de falsification de l’histoire même de la part d’un bonimenteur de mauvaise passe. En effet, il ne peut en aucun cas s’agir d’un trou de mémoire, mais d’un tripatouillage de la vérité. On peut comprendre les liens de famille qui ne sont pas propres qu’à IBK (on aime brandir faussement), mais de là à tenter de réécrire l’histoire politique du pays, caresser son beau-père dans le sens poil… qui du reste n’en demande pas tant !
C’est faux et scandaleux de dire que le Président Alpha a retiré le projet parce qu’il avait réalisé « qu’il n’y avait pas de consensus autour de ce projet ». Ce qui revient aux accusations que Tiébilé porte encore faussement sur le projet d’IBK, à savoir l’absence de consensus suite à une absence de concertation. Faux Alpha a bien élargi la concertation à travers un Forum national.
D’autre part, il n’a pas arrêté le processus, le processus a été stoppé après son rejet pour inconstitutionnalité du projet par la Cour suite à un record des députés des Alternatistes, fidèles à l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita (Arrêt N°01 – 128 du 12 Décembre 2001).
Enfin les motifs de l’arrêt n’ont rien à voir avec une quelconque absence de consensus comme Tiébilé veut le faire.
La Cour a déclaré la loi portant révision de la Constitution du 25 Février 1992 inconstitutionnelle parce le texte publié dans le Journal Officiel spécial n° 5 du 18 Octobre 2001 est différent de celui voté par l’Assemblée Nationale ; il est différent en plusieurs de ses dispositions du texte voté par l’Assemblée Nationale le 21 Juillet 2000.
Comment avait-on appelé cela à l’époque ? Tiébilé s’en souvient certainement. A moins qu’on le lui rappelle.

Le ridicule
INTOX
Le confrère ‘’Le Prétoire’’ rapporte que Daba DIAWARA, président du Parti de l’indépendance, de la démocratie et de la solidarité (PIDS), au cours d’une conférence de presse animée le 15 juin dernier, a argumenté l’atteinte à l’intégrité territoriale à laquelle fait référence l’article 118 de la Constitution de 25 Février 1992 : « Le Code pénal, dans ses articles 47 et suivants, fait de l’emploi illégal de la force armée, de la dévastation et du pillage public des crimes constitutifs de l’atteinte à l’intégrité territoriale ».

DÉSINTOX
Soyons sérieux. On n’oppose pas une Constitution à un Code pénal. La preuve !
Selon le dictionnaire Wikipédia, ‘’une constitution est une loi fondamentale ou un ensemble de principes qui fixe l’organisation et le fonctionnement d’un organisme, généralement d’un État ou d’un ensemble d’États. Son but est la préservation du bien commun, d’une justice au plus égalitaire, de la souveraineté nationale, incitant les qualités individuelles d’impartialité des représentants, mais beaucoup plus sûrement, intrinsèquement évitant par ses règles les risques de conflits d’intérêts et de collusions ; limitant, supprimant au mieux nombre des risques de dérives naturels des pouvoirs sans contrôles, sans modérateurs, sans contre-pouvoirs : totalitarisme, oligarchisme, prévarications, influences partisanes, clientélisme, népotisme, homogamie oligarchique, etc.). Les articles de cette constitution ont pour trame essentielle les règles de séparation des pouvoirs et de contrôles croisés.
Tandis que, selon le même dictionnaire, ‘’le Code pénal est un recueil organisé de textes juridiques dans le champ du droit pénal’’. ‘’Le droit pénal ou droit criminel est une des branches du droit qui détermine des comportements antisociaux (les infractions), et prévoit la réaction de la société envers ces comportements, la réponse pénale prend le plus souvent la forme d’une peine. Le droit pénal concerne le rapport entre la société et l’individu. Il est souvent opposé au droit civil, qui concerne les rapports entre deux personnes morales ou physiques’’.
Dans le cas de l’article 118 de la Constitution, il n’est pas question de rapport entre la personne et la société. Donc, la question de l’intégrité territoriale prévue par la Constitution n’est pas à confondre avec des infractions relevant du Code pénal.
Autre observation, c’est l’article 47 du Code pénal qui stipule : ‘’ Sera puni de mort :
1. tout individu qui aura incendié ou détruit par engin explosif des édifices, magasins, arsenaux ou autres propriétés appartenant à l’État ;
2. quiconque, soit pour envahir des domaines ou propriétés de l’État, les villes, les postes, magasins, arsenaux, soit pour piller et partager les deniers publics, les propriétés publiques ou nationales ou celles d’une généralité de citoyens, soit pour faire attaque ou résistance envers la force publique agissant contre les auteurs de ces crimes, se sera mis à la tête de bandes armées, y aura exercé une fonction de commandement quelconque ;
3. les mêmes peines seront appliquées à ceux qui auront dirigé l’association, levé ou fait lever, organisé ou fait organiser les bandes, la peine de mort sera appliquée, sans clairement fourni ou procuré des armes, munitions et instruments de crime, ou envoyé des convois de subsistance ou qui auront, de toute autre manière, pratiqué des intelligences avec les dirigeants des bandes’’.
Dans les trois alinéas, il n’est nulle part fait mention de l’expression ‘’intégrité du territoire national’’. Et dire que des apprentis juristes font le forcing de substituer à une Constitution un Code. Heureusement que la révision constitutionnelle de 2011 n’a pas eu lieu, parce qu’avec un Daba DIAWARA comme président du ‘’Comité d’appui aux réformes institutionnelles’’ (CARI), c’était la catastrophe assurée. Celui-là même qui a été nommé à la tête du comité d’experts chargé de ‘’La Réflexion sur la consolidation de la démocratie au Mali’’.

La forfaiture
INTOX
Dans la mouvance de la remise de la Charte pour la paix, l’unité de la réconciliation nationale au Président de la République, IBK, par le Président du Comité d’organisation de la Conférence d’entente nationale (CEN) et président du Comité de rédaction de ladite Charte, Baba Hakib HAIDARA, la Coordination des mouvements armés (CMA) s’est fendue d’un communiqué : « la CMA constate malheureusement que malgré les sacrifices et les concessions consentis par elle, il y a un déni radical et systématique de la part de l’État de la problématique de l’Azawad telle que formulée par les populations durant tout le processus ».

DÉSINTOX
C’est un mensonge éhonté que de dire qu’il y a un déni de la problématique de l’Azawad. La preuve, c’est qu’il en a été question dans l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, en son article 5 : ‘’De l’appellation Azawad’’ :
‘’L’appellation AZAWAD recouvre une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord Mali, constituant des composantes de la communauté nationale. Une compréhension commune de cette appellation qui reflète également une réalité humaine devra constituer la base du consensus nécessaire, dans le respect du caractère unitaire de l’État malien et de son intégrité territoriale’’.
Des mesures destinées à instaurer la paix et la réconciliation nationale.
‘’La dimension socio politique des crises cycliques qui ont jalonné le septentrion malien nécessite un traitement politique. À cet égard, une Conférence d’Entente nationale sera organisée durant la période intérimaire, avec le soutien du Comité de Suivi et sur la base d’une représentation équitable des parties, en vue de permettre un débat approfondi entre les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes du conflit. Ce débat aura à prendre en charge, entre autres, la problématique de l’Azawad. Une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale sera élaborée, sur une base consensuelle, en vue de prendre en charge les dimensions mémorielle, identitaire et historique de la crise malienne et de sceller son unité nationale et son intégrité territoriale’’.
La Conférence d’entente nationale a été davantage explicite sur la question dans ses recommandations générale, au point 6 : ‘’à propos de l’appellation Azawad :
Des débats et échanges, il est ressorti les trois éléments principaux suivants :
-le terme Azawad ne renvoie plus à aucun projet politique ;
-l’appellation Azawad, au plan administratif, ne peut englober de fait toutes les régions dites du Nord ;
-l’appellation Azawad recouvre une réalité socioculturelle, mémorielle et symbolique partagée par certaines populations du Nord du Mali’’.
Or, cette Conférence d’entente nationale a regroupé un millier de personnes : les représentants : des parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation, de la Médiation internationale, des Institutions de la République, des organisations professionnelles, des syndicats, des médias et communicateurs traditionnels, des associations des jeunes, des femmes, de la classe politique, des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des autorités coutumières ; les anciens Premiers ministres et ministres, les Ambassadeurs et Chefs de Mission accrédités en République du Mali ; les élus nationaux et locaux, les Gouverneurs des Régions et du district de Bamako, les autorités coutumières, les députés, les femmes, et les jeunes. Peut-on raisonnablement soutenir que ce que recommande tout ce beau monde n’est pas crédible ? Non.
Par ailleurs, il faut arrêter d’embrigader la population qui n’a rien dit durant tout le processus qu’elle n’a dit à Bamako, à la faveur de la CEN.
En réalité, la CMA récidive. Pour ne pas parapher l’Accord préliminaire à Alger, elle a argué une consultation de la base. À présent que la Charte est finalisée et remise au Chef de l’État, elle prend pour prétexte les populations dont le point de vue n’aurait pas été pris en compte sur la problématique de l’Azawad. C’est nauséeux.
Enfin que cette problématique CMA arrête de s’abriter dernière les populations, parce que ça commence à trop bien faire. Ça suffit. Qu’elle ait le courage de revenir publiquement sur son engagement.

L’irresponsabilité
INTOX
« Cette prise de position gouvernementale est loin de concilier les parties et par conséquent n’a aucune chance d’aboutir à une entente encore moins à la paix et l’unité nationale ».

DÉSINTOX
La Coordination des mouvements armés n’est jamais responsable de rien. Rien. C’est toujours l’État qui est en faute, à l’en croire. Comme si les gens étaient des oies sauvages. Quand les ex-rebelles qui ont chauffé le coin pour l’opérationnalisation des Mécanisme opérationnels de coordination/patrouilles mixtes et qu’ils ont été les derniers à fournir la liste de leurs 200 combattants, est-ce cela la faute de l’État ? Quand ils font entrave à l’opérationnalisation de la structure à Tombouctou et Kidal, est-ce l’Etat le responsable ? Quand le Gouverneur de Kidal doit administrer sa région d’un exil, est-ce là encore la faute de l’État. Quand l’opérationnalisation des Autorités intérimaires à Kidal, avant le 20 juin dernier, est bloquée, où est la responsabilité de l’État ?
À l’évidence, il y a une partie qui ne veut pas de l’entente, encore moins de la paix et de l’unité nationale. C’est bien la CMA qui prétend honteusement avoir consenti des sacrifices et des concessions. Qui n’en a pas fait ? Qui paie les per diem de ses responsables, leurs frais d’hôtel et de virées nocturnes ?
Le véritable enjeu pour la CMA c’est le maintien du statu quo qui lui permet de continuer à jouir de ses avantages, ici à Bamako, comme à Kidal à travers ses activités illicites. Ce qui tranche nettement avec le retour de l’administration et des Forces armées et de sécurité.
Il ne saurait pourtant être question de s’inscrire dans une logique d’éternel recommencement qui ne fera finalement les affaires de personne. Il faut avancer, et l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger est une chance inouïe pour ce faire. D’ailleurs, un proverbe Touareg dit : ‘’Mieux vaut marcher sans savoir où aller que rester assis à ne rien faire’’. À bon entendeur, salut.

Source : aBamako

aBamako

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