Propos du marché rose de Bamako incendie, Gaoussou Coulibaly dit Djeri se confie à L’Observatoire : « Il faut que le Président Ibrahim Boubacar Kéïta jette un regard sur le marché

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Face à l’état vétuste du Marché Rose de Bamako qui est en train de se remettre de ses cendres, son Président Gaoussou Coulibaly dit Djéri, non moins Vice-président du Collectif des Associations des Marchés de Bamako, appelle le Président IBK à s’investir personnellement pour que le marché soit reconstruit finalement. Il a saisi l’occasion pour appeler ses compatriotes à cesser les injures publiques à l’endroit des personnes âgées et des autorités. Une interview accordée exclusivement à notre journal.

L’OBSERVATOIRE : Monsieur le Président, à la date d’aujourd’hui, qu’en est-il exactement de la situation du Marché Rose de Bamako ?

Gaoussou Coulibaly Dit Djéri : Aujourd’hui, Dieu merci, à travers les commerçants, j’ai eu de confiance pour ce poste-là. Je remercie également mes parents, ma mère et mon père pour leurs prières et bénédictions pour que je puisse assumer cette responsabilité qui m’est confiée par mes camarades commerçants.

Là où nous sommes aujourd’hui, le marché est dans des difficultés énormes. Ce, suite à l’incendie que le marché a eu à subir depuis mars 2014. Bientôt quatre ans, le marché n’est pas encore reconstruit. Les commerçants sont en faillite, dispersés et en colère. Nous, en tant que premiers Responsables, nous avons fait beaucoup de démarches pour avoir de financement pour la reconstruction de ce marché.

Notre partenaire est la Mairie centrale du District de Bamako. Nous lui avons écrit, échangé avec le Maire plusieurs fois sur la reconstruction du marché. Depuis l’incendie jusqu’aujourd’hui, nous sommes là-dessus. Mais, un moment, la Mairie nous dit qu’il a eu un partenaire étranger qui sera le Bailleur pour les travaux de reconstruction du marché. Cela nous a fait plaisir et ravi ce jour-là. Et, depuis lors, nous sommes là-dessus. Mais, concrètement, rien n’a pu aboutir d’abord.

Quel climat règne entre vos camarades commerçants et vous, Monsieur le Président ?

Aujourd’hui, je suis fatigué avec mes gens. Mais nous sommes toujours en collectif d’associations d‘incendiés que je dirige. Ils ont confiance en moi pour conduire ce bateau. Mais, les accusations ne manquent pas ; car, certains estiment que je ne m’emploie auprès du pouvoir pour reconstruire leur marché. Cela pèse sur moi, je suis très préoccupé pour les assurances que j’ai données aux gens, du fait que mes gens restent dans la souffrance.

Quel est, selon vous, les portes de sortie de cette situation?

Ce qui est arrivé est arrivé. Mais les Hommes doivent se donner la main, être ensemble, réfléchir, collaborer pour vraiment trouver une solution qui puisse dégager les difficultés. Nous attendons toujours et nous interpellons le premier Responsable de ce pays, qu’il nous écoute et qu’il nous aide.

Quand on dit Marché Rose, c’est un patrimoine mondial, il s’affiche sur nos passeports, il est le poumon économique de Bamako, la capitale du Mali. Pour tout organe, si le poumon est malade, comment serait la tête ? Il faut que le Président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta, jette un regard sur ce marché, nous écoute et vienne vers nous. Sinon, nous allons monter vers lui.

J’appelle la Première dame aussi, Mme Kéïta Aminata Maïga, à se soucier de nous, les commerçants dont le marché est brûlé. Nous sommes tous des Maliens.

J’appelle aussi les commerçants du marché à une Assemblée Générale extraordinaire d’informations au Grand Marché, le samedi 29 juillet. Donc, demain. C’est sur l’évolution du dossier lié à cet incendie du 20 mars 2014. Il s’agit de mettre les contribuables maliens au parfum des informations.

Nous sommes de bons citoyens depuis 1919, année de la naissance du marché. Si le Marché Rose tombe, Bamako va tomber, et si Bamako tombe, le pouvoir va tomber. Donc, faisons attention. Mais, je demande à mes gens d’être soudés et cohérents, à recenser nos problèmes lucidement, dire la vérité à soi-même et aux autres.

L’autorité, c’est nous aussi. Nous sommes tous égaux, nous devons tous construire ce pays, nous respecter entre nous ; que les uns et les autres soient respectés. Contribuables maliens que nous sommes, nous payons nos impôts, toutes les taxes. Mais, comment se fait-il qu’un marché comme ce marché, depuis 75 ans d’existence, soit abandonné alors que c’est un marché qui n’est pas comme les autres ?

La majorité des Maliens sont des illettrés, pauvres. La pauvreté est une folie, il faut que les Responsables du pays fassent le bon partage des biens publics. Ils ne doivent avoir peur de personne.

La politique est la seule activité qui compte aujourd’hui au Mali, mais ce n’est pas elle seule qui conduit le Mali. Ce sont les commerçants qui font le Mali.

A combien s’élève aujourd’hui le Budget de reconstruction de ce marché ?

Seule la Mairie qui puisse répondre à cette question. Il n’y a pas un montant fixe arrêté entre la Mairie et nous. La Mairie et le partenaire dont elle nous a parlé ont mesuré le marché, l’ont étudié et ont fait un plan de cinq étages qu’ils nous ont présenté. Nous l’avons amendé ; car, incompatible à certains niveaux tels que les portes d’entrée et de sortie. Au lieu de trois entrées-sorties qu’ils ont proposées, nous les avons augmenté à sept, le marché étant grand. Nous avons aussi demandé que le marché ne soit pas fermé en haut.

Ce qui nous a rassurés un peu est qu’ils ont promis de travailler avec nous.

Ce montant pour la reconstruction est estimé à des milliards, mais il faut qu’eux-mêmes ou les autorités compétentes de la Mairie le disent.

Des agressions sur les réseaux sociaux et sur les places publiques contre les hautes autorités et les personnes âgées de ce pays deviennent légion. Qu’en pensez-vous, Monsieur le Président ?

Je pense qu’on cesse les injures publiques, qu’on se donne la main. Nous avons des cultures, des coutumes, des traditions, le Mandé nous a apporté beaucoup de choses. Nous devons nous regarder. Celui qui n’a ni de bon caractère ni de bonne conduite doit les chercher. Il faut que nous, les parents, éduquions nos enfants et nos familles d’abord.

Aujourd’hui, nous sommes détaillants. N’insultons pas les gens, surtout et surtout les plus personnes âgées. Il faut respecter les personnes, de la base au sommet. On ne doit pas dire de n’importe quoi sur le Président de la République, sur e paysan ou sur n’importe qui. S’il y a respect mutuel, je pense que la compréhension va régner.

Votre mot de la fin

Je demande à tous les commerçants, à tous les Responsables de ce pays et même aux autochtones de Bamako de mettre le Mali au-dessus de tout, de prioriser l’intérêt supérieur.

Réalisée par Cyril ADOHOUN

Source : aBamako

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