Référendum Constitutionnel: ça se fera

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Élargir le périmètre d’écoute, conformément à l’humilité qui sied au premier responsable d’un pays de culture et de convivialité pour mieux partager, d’une part, la pertinence de la révision de la Constitution, d’une part, les défis et les enjeux qui se posent à notre nation en quête de paix, tel est le substrat de l’exercice que le Président de la République a engagé depuis avant-hier avec les institutions et les forces vives du pays. De reculade ou de capitulation, face à une «démonstration de force » des partisans du ‘’NON’’ ? Que nenni ! Que nenni !

Le Président IBK a entrepris, depuis le début de la semaine, une large concertation avec les institutions de la République, la classe politique, les forces vives et les autorités traditionnelles. L’objectif de ces échanges, contrairement à l’intoxication véhiculée, n’est ni de céder à l’exigence de l’Opposition qui est le retrait pur et simple du projet ni de capituler face à la pression de la presse de la rue.
Pour l’initiateur du projet, il s’agit d’élargir la base de l’écoute sur le projet afin que nul ne soit géré par la rumeur, la désinformation à souhait sur fond de manipulation et de contre-vérités distillées.

Le respect des engagements
Le renouveau et le progrès attendus légitimement par notre peuple ne peuvent être totalement comblés et garantis sans la paix et la réconciliation. C’est dans ce cadre qu’un accord portant cet objet a été signé. Il impose à notre Maliba qui se veut pays de fierté, d’honneur et de dignité un certain nombre d’engagements au parmi lesquels une révision de l’actuelle Constitution pendant la période intérimaire qui, textuellement s’est achevée avant-hier mardi.

Demander le report du référendum ou le retrait pur et simple du projet sur la base d’arguments circulaires et desseins inavouables ne peut militer dans le sens du souci commun de tous les acteurs, parties prenantes et populations de la mise en œuvre de l’Accord et du respect de la parole donnée qui est sacrée dans notre cher Maliba.

Déjà qu’on met, à tort, sur le dos du Gouvernement les retards çà et là enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord, tout différé du référendum tel que demandé par Soumaïla CISSE ou le retrait du texte comme le chante Tiébilé DRAME sera pris comme un manque de volonté et une mauvaise foi du Gouvernement. Toute faillite ou faiblesse enregistrée sur ce projet pourrait être très préjudiciable aux progrès enregistrés sur la voie de la paix et de la réconciliation. Et l’Opposition le sait très bien.

C’est pourquoi il est étonnant de voir ces leaders accuser le Gouvernement de traîner les pieds pour la mise en œuvre de l’Accord et s’ingénier à faire obstruction à l’application d’un engagement essentiel (révision de la Constitution) pris par l’État dans le cadre de ce même Accord.

On comprend alors pourquoi, droit dans ses bottes, comme il aime dire lui-même, le Président IBK a expliqué à ses interlocuteurs les raisons profondes qui motivent son projet. Loin des ragots et des manipulations, la révision de la Constitution a été engagée «pour être conforme au système démocratique et la conformité dans cet exercice de recherche de paix nous conduit aujourd’hui à réussir la révision constitutionnelle pour créer les conditions nouvelles du vivre ensemble, mieux harmonieusement.

Nul mandat à proroger ou à prolonger ou à multiplier par je ne sais combien, non pas pour faire un homme d’État plus fort, plus orgueilleux, plus vaniteux, sûrement pas. Il y a certaines choses qui peuvent, avec intelligence et dès lors que l’ensemble en aurait convenu d’être, être différées dans le temps ; mais jamais empêchées d’être. Ce serait remettre en cause l’essentiel ; or nul n’a le droit de remettre en cause l’essentiel. Comme je le dis à des multiples reprises, je me suis imposé le devoir de cultiver l’écoute, mais sans jamais rien céder à la démagogie, à la surenchère et aux outrances », a-t-il été clair.

Comme on le voit, il n’a jamais été question de reculer sur le projet au regard de l’enjeu et des exigences de la mise en œuvre de la paix, de la réconciliation et du respect de la crédibilité de la signature et de la parole du Mali. Le Président IBK est certes un homme ouvert au dialogue, mais pas au prix du renoncement et de la remise en cause de l’essentiel. Et l’essentiel, c’est de préserver l’apaisement et la cohésion nationale.
Le Gouvernement peut accepter un décalage de quelques 2à 3 semaines, mais le référendum se tiendra, n’en déplaise aux politiciens hypocrites qui insistent sur du faux pour instrumentaliser les populations et certains leaders peu cultivés sur le sens de la démocratie et sur les contenus de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Des informations dont nous disposons vont dans ce sens sans remettre en cause le processus référendaire. Il y va de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation à laquelle tous les Maliens aspirent.

Une illusion de l’Opposition
L’annonce officielle du report de la date du référendum créera sans nul doute un sentiment de satisfaction chez les gourous de l’Opposition. Et pour cause ? Depuis leur manif du samedi passé qui a fait des effets sur certains partis de la Convention de la majorité présidentielle, les partisans du ‘’NON’’ ont commencé à crier victoire. Sur les réseaux sociaux et dans les salons feutrés de la capitale, on transmet les allégations des responsables de l’Opposition qui certifient déjà que cette ‘’démonstration de force’’ aura comme résultat le retrait pur et simple du texte révisé. Loin de là, le texte sera encore revu certes, mais le référendum se tiendra sur toute l’entendue du territoire national, malgré leur mauvaise volonté. Bien sûr, ils se croient suffisamment armés de faux arguments qu’ils brandissent pour dissuader l’Exécutif et saper l’enthousiasme d’une grande partie des partisans du ‘’OUI’’, mais rien ne fera reculer le Président de la République pour la tenue du référendum.

Outre leurs allégations pour soutenir le ‘’Non’’, Soumaila et ces acolytes se réfèrent sûrement aux deux tentatives de révision de la constitution proposées en 2000 et en 2011, qui n’ont pu avoir lieu à cause de l’insurrection populaire, pour crier victoire. Aussi faudrait-il leur rappeler que les contextes de révision constitutionnelle sont loin d’être similaires. Ici il s’agit d’un contexte bien déterminé, celui d’une crise multidimensionnelle qui a secoué notre pays : la crise dite du Nord, l’Accord pour la paix et la réconciliation signé depuis deux ans qui suffoque encore, à cause de la mauvaise volonté de l’autre partie.

En plus, notre Opposition peu républicaine se trompe d’adversaire cette fois-ci, car nulle bravade ne saurait détourner cette bonne volonté de l’Exécutif de tenir ce référendum, gage de paix et de stabilité de notre pays.

Par CHRISTELLE KONE

Source : aBamako

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