Atteintes à la vie humaine : De simples menaces à l’acte

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Le Président IBK tient à rempiler en 2018, tel à la prunelle de ses yeux. Et du coup, le pouvoir oublie l’essentiel, qui est de surveiller le processus de paix au Mali, comme le lait sur le feu. La victoire à la présidentielle de 2018 se lit désormais à l’aune de la révision constitutionnelle. Et c’est sous ce prisme qu’on envisage la possibilité d’un deuxième mandat pour le Président IBK. Si la révision passe, c’est la victoire assurée à la présidentielle de 2018, sinon, on se casse, comme l’ami Hollande. Alors, pour le pouvoir, ça passe ou ça casse. Et cela n’est pas sans conséquences fatales sur la vie de la nation : le Mali risque le chaos, avec la remise en cause des libertés démocratiques, des atteintes à la vie humaine, l’escalade de la violence sur l’ensemble du territoire, comme on le constate. Et la liberté d’expression qui est reconnue et garantie par la constitution est devenue une cible à abattre : de la menace, ils passent à l’acte, l’attaque contre le chroniqueur Madou Kanté (Madou Ka journal) est édifiante.

Depuis l’apparition de deux tendances opposées à propos de la révision constitutionnelle, le pouvoir a du mal à convaincre sur sa bonne foi sur le contenu de ce projet de révision constitutionnelle, et sur le bien fondé de certaines dispositions. La création du Senat nécessaire à la mise en œuvre de l’accord de paix, a été vidée de son sens par les modalités de désignation de ses membres.
En outre de nouvelles dispositions qui ne se rapportent en rien à l’accord, et qui au contraire, sources de nouveaux conflits politiques, apparaissent dans le projet de loi constitutionnelle. Perçus comme de vrais vecteurs d’une vraie dictature, ces dispositions, comme la nomination par le président de la République du président de la cour constitutionnelle, du 1 / 3 des membres du Senat, le pouvoir de révision constitutionnelle, à travers le congrès et sans référendum, sont querellées par de nombreux partis politiques de la majorité et de l’opposition, et la société civile, qui rejettent le projet de révision de la constitution.
Le front du refus catégorique, la Plateforme « An tè, A banna (Nous refusons, c’est tout) Touche pas à ma constitution ! », se voit opposer celle créée de toute pièce pour dire « oui, An sonna (Nous acceptons le projet de révision) ».
Le pouvoir semble ne guère s’émouvoir que ces deux camps se radicalisent l’un contre l’autre, les partisans du « non » à la révision de la constitution et ceux du « oui » se regardant chaque jour en chiens de faïence, chacun imaginant une meilleure stratégie de réduction de l’autre. Ainsi, quatre ans après son élection le pouvoir IBK en est toujours à tourner en rond, sans l’amorce d’une gouvernance de sortie de crise et pour l’émergence.
Le président semble être pris dans un tourbillon, qui l’empêche de voir et de décider en conformité avec la réalité de la situation. Toutefois, selon nos informations, avant la composition d’un nouvel attelage pour réduire considérablement la taille du gouvernement, dans une adresse qu’il s’apprête à faire, le Président IBK cédera sur bien des points du projet de révision constitutionnelle, même si son entourage lui prête d’être loin de la résolution à le retirer.
En attendant de s’adresser à la Nation pour renoncer au pouvoir de nomination du président de la cour constitutionnelle, du 1/3 des membres du Senat, et au pouvoir de révision constitutionnelle, à travers le congrès, sans référendum, le Président assiste à l’embrasement de la capitale, mettant en péril l’espoir d’une sortie de crise prochaine. L’escalade de la violence à travers les menaces et les agressions physiques, jusqu’à la planification d’atteinte à la vie, sont des signes qui ne trompent pas. Les Maliens ont compris que l’avenir de la nation est plus que jamais menacé.
Daou

Source : aBamako

aBamako