Secteur minier et pétrolier du Mali : Des états généraux pour relever les défis

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Trois jours de travaux au cours desquels des experts vont réfléchir aux voies et moyens par lesquels le secteur minier et pétrolier du Mali va relever les nombreux défis auxquels il est confronté aujourd’hui ; tel se résument les états généraux dont le coup d’envoi a été donné le mardi 27 juin 2017 par le Premier Ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA. C’est le palais de la Culture Amadou Hampaté BA qui a servi de cadre à cette rencontre dont la cérémonie d’ouverture a enregistré la présence du ministre des Mines, prof Tiémoko SANGARE. De nombreux membres du Gouvernement ainsi que des députés ont été également présents à l’ouverture de ces assises qui se veulent un cadre de dialogue participatif visant principalement à améliorer la gestion du secteur minier et pétrolier de manière qu’il soit non seulement profitable à tous, mais aussi qu’il contribue au développement harmonieux du pays en assurant la prospérité de sa population.

C’est donc au vu de l’objectif global assigné à ces états généraux du secteur minier et pétrolier, celui de faire l’état des lieux du secteur et de formuler des recommandations pour sa meilleure contribution au développement de la population, que le Ministre de tutelle prof Tiémoko SANGARE a jugé bien d’exposer aux participants le contexte ayant nécessité l’organisation de la rencontre. En termes de contribution à l’économie nationale dira t-il, le secteur minier constitue une composante essentielle. « La part de l’exploitation industrielle de l’or dans le PIB a été de 6% en 2016. Pendant la même période, la contribution dans les exportations a été de 55% avec un apport de 335 milliards de F CFA au Trésor Public, faisant de ce métal la première source de devises devant le coton. » a indiqué le Ministre des Mines. Il dira ensuite que malgré l’existence d’énormes potentialités minière et malgré la contribution non négligeable du secteur minier à l’économie, le sous sol malien demeure sous exploré et les activités minières demeurent très peu diversifiées pour contribuer efficacement au développement des autres branches de l’économie malienne. Le prof Tiémoko SANGARE a par ailleurs déclaré que le secteur minier malien montre aujourd’hui des signes d’essoufflement après plus de 30 ans d’exploitation ; toute chose qui a fait perdre au Mali son rang de 3è producteur d’or d’Afrique au profit du Soudan. Cette donne s’explique par un certain nombre de difficultés qui sont d’ordre économique, social, environnemental et sécuritaire.

Il s’agit selon lui, d’une industrie minière non diversifiée presque exclusivement focalisée sur l’exploitation de l’or, de la faible implication de l’Etat dans le développement de la petite mine et de l’artisanat minier, du faible niveau de financement dans les domaines de la recherche minière et pétrolière et du suivi et contrôle des activités minières et pétrolières. Le ministre a aussi fait cas de la perte de l’attractivité du pays par rapport aux grands investissements, la prolifération des exploitations clandestines et illégales tant dans le domaine industriel qu’artisanal, le manque d’infrastructure renchérissant les coûts d’exploitation etc. Ces Etats Généraux devront donc s’atteler à la recherche de solutions à ces difficultés qui ralentissent le développement du secteur afin que l’or par exemple, brille davantage pour les Maliens. Trois jours durant donc, les trois parties prenantes que sont les institutions publiques, les opérateurs miniers et pétroliers et les communautés vont œuvrer pour ‘’extirper le secteur de l’emprise des fantasmes démagogiques pour des fins personnelles’’. Le ministre a exhorté les experts à mettre un accent particulier sur la petite mine qui ne nécessite pas selon lui un gros investissement.

Le Premier Ministre a quant à lui, salué les efforts du secteur minier pour le développement du Mali, notamment les pionniers de la recherche minière. La proportion de 8% du PIB du secteur minier avec une contribution de 30 % au budget national, résulte de la synergie d’actions des acteurs du domaine selon le PM Abdoulaye Idrissa MAIGA. « Le secteur est loin de combler les attentes placées en lui. Faites le lien entre l’imaginaire et la réalité, voilà ce que nous attendons de ces trois jours de travaux. » a t-il indiqué avant de laisser entendre qu’il s’agira de réfléchir sur la petite mine, de planifier la reconversion des sites miniers et de définir les moyens de traçabilité des produits miniers. Vivement donc les recommandations attendues !

André SEGBEDJI/abamako.com

Source : aBamako

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