L’opposition parlementaire : L’abandon total du projet de révision au centre des débats

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Suite à l’arrêt de la Cour Constitutionnelle sur le projet de révision de la constitution, l’opposition parlementaire demande au Président de la République de renoncer purement et simplement au projet, car l’absence de l’administration dans plusieurs régions du pays justifie l’application de l’article 118.

La conférence de presse était animée par le président du groupe VRD, l’honorable Mody N’Diaye, en présence de l’honorable Oumar Mariko du Sadi, l’honorable Amadou Thiam du groupe parlementaire ADP-MALIBA et Me Demba Traoré de l’URD. C’était à la Maison de la Presse, le jeudi dernier.

L’honorable Mody N’Diaye a rappelé que le recours déposé par les députés de l’opposition s’articule autour de deux branches principales. La première branche était relative à la violation de l’article 118, alinéa 3 qui dispose aucune procédure de révision ne peut être engagée lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire.

Quant à la seconde, elle concerne la date erronée portée sur le projet et les insuffisances liées à la mouture présentée.

S’agissant des autres points soulevés, les conférenciers ont rappelé que la Cour Constitutionnelle a reconnu que le texte proposé est truffé d’insuffisances.

«La Cour a émis des réserves et observations sur le texte et ajouté que le texte ne sera bon qu’après la prise en compte de ses réserves et observations. Cela veut dire qu’en l’état, le texte n’est pas bon», a déclaré Mody N’Diaye, député de l’opposition.

Pour barrer la route au projet, Mody N’Diaye a annoncé que l’opposition parlementaire continuera son combat afin que ce projet qu’il qualifie d’anti-démocratique soit purement retiré.

L’honorable Amadou Thiam a souligné ceci : «Nous demandons au Président Ibrahim Boubacar Keita de profiter de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle pour retirer purement et simplement le projet de révision constitutionnelle».

Selon lui, le Président IBK, dans sa déclaration lors du sommet extraordinaire du G5 Sahel, disait qu’il allait trahir ses engagements internationaux, s’il renonçait au projet de révision constitutionnelle en cours, depuis le 2 juin. Pour lui, cette façon de s’exprimer du Président IBK est très inquiétante dans le sens ou le Président de la République sait déjà que l’issue du referendum est obligatoirement le OUI.

Il a fait savoir que cela amène les uns et les autres à douter de façon fondée la transparence du scrutin. Il estime que s’il part au référendum dans ces conditions, serait de trahir l’accord de paix lui-même, de trahir le peuple du Mali, c’est trahir la Constitution de 1992.

L’honorable Oumar Mariko dira que Ibrahim Boubacar Kéita, en imposant cette constitution, en imposant le référendum dans ces conditions, qu’il réfléchisse bien, c’est pour trahir le peuple malien, par ce que s’il le fait au profit de ses engagements internationaux. «Nous devons savoir que l’étape constitutionnelle n’est qu’une étape pas prioritaire, pas première, par rapport à ses engagements internationaux. Ça veut dire qu’il n’a pas respecté ses engagements internationaux, parce qu’à la date d’aujourd’hui il ne devrait pas y avoir des groupes armés qui s’affrontent encore», a-t-il ajouté.

Malgré le renvoi de ce document par la Cour Constitutionnelle pour une seconde lecture, l’opposition continue de soutenir que la souveraineté du pays est menacée dans plusieurs localités du Nord et du Centre

Selon elle, il n’existe aucun élu du peuple, ni aucun représentant de l’Etat dans ces régions. C’est pourquoi, le groupe parlementaire VRD continue d’exiger le retrait du projet et l’abandon du référendum, tout en se disant satisfait de la décision de la Cour Constitutionnelle qui demande une seconde lecture du projet de révision de la constitution.

L’opposition a annoncé qu’elle organisera une marche de protestation contre le projet de révision constitutionnelle, le 15 juillet prochain.

Fatogoma COULIBALY

Source : aBamako

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