Mali : la ville rebelle de Kidal se soumet enfin ?

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Le gouvernement malien a annoncé mardi 27 juin, le retour effectif de l’administration malienne à Kidal à la fin du mois de juillet. Cette énième tentative de réunification du territoire malien est-elle la bonne ? Eléments de réponse.

La ville de Kidal, un haut de la rébellion, est jusque-là une citadelle interdite à l'administration malienne. Depuis près de quatre ans, elle est coupée du reste du Mali. En mai 2014, alors que la rébellion battait son plein dans le Nord du pays, le premier ministre malien d'alors, Moussa Mara se rend à Kidal. La visite du chef du gouvernement avait provoqué un affrontement entre les rebelles et les militaires maliens. Une véritable tragédie. Les combats ont fait plusieurs morts. Depuis, l'armée malienne n'est plus présente à Kidal.

Dés lors, Kidal est devenue pour le gouvernement malien une terre à conquérir. Prévue au mois de février dernier, l'installation de l'autorité intérimaire dans l'Adrar des Ifoghas a été finalement reportée à la dernière minute. La nomination d'un proche du Gatia, groupe armé d'autodéfense favorable à l'unité du Mali avait fâché la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), un groupe armé très influent au nord Mali.

Un nouvel espoir
Entre temps, le flou s'est installé notamment avec la présence de l'armée française dans la ville. Pour autant, les négociations n'ont jamais été abandonnées. D'ailleurs, un nouvel espoir est né. Après un huis clos « intense » de six heures ce 23 juin, le gouvernement malien, la CMA et la plateforme pro Bamako, ont décidé d'appliquer « la charte pour la paix, l'unité et la réconciliation nationale », fruit de la Conférence d'entente nationale qui s'est tenue à Bamako du 27 mars au 3 avril dernier. L'application de la charte va se matérialiser par la mise en place du Mécanisme Opérationnel de Coordination MOC, symbole de la présence de l'Etat malien et de la sécurité à Kidal.

Lentement mais sûrement
Le retour effectif de l'administration malienne à Kidal est prévu à la fin du mois de juillet, à partir du 20 selon un communiqué du gouvernement malien publié ce mardi 27 juin. La présence de l'administration malienne à Kidal devrait se faire de manière progressive.

Le nouveau chronogramme prévoit l'installation à Kidal du nouveau gouverneur, Sidi Mohamed Ag Ichrach qui réside à Gao depuis sa nomination ainsi que les autorités intérimaires, selon l'Agence Xinhua. Selon un communiqué de la primature, « A la suite de Kidal, le gouverneur de Taoudéni, le général Abderrahmane Ould Meydou, ainsi que les autorités intérimaires de cette nouvelle capitale régionale seront installées ».

Pour la sécurité de ces autorités intérimaires, un contingent de 600 hommes va précéder le redéploiement de l'armée malienne reconstituée dans les villes concernées.

Après plusieurs années de combats et de négociations, de voltefaces et de rendez-vous manqués, la ville malienne kidal, va peut-être enfin changer de statut et d'autorité. Les rebelles de la CMA qui ont libéré au début du mois en cours un camp militaire dans le nord du pays au profit des patrouilles mixes composées des éléments de l'armée régulière malienne et d'ex combattants de groupes armés semblent enterrer la hache de guerre pour de bon.

En savoir plus sur : http://afrique.latribune.fr/politique/politique-publique/2017-06-28/mali...


Source : Africatime

Africatime

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