Y en a marre au Sénégal, balai citoyen au Burkina Faso, An Te A Bana au Mali : L’éveil de conscience citoyenne de la jeunesse en marche dans la sous-région

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La jeunesse africaine semble décidée à prendre son destin en mains. Elle est désormais en première ligne dans le combat pour le redressement de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie. Le Sénégal, l’une des vitrines de la démocratie en Afrique serait en tête de pelletons de l’éveil de conscience citoyenne de la jeunesse avec le mouvement « Y en a marre », fondé en 2011 et dont les leaders sont Cheick Fadel Barro et Aliou Sané.
Après, ce fut le Balai Citoyen au Burkina Faso en 2013 sous Blaise Compaoré, avec Sams’K et Smockey pour dire non à la tentative de torpiller le cou à la constitution pour s’éterniser au pouvoir. La jeunesse malienne, après un long sommeil, vient de mettre son mouvement citoyen en place, dénommé « An té A Bana », avec Master Soumi, Ras Bath, Mylmo pour dire non au projet de révision constitutionnelle initié par IBK. Ces jeunes pourront-ils réussir comme ceux du Sénégal et du Burkina Faso ?
L’ex Président français, Jacques Chirac, ne rappelait-il pas aux chefs d’Etats africains, à propos de leur jeunesse, tous les dangers qu’elle pourrait occasionner si ses préoccupations majeures n’étaient pas prises en compte ? Après le vent de la démocratisation dans les années 90, c’est celui de l’éveil de conscience des jeunes qui a commencé à souffler sur le continent. Toutes les tentatives de brider la jeunesse en détruisant les systèmes éducatifs afin de privilégier la quantité à la qualité, ont été infructueuses.
Les jeunes sont plus que débout et peuvent empêcher aujourd’hui tout régime de dormir. Abdoulaye Wade en a fait les frais, lui qui a voulu ériger une monarchie au Sénégal en imposant son fils Karim Wade. Grâce au mouvement des jeunes de « Y en a marre » le peuple sénégalais est arrivé à vaincre la dynastie Wade. En 2015, quand Blaise Comparé, après plus de 27 ans de pouvoir sans partage, a voulu modifier la Constitution du Faso, il a trouvé devant lui Smockey, Sams’K et des milliers de jeunes prêts à mourir pour la patrie et qui ont dit non à la modification.
Le puissant Blaise a été chassé comme un malpropre par une foule déchainée de jeunes. S’inspirant de ces deux exemples révélateurs d’une certaine prise de conscience, les jeunes artistes et de média maliens à l’image de Ras Bath, Master Soumi, Mylmo, Penzy pour ne citer que ceux-ci, sont à la tête d’un vaste mouvement anti référendaire dénommé An Tè A Bana, pour dire non à la nouvelle Constitution qu’ils ont qualifié de « démocraticide » et qui fait du Président IBK un Mandé Mansa.
Leur première démonstration a fait l’effet d’une bombe au sein du camp présidentiel et a permis au Président de la République de reporter le referendum prévu pour le 9 juillet 2017. Comme pour ne rien relâcher, le mouvement organise un meeting géant demain samedi pour réclamer le retrait total et définitif du projet de révision constitutionnelle. Il est fort à parier que cette dynamique ne faiblira pas à un an des élections présidentielles et législatives de 2018 et ces jeunes vont imposer, par la voie des urnes, leurs candidats.
Youssouf Sissoko
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Source : aBamako

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