Projet de révision constitutionnelle : La colère des opposants!

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Pour la troisième fois, les opposants à la révision de la Constitution ont de nouveaux (samedi dernier) relevé le défi de la mobilisation malgré les menaces du gouvernement qui a promis de faire respecter l’autorité de l’Etat.

Pour cette énième marche de protestation, les manifestants ont fait beaucoup allusion à « l’insécurité résiduelle » qualifiée ainsi par la Cour Constitutionnelle.

Des milliers de personnes ont manifesté encore une fois contre le projet de révision constitutionnelle, car si le référendum prévu initialement le 10 juillet dernier a été reporté, la réforme, elle n’a pas été abandonnée par le président de la République. A cet effet, l’assemblée nationale doit être de nouveau convoquée, car la Cour Constitutionnelle a renvoyé le projet de loi devant les députés. Ensuite, une nouvelle date de référendum devrait être proclamée par le gouvernement. D’ores et déjà, la mouvance présidentielle est entrée dans la danse, expliquant tant bien que mal, les biens fondés du projet de révision.

Ainsi, la Plateforme des partis politiques, des associations et organisations de la société civile, opposées au projet de révision qui ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, ont encore marché le samedi dernier pour dire haut et fort qu’ils n’accepteraient pas une modification de la constitution du 25 février 1992. Et pour cette énième marche de protestation, les opposants à la réforme de la constitution ont encore relevé le défi de la mobilisation.

Alors que la pluie menaçait de s’abattre sur Bamako, Il y avait encore beaucoup de monde (pour la plupart habillés en t-shirt et casquette rouges) dans les rues de Bamako ce samedi à la place de la liberté, à partir d’où les manifestants ont marché jusqu’à la Bourse de Travail.

Dans la foulée, en plus des représentants des organisations de la société civile et leurs militants, il y avait aussi les présidents de certains partis politiques de l’opposition comme Soumaila Cissé (URD), Tiébilé Dramé (PARENA), Modibo Sidibé (Fare Anka Wuli), Amadou Thiam (ADP Maliba), Soumana Sako (CNAS Faso Hérè) et Daba Diawara (PIDS).

Et pour cette troisième marche de protestation, les manifestants ont fait beaucoup d’allusion à ‘’l’insécurité résiduelle » que la Cour Constitutionnelle qualifie la situation sécuritaire de notre Pays, avant de renvoyer à nouveau le projet devant l’assemblée nationale. Pour cela, les manifestants ont fabriqué des pancartes, indiquant le nombre de morts civils et militaires depuis le début de l’année suivis des mots « l’insécurité résiduelle ».

Aussi, selon les manifestants, pour parvenir à leurs fins, ils ont osé déclarer que l’insécurité était ‘’résiduelle’’ et que l’autorité de l’Etat s’exerçait partout de Kidal à Kayes en passant Douentza, Mopti, Ténenkou, Macina et Ségou. C’est ainsi qu’ils déforment les faits chaque jour, alors que la réalité les rattrape.

Les 600 morts de janvier à juillet, les 500 écoles fermées, les centaines d’enseignants abandonnent leurs postes, les dizaines de sous-préfet fuyants leurs postes. A cela s’ajoutent, la guerre d’Anefis, l’embuscade meurtrière contre nos FAMAs à Ménaka, les attaques contre les postes de gendarmerie dans tout le centre, les 100 coups de fouet infligés aux agents municipaux, les tribunaux islamiques, les humiliations subies par les chefs de villages et les notables dans les cercles de Ténenkou et de Youwarou, le drapeau national descendu, plié et rangé à Kouakourou (Djéné), selon les manifestants, ce sont entre autres faits que l’Etat qualifie de l’insécurité ‘’résiduelle’’.

Une ingérence française dénoncée

On pouvait lire aussi entre autres sur les pancartes « ne touche pas à ma constitution », « IBK, carton rouge », « IBK, Cecaldi, respectez le peuple malien ».

En effet, ce nouveau slogan visant Me Cecaldi, l’avocat français, qui a planché sur le projet, les marcheurs y voient tout simplement comme une ingérence française dans l’affaire de notre pays.

Ainsi, pour les opposants à la révision de la constitution, la mobilisation de ce jour est un signal très fort, un carton rouge au président de la République, au gouvernement et au ministre de la Réforme de l’Etat qui sont allés chercher à l’étranger une constitution qu’ils voudraient substituer à celle adoptée par le peuple souverain du Mali au lendemain de la conférence nationale de toutes les forces vives du pays.

Les manifestants ont par ailleurs invité le président IBK à respecter les droits démocratiques du peuple malien, la liberté de réunion, le droit de manifester et à l’information, de libérer l’ORTM pour mettre fin à l’information à sens unique et de cesser de harceler et de museler les radios et télévisions libres qui sont soumises à des sanctions administratives et financières.

Djibril Kayentao

Source : aBamako

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