L’Adema et les présidentielles de 2018 : Le camp de la candidature interne gagne une bataille, mais pas la guerre

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Le Comité Exécutif de l’ADEMA-PASJ, en réunion extraordinaire le samedi 22 juillet 2017, a entériné le rapport de la commission Moustapha Dicko et a déclaré être favorable à la présentation d’un candidat issu de ses rangs, mais sous conditions. En tout cas, à en juger par la déclaration qui a sanctionné la réunion, nombreux sont les observateurs qui sont restés confus, tant la dernière partie de la déclaration est ambigüe. Comme pour dire que la guerre de la candidature interne est loin d’être gagnée, car le camp de Tiémoko Sangaré mènerait la bataille du soutien à la candidature du Président sortant, IBK, jusqu’au bout. C’est ce que laisserait sous-entendre la dernière partie de la déclaration. Quelles stratégies et moyens chacun des deux groupes mettra-t-il en œuvre pour avoir le dernier mot ?
Les partisans de la candidature à l’interne ont déjà crié victoire après la confirmation de la recommandation de la 15ème conférence nationale de l’ADEMA, relative au choix à l’interne du parti d’un candidat en 2018, lors de sa rencontre tenue le 22 juillet 2017 à l’hôtel Timbouctou. En effet, dans une déclaration publiée à l’issue de cette rencontre, il est dit notamment que le CE va « enclencher dans les meilleurs délais le processus de désignation de son candidat à l’élection présidentielle de 2018».
Sauront-ils éviter le piège tendu par le camp d’en face ? Tiémoko Sangaré, Abdel Karim Konaté, Adama T. Diarra, pour ne citer que ceux-là, sont loin de baisser les bras, ils se battront jusqu’au bout pour atteindre leur objectif, celui de soutenir IBK dès le premier tour. C’est pourquoi la déclaration issue de la réunion extraordinaire du C.E n’a pas tranché définitivement la question.
Elle a même créé la confusion en laissant la porte ouverte à deux plans A et B : «… Le Comité exécutif a conclu sur la nécessité d’inscrire ses actions dans le cadre d’une coalition forte de Partis fondée sur une Nouvelle Offre Politique, condition indispensable à toute victoire en 2018. A cette fin, le Comité Exécutif élaborera dans les meilleurs délais, un projet de plateforme politique assortie d’un programme. Cette plateforme servira de base de négociation autour des conditions de soutien au candidat rassembleur et consensuel issu des rangs du Parti, le cas échéant, du candidat issu de la coalition d'un ensemble de partis politiques …».
A analyser de près la dernière partie de la déclaration, l’on se rendra compte que les débats sont loin d’être clos ; et la question reste en suspens. Sinon une telle déclaration devrait être suivie par une lettre collective de démission du gouvernement des ministres ADEMA pour se consacrer au parti et diligenter le processus de choix du candidat, mais il n’en est rien de tout cela.
Mieux, l’interview du Président du RPM, Bocary Tréta sur les antennes de RFI le mercredi 26 juillet 2017, en dit long sur les intentions du parti d’IBK. M. Tréta a affirmé haut et fort que les débats ne sont pas clos au sein de l’ADEMA, comme pour dire que les partisans du soutien à la candidature d’IBK que sont les ministres et autres directeurs, chefs de services et cadres dont ceux qui viennent d’être promus à des postes de responsabilités sont toujours à la manœuvre pour faire triompher le plan « B ».
Pour atteindre cet objectif, le pouvoir maintiendra non seulement les ministres au sein du gouvernement, il fera la promotion d’autres cadres de l’ADEMA, mais aussi et surtout, ne lésinera pas sur les moyens financiers pour semer un désordre pareil à celui de 2013 afin qu’il n’y ait pas de candidat de consensus et rassembleur. Le seul qui pourrait rassembler est l’ancien président de la Transition Dioncounda Traoré. Mais ce dernier semble refuser la main tendue de ses camardes par fidélité à sa parole donnée qui est celle de ne pas se présenter si IBK est candidat.
L’équation de la candidature à l’interne de l’ADEMA semble être à deux inconnues. Et le match est loin d’être gagné par un camp ou par un autre. En somme, le spectre de la division plane encore et toujours sur le parti d’Alpha Oumar Konaré.
Youssouf Sissoko
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Source : aBamako

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