Mali: lourdes pertes pour les pro-gouvernementaux dans des violences

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Les affrontements entre groupes signataires de l'accord de paix au Mali en marge desquels deux Casques bleus allemands ont péri dans un accident d'hélicoptère se sont soldés par de lourdes pertes pour les forces pro-gouvernementales, a appris jeudi l'AFP de sources concordantes.

Ces combats ont opposé mercredi près de Kidal, dans le nord-est du pays, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) aux groupes armés pro-gouvernementaux.

C'est en les observant qu'un hélicoptère de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) s'est écrasé près de Tabankort, coûtant "la vie à deux soldats allemands", a souligné jeudi le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix.

"L'hélicoptère en question était en train de conduire des activités de surveillance dans la région, suite à de violents affrontements entre les groupes armés signataires" de l'accord de mai-juin 2015, a précisé M. Lacroix dans un communiqué.

Le Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental) "a perdu quelques dizaines de combattants tués, quelques dizaines d'autres ont été faits prisonniers", a déclaré à l'AFP une source au sein d'une organisation internationale.

La CMA a perdu au moins deux hommes et eu plusieurs blessés, selon la même source.

"Nous avons éliminé 50 combattants du Gatia et nous avons 39 prisonniers", a déclaré à l'AFP Oumar Ag Acherif, membre de l'ex-rébellion, ajoutant avoir donné à la Croix-Rouge accès aux prisonniers pour montrer qu'ils étaient bien traités.

Dans un communiqué, la CMA a affirmé "avoir démantelé toutes les positions de la Plateforme qui se formaient autour" de Kidal, soupçonnant les groupes pro-gouvernementaux de vouloir encercler cette ville sous son contrôle.

Le Gatia n'a pas fourni de bilan, mais un de ses responsables a reconnu "des pertes". "Nous avons des morts, mais aussi des blessés qui ont été évacués sur la ville de Gao. Nous avons tué aussi des ennemis", a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Le président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), l'imam Mahmoud Dicko, s'est rendu jeudi à Kidal pour une mission de bons offices, a-t-on appris auprès de sa délégation et de la CMA.

Il devait initialement engager des discussions avec les groupes armés afin de faciliter le retour de l'administration malienne à Kidal "mais, compte tenu de la situation, il a lancé un appel au calme et demandé aux uns et aux autres de ne plus faire usage des armes", a indiqué à l'AFP un membre de sa délégation.

L'imam Dicko avait affirmé en octobre avoir obtenu du chef jihadiste touareg malien Iyad Ag Ghaly un engagement écrit à un "cessez-le-feu unilatéral" mais le groupe de ce dernier, Ansar Dine, avait ensuite démenti.

La formation d'une nouvelle alliance entre jihadistes du Sahel liés à Al-Qaïda, dirigée par Iyad Ag Ghaly, a été annoncée en mars.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes mais dont l'application enregistre d'importants retards.

sd/sst/jlb


Source : Africatime

Africatime

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