Les fonctionnaires rejettent la loi sur l’enrichissement illicite

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La loi, exigée par les bailleurs de fonds, est qualifiée de « loi niyengo » (loi égoiste) par les agents de l’Etat dont les leaders syndicaux entendent demander l’abrogation pure et simple.

La nouvelle loi sur l’enrichissement illicite provoque la colère des agents de l’Etat qui en sont la principale cible. Le Syndicat National des Travailleurs de l’Administration d’Etat (SYNTADE) entend mettre en échec cette loi qu’elle juge « discriminatoire et injuste ». Dimanche dernier, les responsables du SYNTADE ont tenu une rencontre pour peaufiner leurs arguments. Selon l’un d’eux, cette loi est une loi « nyèngo » (égoiste) car elle veut empêcher les fonctionnaires de vivre à l’aise et les réduire à la misère. Or, fait remarquer notre interlocuteur, la loi épargne les commerçants, élus et autres acteurs économiques sans la complicité desquels aucune magouille n’est possible au détriment de l’Etat. Mieux, en autorisant la justice à demander des comptes à tout agent de l’Etat à partir de ses seules « apparences de richesse », la loi encourage ouvertement la délation et le chantage, y compris entre voisins de rue et quartier. « Je vous rappelle que ceux qui veulent chercher aujourd’hui des poux dans la tête des agents de l’Etat se sont déjà enrichis et ont mis leurs richesses en sécurité avant le vote de la loi! », s’indigne un syndicaliste.

Le SYNTADE, suite à la rencontre tenue dimanche 16 juillet à la Bourse du travail, a décidé de rallier à son combat la centrale syndicale UNTM dont le chef n’est autre que le patron du SYNTADE: Yacouba Katilé (photo). Des mouvements de grève sont prévus pour exiger l’abrogation de la loi, mais d’ores et déjà, le SYNTADE a demandé à ses militants sur toute l’étendue du territoire national de ne pas signer les formulaires de déclaration de biens que leur a envoyés la Commission de lutte contre l’enrichissement illicite.

Source : aBamako

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