« An Te, A Bana » : Pourquoi le report de la marche

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Suite à la médiation des autorités religieuses et coutumières, la plateforme « An tè, A Bana, Touche pas à ma constitution » a décidé de reporter à samedi sa marche initialement prévue hier mercredi. Cependant, la plateforme maintien sa revendication de retrait pur et simple du projet de révision constitutionnelle. A défaut, elle projette une marche sur l’Assemblée nationale pour exiger la mise en accusation du président Ibrahim Boubacar Keita pour « haute trahison ». C’est dire que la balle est le camp d’IBK !
Le report de la marche de mercredi et le maintien de l’ultimatum au président IBK ont été décidé le mardi dernier à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire houleuse au siège de la confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM). Pour informer l’opinion des décisions prises lors de cette assemblée, les responsables de la Plateforme « An Té, A bana /Touche pas à ma constitution » étaient face à la presse, hier, mercredi 16 aout 2017, à la Maison de la presse. Cette rencontre a permis au front anti-révision constitutionnelle de faire le point de la médiation des autorités religieuses et coutumières et de présenter ses actions futures.
La conférence de presse était animée par l’honorable Amadou Thiam 1 »r, vice-président de « An tè, A Bana Touche pas à ma constitution !», en présence du porte-parole Ras Bath, de Dr Brahima Fomba … ainsi que plusieurs militants venant de plusieurs organisations de la société civile, syndicales et des partis politiques…
Le vice-président de la Plateforme, l’honorable, Amadou Thiam a rappelé les différentes manifestations effectuées par la Plateforme et l’ultimatum lancé au président IBK. Il a également fait le compte rendu de la rencontre entre la Plateforme et les notabilités le lundi dernier qui a durée 4 heures du temps. Les notabilités ont demandé au président de surseoir au projet de referendum, de rencontrer la Plateforme « An Tè, A Bana ».
Thiam assure que la Plateforme ne sera jamais démobilisée. Pour preuve, dit-il, elle enregistre de nouvelles adhésions. A l’issue de son Assemblée générale du mardi, la Plateforme a produit un communiqué. « Lors de son Assemblée Générale du Mardi 15 Août 2017, les membres de la Plateforme “An Tè, A Bana-Touche Pas à ma Constitution” ont évoqué la médiation initiée par les chefs coutumiers de Bamako et les leaders religieux. À l’issue des échanges, la Plateforme informe l’opinion nationale et internationale que sa marche citoyenne et populaire du 16 Août 2017, qui exigeait la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice de Monsieur Ibrahim Boubacar Keita pour Haute Trahison, est reportée au Samedi 19 Août à 9h sur le même itinéraire », précise le communiqué. La Plateforme prend à témoin l’ensemble du Peuple malien par rapport aux efforts fournis par ses membres pour obtenir une issue dans le cadre du dialogue et de la médiation des chefs coutumiers de Bamako et des leaders religieux. Enfin, la Plateforme espère que ce délai permettra d’obtenir du Président de la République l’abandon du projet de révision constitutionnelle et une adresse solennelle à la Nation dans ce sens.
Dr Brahima Fomba s’insurge contre la décision du gouverneur du district d’interdire la marche (hier) si il n’y pas changement d’itinéraire « On n’a pas besoin d’autorisation pour marcher, il faut simplement faire une déclaration. Le droit de marche est une liberté fondamentale consacrée par l’article 4 de la constitution du 25 f février 1992 », souligne Dr Fomba. Il réfute aussi les allégations de manipulation du mouvement par les partis politiques de l’opposition. A ce sujet, le conférencier a tenu à préciser que « la fonction d‘un parti politique est de savoir profiter des situations pour démonter les failles, l’incapacité des gouvernants ».
Le célèbre chroniqueur et un des porte-parole de la plateforme, Youssouf Mohamed Bathily alias Ras Bath a indiqué que le report de la marche du mercredi est un « signe de respect à l’endroit des leaders religieux et coutumiers ». Cependant, il précise que ce respect ne doit être pris comme un signe de faiblesse ou de démobilisation. Avant d’ajouter : « Nous sommes toujours déterminés à obtenir le retrait pur et simple du projet de révision constitutionnelle. On reste des femmes et des hommes déterminés à assumer pleinement notre citoyenneté. Ni intimidations, ni menaces, ni invectives, ni le mépris et l’arrogance de certains partisans zélés ne pourront nous distraire. C’est un vaste mouvement qui est déjà enclenché, et il est en marche », a martelé Ras Bath.
Mémé Sanogo

Source : aBamako

aBamako

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