Grande marche du 15 Juillet contre la révision : Le peuple affiche sa volonté inébranlable contre le projet

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Malgré les tentatives de mise en échec, les menaces, les manifestants contre le projet de Révision Constitutionnelle ont marché. Sortis plus massivement que le 17 juin, les marcheurs ont battu le pavé. De An Tè A Bana, carton rouge, ne touche pas à ma constitution, le peuple épris en a rajouté : "démission, dégage, incapable, nos 200.000 emplois,… ", sont des slogans scandés ou visibles sur les banderoles. Ce samedi 15 Juillet 2017 de la Place de la Liberté à la Bourse du Travail.
Depuis la sortie ratée du président de la République lors du sommet du G5, les Maliens se sont sentis offensés, insultés voire minimisés. A partir de là, la tension ne fait que monter des deux camps. Pire, les tenants du pouvoir en rajoutent avec des invectives, des punitions de cadres entre autres.
Face à la situation chaotique du pays, l'insécurité partout, la mauvaise gouvernance, etc., les Maliens même ne soutenant pas majoritairement l'accord d'Alger étaient restés attentifs, observateurs. Dans cette défensive, le président de la République et le gouvernement avec l'aide de leurs élus à l'Assemblée nationale ont tenté de briser l'espoir du peuple. Comme si les Maliens sont des moutons de panurge.
Ils veulent nous imposer une Constitution contraire à nos mœurs, nos vertus. Pire, sans respect ni considération. Finalement, prenant de plus en plus conscience de son avenir et de son devenir, les jeunes et plusieurs entités ont décidé de sortir de leur carapace. Rejoints et soutenus par les partis politiques de l'opposition, ils mettent depuis le pouvoir en difficulté. Ainsi, par deux fois ils organisent des marches et puis un meeting. Aussi, partout où se trouvent les Maliens intérieur et extérieur, le combat est commun et la mobilisation est grandiose.
Ainsi, ce samedi 15 juillet comme un seul homme, des milliers de Maliens, jeunes et vieux, filles et femmes sont massivement sortis pour battre le pavé. Ils demandent purement et simplement au président de la République, Chef suprême des armées, Garant de la Constitution de surseoir au projet de révision de la Constitution.
A cet effet, les marcheurs de la plateforme AN TE A BANA réaffiche sa volonté inébranlable contre le projet de révision de la constitution de 1992.
"Personne n'a mis du carburant dans ma moto pour venir ici. Personne ne m'a donnée de l'argent pour que je vienne ici. Je suis là par ma propre volonté. Je ne milite pas pour un parti politique non plus. Seulement, je ne veux pas qu'on touche à ma constitution, voilà", hurle Seydou MAÏGA, géologue de formation, âgé de 30 ans environ. Portant un pantalon jean bleu et un t-shirt de couleur rouge sur laquelle est écrit ''Touche pas à ma constitution''. En attendant le signal du départ de la marche.
De nombreux responsables des partis politiques de l'opposition ont pris part à la marche : Honorable Soumaïla CISSE de l'URD, Honorable Amadou THIAM de l'ADP-Maliba, M. Modibo SIDIBE du FARE-AN KA WULI, M. Tièbilé DRAME du PARENA, M. Zoumana SACKO du CNAS FASO HERE, Daba DIAWARA du PIDS, Nouhoum TOGO du PDES…. A ceux-ci s'ajoutent des associations de la société civile qui sont les initiateurs de la plateforme ''AN TE A BANA'' et de nombreux anonymes. A pied ou sur un véhicule, tous les marcheurs scandaient comme un seul homme : "Touche pas à ma constitution".
Le nombre des manifestants a dépassé celui de la marche du 17 juin 2017. Les organisateurs estiment à des centaines de milliers de manifestants. Sur le boulevard de l'indépendance, la file de la marche s'étendait sur une longueur de plus de deux kilomètres. De telle sorte que, les premiers arrivants devant l'esplanade empêchaient le reste des marcheurs à se rapprocher du podium.
Nonobstant la longueur de l'itinéraire, tous les marcheurs l'ont respecté scrupuleusement. Encadrés par les forces de l'ordre, les manifestants ont entamé la marche sous le pied du monument de la Liberté après avoir entonné l'hymne nationale. De là, ils ont pris la route qui passe devant le ministère de l'Education Nationale en se dirigeant vers l'ancien BAR MALI. Ensuite, arrivés au niveau du rond point de l'appart hôtel ''NIUMA BELEZA'', ils se sont dirigés vers le monument de l'Indépendance. Sur le boulevard de l'Indépendance, ils ont pris la direction de la Bourse du Travail. Enfin, les marcheurs se sont arrêtés au bord du boulevard de l'indépendance, le point final de la marche, un podium installé sur l'esplanade qui se trouve en face de la bourse du travail.
Débout sur le podium, les leaders de la plateforme ''AN TE ABANA'' ont lancé des messages d'hostilité au projet de révision de la constitution de février 1992. Honorable Amadou THIAM hausse le ton, il déclare que : "si les autorités n'abandonnent pas le projet, à la prochaine sortie de la plateforme ''AN TE A BANA'' ils l'apprendront à leurs dépens". Enfin, avant de se disperser, comme un seul homme, tous les manifestants ont entonné l'hymne nationale du Mali.
Un constat. Rarement, les Maliens sortent unanimement pour montrer leur mécontentement contre un projet du gouvernement. A chaque fois qu'ils l'ont fait, le gouvernement a abandonné le projet de gré ou de force. Les manifestations de mars 1991 pour l'avènement de la démocratie et les manifestations contre une nouvelle loi sur le code de la famille en 2008, sont des exemples frais dans les mémoires.
Alors, Monsieur le président Ibrahim Boubacar Kéïta, c'est ce peuple de 18 à 90 ans qui est sorti pour vous "plébisciter" en 2013. Malgré sa déception, sa souffrance, il est resté inerte, patient à vous observer. A cet effet, ayant finalement décidé de se dresser contre une volonté inopportune, il serait sage pour vous de vous remettre en cause. C'est-à-dire d'abandonner purement et simplement ce projet pour l'HONNEUR DU MALI ET LE BONHEUR DES MALIENS.
Sory Ibrahim TRAORE

Source : aBamako

aBamako