Référendum Constitutionnel: de veut la Plateforme ?

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Le gouvernement a annoncé le 21 juin dernier, le report du référendum sur la nouvelle Constitution qui était programmé pour ce 9 juillet à une date ultérieure. Malgré cette mesure d’apaisement du gouvernement sur une question autour de laquelle l’opposition veut créer une tempête dans un verre d’eau, les agitateurs ne veulent pas lâcher prise. Elle réclame désormais le retrait pur et simple du texte. Dans un Mali en quête de paix et de concorde, à qui profite le désordre ?

Composée d’associations politiques, de la société civile, de mouvements de jeunes et de partis politiques de l’opposition, la plateforme dénommée « Touche pas à ma Constitution » ne veut plus entendre parler de référendum, même s’il s’agit d’un engagement du Mali face à la communauté internationale et participant à cet effet à la restauration de la paix et à l’unité nationale. En cela, la présidente de ladite plateforme, Mme Sy Kadiatou SOW, ne veut rien entendre parler, au point de mettre la charrue avant les bœufs. Elle semble ignorer tout des motifs de ce référendum : « Dans le contexte actuel, il y a plus urgent et plus important à faire pour le peuple malien : c’est de s’assurer d’abord que les populations, toutes les populations maliennes, peuvent se prononcer. Une fois que l’administration sera de retour, que l’armée pourra sécuriser les personnes et les biens, là on pourra aller au référendum ». En fait, Mme SY, qui n’ignore rien de notre processus démocratique, sait très bien que le Mali n’est pas à sa première expérience, avec ce référendum, d’organiser des élections pour sauver la paix. A ce propos, on se rappelle encore comme si c’était hier, que des députés ont été élus avec seulement 3 voix, 6 voix uniquement au nom de la paix. Et pourtant, le Mali avait une armée qui ne sécurisait pas pourtant tout le pays. Où étaient ces perturbateurs aujourd’hui qui crient au scandale ?
Contrairement aux accusations stériles des agitateurs, cette initiative de révision de la constitution est certes une initiative du président IBK, mais va au-delà de sa personne, puisqu’il s’agit de la paix et de la concorde entre les fils du Mali consignées dans l’Accord pour la paix. Un document qui engage le peuple malien tout entier devant la communauté internationale.
L’opposition et ses alliés de la société civile devraient pourtant savoir que « La souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce à travers ses représentants ou par voie de référendum ». De ce fait, « Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. (Articles 26 de la Constitution du 25 février 1992) ».
Pire, on a l’impression que la mobilisation de ses opposants ne vise pas à défendre la démocratie, mais plutôt à empêcher les représentants élus par peuple à exercer le pouvoir. Aujourd’hui, exiger le retrait d’un texte soumis à l’expression populaire est un comportement antirépublicain. Car le peuple souverain a le droit de s’exprimer librement « Pour » ou « Contre » le jour du référendum.
Une chose est sûre, pour sortir de la crise que traverse notre pays, depuis 2012, le peuple malien doit rester soudé et uni comme un seul homme. Aucune action, aucun débat, fut-il autour de la révision constitutionnelle, ne doit diviser les fils du pays. Pour cela, nous devons dépassionner les débats, agir avec la raison et non avec le cœur, pour l’intérêt général ou pour des celui de simples politiciens véreux.
Au-delà de son caractère antidémocratique, ces agitations posent un véritable problème de sécurité dans un pays déjà fragilisé par des années de crise.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : aBamako

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