ADEMA-PASJ : Les positions se radicalisent

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Le parti de l’abeille solitaire est aujourd’hui dans la tourmente. Deux faits majeurs troublent les eaux à Bamako Coura : le referendum constitutionnel et la gestion de la candidature.
Depuis la sortie du mois de ramadan, les militants sont à pied d’œuvre et cherchent à tout prix à faire passer leurs points vues. Plusieurs démarches ont été entreprises pour la circonstance pour dénoncer les irrégularités et la toute dernière en date est la création du Collectif SOS Adema que les militants ont accueilli avec enthousiasme.
Le mouvement est un lobby dans lequel se sont retrouvées les forces vives éprises de l’identité de l’Adema. Depuis quelques jours, l’Adema est en effervescence au motif que les militants n’ont pas une lisibilité claire sur le referendum constitutionnel et la candidature du parti en 2018. Mécontents, les militants de tous les courants ont fédéré leurs forces pour lancer un lobby qu’ils ont baptisé SOS Adema.

De la notification au CE de sa création à nos jours, il n’a jamais caché ses velléités car le président du parti a toujours été mis au courant de ses activités. Aujourd’hui, le Collectif soumis un manifeste en à la signature pour atteindre le maximum de militants du parti tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Le Collectif SOS Adema s’inscrit dans une dynamique de combat à visage découvert, car les initiateurs ont tous apposé leur signature sur une lettre qu’ils ont adressée au président Tiémoko Sangaré, rappelant les violations du texte par le CE. Il reçoit une forte adhésion des militants de l’extérieur du pays qui signent par voie électronique.
A l’intérieur, les réactions ne se font plus attendre. Pourtant, le président Tiémoko a été appelé en son temps en lui signifiant qu’il doit éviter que les petits ruisseaux ne fassent pas le grand fleuve.

Le Comité exécutif que dirige le Pr Tiémoko Sangaré ne répond plus aux aspirations des militants comme attestent les prises de positions des militants du parti dans les foras. Il aura énormément de peine à faire taire les militants.

Le cas palpable est fourni par Mme Sy Kadiatou Sow, alias Salama (figure emblématique du mouvement démocratique de 1991 et la «Mohmoh nationale » allusion faîte à la brave Moh moh de Sikasso contre l’envahisseur français en 1898), une fondatrice de l’Adema qui tient le gouvernail de la résistance au projet de referendum constitutionnel.
Le second exemple est fourni par les positions des Dramane Dembélé, Bah Boubacar dit Bill, Mme Conté « Mama amazone », Mamoutou Thiam, Doulaye Konaté, Hamidou Konaté et bien d’autres qui ont plaidé pour le retrait du projet de referendum. Le Collectif SOS Adema s’amplifie auprès des militants. C’est dire que le Pr Tiémoko Sangaré a du mal à ranger l’Adema dans le placard de la CMP.

Beaucoup de militants de l’Adema ont pris part à la marche du 17 juin 2017 comme pour dire non au Comité Exécutif.

« Notre parti ne doit pas rater le train de l’histoire, il doit être en phase avec le peuple malien car il ne doit jamais décevoir les idéaux de l’Adema qu’incarnaient les Alpha Oumar Konaré, Abdramane Baba Touré, Bouba SY et la lutte des Abdoulaye Barry, Mamadou Lamine Traoré, Ali Nouhoun Diallo, des Bakary Karembé …et de nos martyrs ».
Une analyse sans complaisance laisse voir clairement que les ministres et les députés Adema ne pourront pas faire un pont d’or à la CMP dans l’Adema, car ils ne pourront jamais amener une Adema entière dans le rang d’IBK en 2018.

.Il faut que les cadres du comité exécutif de l’Adema comprennent qu’ils sont assez loin de la base et qu’ils doivent désormais remuer la langue avant toute prise de position allusion faîte à certains députés, lors de leurs restitutions sur la révision constitutionnelle.

Au Pr Tiémoko de comprendre que les militants sont fatigués de la versatilité du comité exécutif et que désormais le statut de membre du comité exécutif ne peut plus justifier une prise de position au nom des militants qui tiennent à l’identité de leur parti. Et le pire que Tiémoko doit éviter est la jonction entre le SOS Adema et la Plateforme Antè ! A bana ! de « Moh moh nationale ».
En l’état actuel des choses, les partis politiques de la CMP doivent revoir leur copie, s’ils veulent réussir les grands challenges et relever les grands défis de l’heure du président IBK.

Le RPM joue sa partition dans la marche de la CMP, mais l’Adema de Tiémoko Sangaré, d’Empé, traîne les pieds. Deux faits pourront expliquer cette attitude de l’Adema : soit les interlocuteurs du président IBK dans l’Adema ne sont pas sincères avec lui ou ils sont incapables de contenir les velléités dans la ruche.

La CMP doit revoir son fusil d’épaule pour faire taire les grognes de la Ruche afin de bâtir autour du président IBK une majorité forte pour gagner le pari du referendum et les présidentielles de 2018.

Fabou Diarra

(Secrétaire politique du bureau national de la Jeunesse – Adema PASJ)

Source : aBamako

aBamako