Force anti-jihadiste au Sahel: la France « fait le point » avec ses alliés africains

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N'Djamena, 31 juil 2017 (AFP) - La ministre française des Armées Florence
Parly a commencé lundi à N'Djamena à "faire le point" avec trois des
partenaires africains de la France (Tchad, Niger, Mali) sur la mise en place
de la force anti-jihadistes au Sahel appuyée par Paris.
"Je vais rencontrer le président nigérien et je vais visiter nos forces à
Gao avec le président Ibrahim Boubacar Keita. C'est un moment très important
puisque la force G5 Sahel se met en place", a-t-elle déclaré après une
première rencontre avec le président tchadien Idriss Déby Itno.
Les dirigeants des pays du G5 Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso,
Mauritanie), aiguillonnés par le président français Emmanuel Macron, ont acté
le 2 juillet à Bamako la constitution de cette force antijihadiste conjointe
et débloqué des fonds pour commencer son déploiement en septembre-octobre.
Cette force doit être commandée par le général malien Didier Dacko.
"Après le sommet extraordinaire de Bamako, il était important de venir
faire un point avec le général Dacko sur les étapes qui étaient franchies
puisqu'un calendrier a été fixé par le président Macron en lien avec ses
homologues du G5 pour rendre cette force aussi concrète que possible",
a-t-elle ajouté.
Après avoir salué les "liens anciens et efficaces" de la France avec le
Tchad, la ministre devait partir pour le Niger poursuivre sa tournée avec son
homologue allemande Ursula von der Leyen.
A son arrivée la veille à N'Djamena, Mme Parly avait tenu à rassurer les
soldats français de la force Barkhane (4.000 au total) après les polémiques à
Paris sur les moyens alloués à la Défense.
"Vous pouvez compter sur ma détermination pour que vous disposiez des
moyens nécessaires à l'exécution de votre mission", a-t-elle déclaré devant le
commandant de Barkhane établi à N'Djamena, également pour lutter contre les
jihadistes dans la bande sahélo-saharienne.
"C'est mon combat, il est moins risqué que le vôtre, bien sûr, mais je veux
vous le dire, car vous avez sans doute eu écho de récents débats parisiens",
a-t-elle ajouté.
Le chef d'Etat-major de l'armée française Pierre de Villiers a démissionné
le 19 juillet de ses fonctions après s'être insurgé, à huis clos devant la
commission de la Défense de l'Assemblée nationale, contre les économies de 850
millions d'euros demandées à la Défense pour 2017.
Le 13 juillet, le président Macron l'avait sévèrement recadré devant toute
la hiérarchie militaire, jugeant "pas digne d'étaler certains débats sur la
place publique".
yas-st/jlb

Source : aBamako

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