Gestion illégale de la Cafo : La ministre Mme Traoré Oumou Touré sur la sellette

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La goutte d’eau risque de déborder le vase entre Mme Traoré Oumou Touré, l’actuelle Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et les membres de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO). La cause en est que Mme Traoré qui a été nommée Ministre en tant que présidente de la CAFO et devant forcement céder sa place refuse de passer le fauteuil à une autre femme pour que cette dernière gère les destinées de la dite coordination. Contre vent et marée, elle ne jure que par la présidence de l’ONG. Pour la simple déraison qu’il y a à boire et à manger à ce poste.

Regroupement d’ONG et d’Associations féminines du Mali, la CAFO est une belle initiative qui vise à valoriser le statut de la femme par des activités de formation et d’information, de plaidoyer et de lobbying. Mieux, elle apporte un appui technique à ses membres à travers des activités d’appui conseil et d’orientation en matière de recherche de financement. Tout en assurant l’interface entre ses membres et les autorités publiques.

Malheureusement, ce regroupement est sur le point de perdre ses valeurs et ses acquis par la mauvaise volonté d’une dame qui ne se souci que de ses propres intérêts : l’actuelle ministre en charge de la question de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Traoré Oumou Touré, celle-là même qui a été pendant plus de 10 ans la présidente de cette ONG qu’est la CAFO.

Avec son statut actuel de ministre du gouvernement en charge des questions de la femme, elle se croit tout permis, en portant atteinte aux textes règlementaires qui régissent la CAFO. Du coup, la toute puissante Traoré Oumou Touré se trouve au creux de la vague et se voit de plus en plus décriée par les femmes de la CAFO pour cumul de fonction. Car, elle gère la CAFO, en même temps, elle est ministre du gouvernement en charge des questions de la femme et de l’enfant. Toute chose que ses camarades n’arrivent plus à gober.

Déjà, à travers cette attitude opportuniste, on voit que Mme Traoré Oumou Touré, croit dur comme fer, qu’elle est indispensable à la CAFO. Ce qui selon ses camarades la pousse à gérer de façon clanique leur association comme son patrimoine. Raison pour laquelle, elle peine à organiser une Assemblée générale pour élire une nouvelle présidente, pendant que son mandat a pris fin depuis 2012.

C’est pourquoi cette situation a fait l’objet d’une conférence de presse le mercredi 5 juillet 2017. Au centre des débats : la démission pure et simple de Mme Traoré Oumou Touré du poste de présidente de la CAFO.

«Après la nomination de Mme Traoré Oumou Touré au poste de ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille depuis le 11 avril 2017, cette fonction étant incompatible avec d’autres, elle devrait faire une passation de pouvoir comme l’indique les textes statutaires et règlementaires de notre organisation. Mais, de cette date, elle n’a ni rencontré les membres du bureau, ni présenté sa lettre de démission», a martelé Mme Mariko Mah Coulibaly, deuxième Secrétaire administrative de la CAFO. Elle ajoute : «nous constatons une prise en otage de la Cafo par Oumou Touré, la présidente sortante, aujourd’hui ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, à qui nous demandons humblement de nous rendre les documents administratifs et les clés des bureaux de la Cafo. Ce qui sera un acte noble de sa part ». Avant d’insister : « Sachant très bien que la Cafo est un partenaire stratégique du Ministère de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Traoré Oumou Touré, ne peut être juge et partie, c’est-à-dire, société civile et gouvernement en même temps ».

Selon les conférencières, deux lettres ont été envoyées à Mme Traoré Oumou Traoré après sa nomination, dont une lettre de félicitation et une autre pour demander sa démission. Mais malheureusement, ces lettres sont restées sans suite.

Les femmes de la Cafo, crient au secours pour libérer leur coordination qui se sent en otage avec les portes des bureaux scellées par Oumou Touré, ministre de la promotion de femme.

« Nous demandons à la présidente Oumou Traoré de démissionner et d’organiser une assemblée générale au mois d’octobre 2017. Nous demandons à Mme Traoré Oumou Touré de ne plus s’immiscer dans la gestion de la Cafo. Elle doit se référer à beaucoup de gens, en occurrence l’actuel ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, qui dès sa nomination, a rendu sa démission au poste de 1er secrétaire de l’Untm », dixit les conférencières.

La question qui se pose est de savoir est-ce que Mme Traoré Oumou Touré aurait ce poste, si ses prédécesseurs comme Sina Damba et Assetou Thiero avaient fait comme elle ?

Adama Coulibaly

Source : aBamako

aBamako