Afrique: le terrorisme, une multinationale engagée

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Le terrorisme en Afrique est une multinationale très engagée vu la teneur avec laquelle les terroristes se déchaînent dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. En visite d’une semaine au Burkina-Faso pour mieux comprendre ce fléau, un confrère n’avait sur la bouche que ces mots : « Ces attaques terroristes, ça commence à faire trop». Retour sur des attaques atypiques au Burkina et au Mali.

Le terrorisme: la naissance d’une multinationale en Afrique

Le terrorisme en Afrique semble irrémédiable au regard de l’acharnement avec lequel les terroristes s’en prennent aux pays de l’Afrique de l’Ouest. « On ne sait pas si elles ont été planifiées et exécutées par le même groupe, mais le Mali et le Burkina ont une fois de plus été les cibles d’attaques dans la nuit du mardi 31 mai 2016 ». A Gao, dans le Nord-Mali, une double attaque contre la Mission de l’ONU et ses partenaires a eu lieu. De prime abord, c’est le quartier général de la Minusma qui a été visé à la faveur d’une coupure d’électricité; dès la fin de la première attaque, la seconde a ciblé le siège d’un partenaire de l’ONU, le service de lutte anti-mines. Bilan : quatre morts, soit un casque bleu chinois et trois maliens. Dans la même nuit, de l’autre côté de la frontière, en territoire burkinabé cette fois, c’est le Commissariat d’Intangom qui a été la cible d’assaillants qui ont ouvert le feu, faisant trois morts parmi les policiers et d’important dégâts matériels.

Si la première attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la seconde n’était pas encore estampillée au moment où nous mettions sous presse. Mais qu’importe, car qu’il s’agisse d’Aqmi, d’Ansardine ou d’une toute autre nébuleuse salafiste, ce seront toujours les filiales de la même multinationale terroriste. Plus que jamais, le Burkina-Faso et le Mali se retrouve donc dans l’œil du cyclone. Et si, dans le septentrion malien, une paix relative s’est sans doute installée à la faveur de la signature de l’accord de paix d’Alger, à l’usage elle reste bien trompeuse, car le monstre est toujours tapis derrière les duncs, attendant la moindre occasion pour frapper encore et encore : « Hélas, si le Nord-Mali demeure le cœur du « Sahélistan », les ravages de la nébuleuse s’étendent, eux, au-delà de ses frontières comme on vient encore de le voir », mentionnait un intellectuel trouvé à Ouagadougou.

Alors, faut-il se résoudre à faire avec cette multinationale des temps nouveaux? Ce sera bientôt le cas si on n’y prend garde, car ça commence à faire trop en effet : en avril 2015, le raid sur la mine de Tambao et l’enlèvement d’un expatrié roumain ; en août l’attaque du poste de Samorogouan ; le week-end sanglant du 15 janvier dernier au Capuccino et à l’hôtel Splendid avec l’enlèvement du couple d’Australiens dont le mari est toujours porté disparu : sans parler de l’attaque de Koutougou il y a une quinzaine de jours. Et voilà maintenant le Commissariat d’Intangom. La liste est longue et les grains de ce chapelet de l’horreur deviennent interminables, comme si la pieuvre profitait de ces temps de fragilité de notre Etat pour mieux étendre ses tentacules.

Le pire dans tout çà
Dans toute cette atmosphère, le pire est qu’en dépit de leur mobilisation à chaque instant, les forces de défense et de sécurité ont l’air bien désarmé face à cette menace qui se joue d’autant plus de nos frontières qu’elles sont particulièrement poreuses. Et çà, c’est sans compter les taupes…


Source : Africatime

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