Le Ministre Bathilhy se lâche sur l’OMH : «La signature de l’OMH n’a plus de valeur dans les Banques»

29

Les entreprises qui devaient être payées par l’Office Malienne de l’Habitat, depuis le 30 juin dernier, attendent toujours.
Cette situation de crise se répercute sur les Banques auprès desquelles ces entreprises se sont endettées. La grogne des entrepreneurs a poussé le Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières, Mohamed Aly Bathily, non moins Président du Conseil d’Administration de l’OMH, à convoquer, d’urgence, un conseil extraordinaire qui s’est tenu, hier dans un hôtel de la place. Sans détours et droit dans les yeux du DG de l’OMH et de ses Hommes, il leur a dit que leur « structure n’était plus crédible ».

Bathily, hier face aux membres du Conseil d’Administration de l’Office Malien de l’Habitat (OMH), dans son franc parlé habituel, a dit tout le mal qu’il pensait de l’office et de sa gestion actuelle. Tout est parti des impayés dus à plusieurs entreprises impliquées dans la construction des logements sociaux. Ces entreprises avaient signé, selon le Ministre, un accord avec l’OMH pour entrer en possession de leurs fonds depuis le 30 juin dernier. A ce jour, elles attendent toujours.
C’est ce «cas d’urgence » qui, selon Mohamed Aly Bathily, a bousculé les agendas pour la tenue de cette session extraordinaire du CA de l’office. Face à la « situation critique » qui plonge les entreprises et les Banques dans le désarroi, il s’agissait de faire face à la situation en multipliant les contacts afin de définir les contours du problème, leur consistance et trouver des éléments de réponses. Cela est d’autant plus urgent que les Maliens attendent beaucoup de logements «abordables». «D’où le ferme engagement pris par le Président de la République en la matière », a souligné le Ministre.

«Pour la mise en œuvre de cet engagement, il faut dégager des mécanismes économiques et politiques. On ne saurait, chaque fois, mettre l’engagement du Président de la République comme un rideau politique pour ne pas honorer ses propres engagements », a craché le Ministre devant le Directeur de l’OMH. Il faut, selon lui, songer à mettre en place des politiques qui permettront à chaque acteur (entreprises, Banques, Bénéficiaires, OMH) d’intervenir au lieu de tous regarder vers l’Etat.

«S’il est vrai que partout où le bâtiment marche, l’économie marche, il ne, cependant, pas se contenter des subventions de l’Etat. Il faut des mécanismes politiques » assène-t-il. Ce manque de politique adéquat qui fait que les entreprises et les Banques sont dans des difficultés du fait de l’OMH et pire de faire en sorte que «la signature de l’OMH n’a plus de valeur dans les Banques».

Les doutes et les flèches de Bathily

Aujourd’hui, le Ministre Bathily en arrive à se poser la question de savoir : comment sont faits les décaissements au niveau de l’office ? Par qui ? Et pourquoi ? C’est une situation qu’il compte au cours de cette session extraordinaire analyser avec les autres membres. Cela se pose avec acuité ; car, il a informé que son homologue de l’économie et des finances, DR Boubou Cissé, avait déjà rencontré les Banques par rapport aux difficultés de paiement de l’OMH. Et, pourtant, le Ministre affirme avoir tiré sur la sonnette d’alarme du temps où il était Ministre des Domaines et des Affaires Foncières. Car, selon lui, il avait, en son temps, constaté que l’absence de concept juridique et économique qui accompagnait la mise à disposition de terrains sans statuts juridiques conduirait à des problèmes. «Mais, en son temps, personne n’a jugé utile de me rencontrer. Ce que je craignais est arrivé à cause de la mauvaise gestion de l’OMH», s’est désolé le Ministre Bathily. «Aujourd’hui, la politique de l’OMH consistant à demander de prendre de nouveaux engagements (financiers) sans savoir s’il en a les moyens n’est pas la solution », assure t-il.

La solution ?

Il faut, selon lui, que l’OMH corrige au plus vite ses approches juridiques et économiques et sortir de « l’Administration bureaucratique » et de poursuivre ses objectifs sur le terrain. «Car, l’OMH ne doit pas pervertir les règles économiques au profit de la bureaucratie simple», a souligné le Ministre. Il a conclu en demandant à l’OMH de faire des propositions concrètes aux entreprises pour le paiement de leurs dus.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Source : Le Combat

Source : aBamako

aBamako