Présidentielle 2018 : l’Adema PASJ a-elle tranché ?

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Elle s’était fait attendre comme une arlésienne. La voici enfin, la décision de la Ruche sur la présidentielle 2018. Une décision en demi-teinte, mi-figue, mi-raisin qui veut tout dire et rien en même temps. Le conclave renvoie la patate chaude au Comité exécutif, à lui de se débrouiller pour créer les « conditions de soutien au candidat rassembleur et consensuel issu des rangs du Parti, le cas échéant, du candidat issu de la coalition d’un ensemble de partis politiques ».
Comme on le voit, tout le monde est satisfait, ou en tout cas, a son compte. Les partisans d’une candidature interne qui donnent de la voix depuis plusieurs mois ont ce qu’ils voulaient (à savoir un candidat issu des rangs du parti) et les abeilles favorables à une option externe (ceux qui prônent le soutien à IBK) se satisfont que la Ruche n’ait pas fermé la porte à toute ouverture quant à 2018.
Toutes choses qui ont tout l’air d’un compromis fatal entre les différentes factions, car chacune d’elles peut l’interpréter la décision comme bon lui semble et surtout se battre pour imposer son option, du moins ce qui l’arrange.
La grande Adéma a-t-elle tranché ? La bonne lecture politique, c’est beaucoup moins une absence de compromis qu’un manque de courage politique pour ne pas dire une fuite en avant qui tôt ou tard produira ses effets.
En effet, en optant pour une candidature interne, à moins d’un an de la présidentielle, les abeilles choisissent de lâcher et d’entrer en guerre ouverte avec celui qu’ils ont jusqu’ici soutenu, à savoir le président IBK. En choisissant au contraire d’appeler à le soutenir directement, le CE-Adéma prend le risque de voir se radicaliser davantage un courant non marginal au sein du parti qui prône la fin de l’idylle avec le candidat naturel du RPM et celui d’une fracture inévitable.
Donc, la décision de ce samedi n’est ni plus ni moins qu’une non-décision opérationnelle.
Par contre, le secrétaire à la Communication de l’Adéma, notre honorable confrère Yaya Sangaré, qui s’exprimait samedi sur sa page Facebook à la suite de cette réunion, estime qu’il s’agit au contraire d’une de la « preuve d’une réelle maturité politique ». Selon lui : « aujourd’hui, lors de la retraite sur le rapport de la commission présidée par le camarade Moustapha Dicko relatif à la reconstitution de la Grande famille Adema-PASJ, à la création d’un pôle de gauche et au positionnement du parti, en vue des élections générales de 2018, les membres du Comité exécutif Adema-PASJ ont fait preuve d’une réelle maturité politique. Par la sérénité et la franchise qui ont caractérisé les débats qui n’étaient pas faciles au départ, ils ont brisé le mur de méfiance qui s’était installé entre eux et rassuré, du même coup, leurs structures de base. Les débats se sont déroulés dans une atmosphère dépassionnée emprunte de courtoisie. Les à-priori et les procès d’intention ont cédé la place à des échanges partisans, militants et responsables. Le contexte, les acteurs politiques et même les idées étant en perpétuel changement, la direction nationale du parti s’est résolue à ne pas enfermer le parti et ses militants dans une option rigide et immuable.
La retraite a été sanctionnée par une déclaration politique consensuelle dans laquelle les militants, militantes et sympathisants du parti se reconnaîtront et autour de laquelle, tous, se mobiliseront pour gagner les prochaines élections générales (cercles, régions, présidentielle, et législatives).

DECLARATION POLITIQUE DU COMITÉ EXÉCUTIF DE L’ADEMA-PASJ

Le Comité Exécutif de l’Adema-PASJ s’est réuni à l’Hôtel Timbouctou (Commune VI-Bamako), le samedi 22 Juillet 2017 sous la présidence du Professeur Tiémoko Sangaré, Président du parti.
Le Comité Exécutif, au cours de cette importante réunion, a procédé à une analyse approfondie du rapport de la Commission présidée par le camarade Moustapha Dicko relatif à la reconstitution de la Grande famille Adema-PASJ, à la création d’un pôle de gauche et au positionnement du parti, en vue des élections générales de 2018.
A l’issue des débats, le Comité Exécutif a félicité la commission et adopté ledit rapport. Il en outre pris d’importantes décisions concourant à la cohésion du parti, à la réaffirmation de son identité et de son leadership sur l’échiquier politique national et à son engagement à bâtir un Mali un et indivisible, démocratique, laïc et social.
Le Comité Exécutif, en application de la recommandation issue de la 15è Conférence nationale, tenue à Bamako, le 25 mars 2017 « d’enclencher, dans les meilleurs délais le processus de désignation de son candidat à l’élection présidentielle de 2018 », prendra les dispositions en vue d’assurer la participation du parti à ladite élection.
Le Comité exécutif a conclu sur la nécessité d’inscrire ses actions dans le cadre d’une coalition forte de Partis fondée sur une Nouvelle Offre Politique, condition indispensable à toute victoire en 2018. A cette fin, le Comité Exécutif élaborera dans les meilleurs délais, un projet de plateforme politique assortie d’un programme.
Cette plateforme servira de base de négociation autour des conditions de soutien au candidat rassembleur et consensuel issu des rangs du Parti, le cas échéant, du candidat issu de la coalition d’un ensemble de partis politiques.
Le Comité Exécutif en appelle à tous les militants, militantes et sympathisants du parti à plus de cohésion et d’entente dans un nouvel élan de solidarité, de travail et de justice indispensable au rayonnement du parti et aux victoires du parti pour les prochaines élections générales.
Le Comité Exécutif salue l’esprit de sérénité qui a prévalu tout au long des débats.

Fait à Bamako, le 22 juillet 2017
Le Comité Exécutif


Source : Africatime

Africatime

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