Pour réguler l’importation du riz au Mali : La Plateforme nationale des producteurs de riz s’active à travers un projet

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Ce projet vise à réguler les importations du riz au Mali pour favoriser un meilleur développement de la filière, une meilleure création de la richesse nationale avec une meilleure redistribution de cette richesse et le maintien des emplois ruraux créés à travers la production rizicole et ses activités connexes.

Dans le cadre de la communication et la sensibilisation autour du nouveau projet intitulé «Organisations Paysannes comme acteurs clefs dans une bonne gouvernance de filières rizicoles au niveau national, régional en Afrique de l’Ouest», les membres de la Plateforme nationale des producteurs de riz (PNPR-M), à travers les groupes de plaidoyer, ont animé une conférence de presse le 11 juillet au siège de la structure sis à Niamakoro Cité Unicef.
Ladite conférence de presse était animée par Monsieur Faliry Bolly, président de la Plate-forme nationale des producteurs de riz, et Seydou Keita, coordinateur national de la dite Plateforme.
Au Mali, le projet intitulé «Organisations Paysannes comme acteurs clefs dans une bonne gouvernance de filières rizicoles au niveau national, régional en Afrique de l’Ouest» est mis en œuvre par la Plateforme nationale des producteurs de riz (PNPR-M), en collaboration avec SEXAGON, AMASSA/Afrique Verte, la CNOP et l’ONG VECO.
L’objectif global de ce projet triennal se concentre sur les aspects de gouvernance ; il est ainsi formulé : «les chaînes de valeur du riz en Afrique de l’Ouest sont plus durables et compétitives et contribuent à la sécurité alimentaire de la région». Le projet vise à promouvoir un rôle plus actif des OP dans la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques et dans la gouvernance.
L’une des actions phares de ce projet consiste à réaliser des actions de visibilité en faveur de la promotion du riz local afin de pouvoir amener les décideurs à porter l’attention sur la régulation des importations pour améliorer le revenu des producteurs nationaux par un meilleur approvisionnement des marchés nationaux en vue de rendre le riz malien accessible à la consommation des Maliens.
Pour M. Bolly, président de la Plateforme des producteurs de riz au Mali (PNPR-M), ce projet a vu le jour à la suite de plusieurs études, visites d’échanges, concertations et analyses sur le terrain. Selon lui, ces missions sur le terrain ont permis d’avoir une vision partagée des problématiques clés liées à l’amont et à l’aval de la production rizicole au Mali. «Les différentes informations ont été mises à la disposition de l’ensemble des acteurs majeurs du système rizicole au Mali. Les données collectées et les faits exposés ont contribué à engager un processus de plaidoyer autour de plusieurs sujets majeurs dont entre autres la promotion des achats institutionnels et la question de la régulation des importations de riz», a-t-il déclaré.
Il s’agit à travers ce projet de traiter la régulation des importations de riz au Mali pour favoriser un meilleur développement de la filière, une meilleure création de la richesse nationale avec une meilleure redistribution de cette richesse et le maintien des emplois ruraux créés à travers la production rizicole et ses activités connexes.
Selon le Coordinateur national de la Plateforme, en la personne de Monsieur Seydou Keita, les importations non régulées limitent la durabilité et la création de la richesse nationale autour du riz. «Le Mali applique la structure de l’UEMOA du Tarif Extérieur Commun (TEC), adoptée en 2000 et qui représente le plus bas tarif parmi les pays africains pour les importations de riz. Ce tarif ne permet pas la protection de la production nationale et par conséquent représente un risque majeur à moyen terme et long terme d’accroître la concurrence sur les marchés domestiques pour le riz, de décourager les investissements dans les filières domestiques, d’affaiblir l’engagement des acteurs, notamment les producteurs, d’anéantir ainsi la dynamique amorcée depuis 2008», a-t-il soutenu.
Selon lui, malgré les statistiques et les analyses indiquant la projection de l’autosuffisance en riz blanc (93%) pour le Mali, les importations de riz blanc n’ont pas connu une baisse significative en fonction de la production. Au contraire, elles ont connu une remontée sensible estimée à 184 371 tonnes entre 2016 et 2012 correspondant environ à 18% de la production nationale, soit une quantité non rationnelle par rapport au besoin complémentaire. Ces importations ont souvent menacé l’écoulement de la production nationale, a-t-il ajouté.
Pour renverser les tendances, la Plateforme des producteurs du riz au Mali souhaitent : une rationalisation des importations de riz en fonction d’une bonne évaluation de la production nationale et des besoins nationaux ; le contrôle et le contingentement des importations par l’instauration de quota permettant de coupler les achats locaux de riz avec les importations au moment où elles seront autorisées ; des facilités de paiement à accorder aux importateurs de riz pour effectuer des achats locaux de riz ; la généralisation et l’effectivité de la priorité accordée au riz national dans les achats institutionnels.
Wassolo

Source : aBamako

aBamako