SAHEL : L’OCI apporte son soutien à la Force conjointe du G5-Sahel

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C’est l’une des principales recommandations issues des travaux de la 44e session du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui se sont tenus les 10 et 11 juillet derniers, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Après deux jours d’intenses travaux, cette rencontre placée sous le thème : "Session de la jeunesse, de la paix et du développement dans un monde de solidarité" a permis aux chefs de la diplomatie des Etats membres de cette Organisation ainsi que les partenaires de réitérer la nécessité d’apporter une assistance urgente et concrète, à l’opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S), saluée par la Résolution 2359 (2017) du Conseil de sécurité des Nations unies, le 21 juin 2017. De même qu’il a également été demandé au secrétariat général de l’OCI de travailler étroitement avec le secrétariat permanent du G5-Sahel pour identifier des modes additionnels d’appui financier et logistique, prévisibles et durables, à apporter à ladite force.
Le conseil des ministres de cette organisation a insisté sur la nécessité de convoquer rapidement la conférence internationale de la planification, prévue par la Résolution 2359 du Conseil de sécurité des Nations unies afin d’assurer la coordination des efforts d’assistance des donateurs à la FC-G5.
Il convient de préciser le "Centre de coordination de la coalition de lutte contre le terrorisme" de Riyad a été invité à apporter tout l’appui technique et logistique nécessaire à la Force conjointe du G5-Sahel en vue de faciliter l’opérationnalisation de la gestion efficace de la Force Conjointe du G5-Sahel.
Il a été demandé à la Banque islamique de développement (BID) d’apporter un appui substantiel à la réalisation des projets socioéconomiques intégrateurs ciblant particulièrement la résilience de la jeunesse et l’autonomisation de la femme dans l’espace du G5-Sahel.
Notons que le conseil a encouragé la conclusion d’un accord de partenariat stratégique entre, d’une part, l’OCI et le secrétariat permanent du G5-Sahel et, d’autre part, la Force conjointe du G5-Sahel et le Centre de coordination de la coalition islamique antiterroriste de Ryad, dans les domaines sécuritaire et militaire, ainsi qu’au niveau du "volet idéologique" visant à développer des outils pour contrer les capacités d’endoctrinement des groupes terroristes.
Aussi, il a lancé un appel en vue d’un soutien ferme des Etats membres de l’OCI et de ses organes subsidiaires à la Force conjointe du G5-Sahel, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et la migration clandestine dans le Sahel. Enfin, il a été demandé au secrétariat général de suivre la mise en œuvre de la présente résolution et de lui en faire rapport à la 45ème session.
Rappelons que lors du sommet extraordinaire des chefs d’Etat du G5-Sahel et de la France, il a été annoncé que cette force conjointe sera opérationnalisée au mois de septembre prochain. Pour l’heure, le budget de cette force ne dispose que de 5 millions d’euros. S’y ajoutent les millions d’euros avant la fin de cette année. Les cinq chefs d’Etat des pays du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad) ont promis de mettre la main à la poche en finançant cette force à hauteur de 10 millions d’euros chacun. On est encore loin des 423 millions de dollars nécessaires au financement de cette force.
Notons qu’à cause des réserves de Washington et de Londres, le Conseil de sécurité n’a pas accordé à cette force un mandat onusien qui lui aurait permis de boucler son budget. Toutefois, à travers sa Résolution 2359 saluant son déploiement, le Conseil de sécurité a renvoyé la question de son financement à la tenue d’une conférence des donateurs avant la fin de cette année.
Pour contourner les difficultés financières et logistiques auxquelles cette force pourrait être confrontée, le président du Niger Mahamadou Issoufou a proposé qu’elle soit transformée en une brigade au sein de la Minusma. Une proposition loin de faire l’unanimité. Mais avec l’engagement de l’OCI, il semble que les choses devront aller plus vite.

Source : aBamako

aBamako