Accord pour la paix et la réconciliation : Bientôt un chronogramme réaliste et consensuel de mise en oeuvre

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C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les participants à une journée d’évaluation de l’application du document signé il y a deux ans

Les acteurs maliens au processus de paix étaient réunis, vendredi, pour une journée d’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. La rencontre était présidée par le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga. C’était en présence du président du Haut conseil des collectivités, Mamadou Satigui Diakité, du Haut représentant du président de la République pour l’Accord, Mahamadou Diagouraga et de plusieurs acteurs de la société civile. Membres du gouvernement, représentants de la Plateforme et de la CMA ont voulu mettre à profit le deuxième anniversaire de la signature de l’Accord de paix pour non seulement mesurer le chemin parcouru, mais aussi trouver des voies et moyens pour sa mise en oeuvre accélérée et judicieuse.

Au-delà de la symbolique de l’anniversaire, le contexte actuel marqué par les tensions sociales, la recrudescence des conflits communautaires et surtout la répétition des actes terroristes et l’absence de l’Etat sur certaines parties du territoire, il était nécessaire de réfléchir à l’élaboration d’une feuille de route sur la base d’engagements précis des parties.

Le Premier ministre, tout en demandant l’engagement de tous, a insisté sur le fait que la mise en œuvre de l’Accord reste la priorité du gouvernement. Abdoulaye Idrissa Maïga a également rappelé les avancées enregistrées dans les quatre domaines prioritaires dudit Accord grâce aux initiatives du gouvernement et à la mobilisation de la communauté internationale dont il a loué l’action. Il s’agit, entre autres, de la mise en place de la Commission vérité, justice et réconciliation, l’élaboration de la mise en œuvre du Programme de développement accéléré du Nord et de la
Stratégie spécifique de développement intégré des Régions du Nord du Mali. Il y a aussi le redéploiement du personnel judiciaire, l’opérationalisation du MOC (mécanisme opérationel de coordination), la création de nouvelles Régions dans la partie septentrionnale du pays, la tenue de la Conférence d’entente nationale et l’élaboration de la Charte pour l’unité et la réconciliation nationale. Par ailleurs, le chef du gouvernement a noté qu’il n’y a pas de paix sans sécurité. À ce propos, il a insisté sur l’effectivité du cantonnement, du DDR (désarmement, démobilisation et réintégration) et surtout le retour de l’administration à Kidal. Pour relever ces défis, la volonté et l’engagement des parties doivent être sans équivoque pour panser les douleurs et faire disparaître les cicatrices. Aussi, la mise en œuvre intégrale de l’Accord suppose nécessairement des moyens financiers. À ce niveau, le Premier ministre a soutenu que le gouvernement, en plus de son propre apport, va exploiter au mieux les instruments de mobilisation de fonds comme cela a été le cas en 2015 avec la conférence de Paris ayant réuni plusieurs donateurs. Pour atteindre cet objectif, le chef du gouvernement a souhaité que soient validés des mécanismes comme la stratégie spécifique de développement des régions du Nord.

L’une des conclusions fortes de cette journée est que les trois parties (gouvernement, CMA et Plateforme) ont accepté, autour du Haut représentant du chef de l’Etat pour l’Accord, de fixer et d’adopter, dans un bref délai, un chronogramme réaliste et consensuel pour le retour de l’administration et de l’Armée à Kidal.

Lougaye ALMOULOUD

Source : aBamako

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