Emprunt obligataire de l’Etat du Mali : La confiance des emprunteurs réaffirmée

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La cérémonie de la 1ère cotation de l’emprunt «Etat du Mali, 6,50 % 2017-2024» a eu lieu jeudi dernier au siège du Conseil national du patronat sous la présidence du ministre du Commerce, Abdel Karim Konaté. Dans le cadre du financement de sa politique de développement des infrastructures, notre pays a décidé de lancer, en avril 2017, ce nouvel emprunt obligataire sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), pour lever la somme de 100 milliards de Fcfa. Les fonds mobilisés serviront au financement d’aménagements agricoles et, surtout, d’un important programme de construction de routes. Il s’agit de la route Yanfolila-Kalana-frontière Guinée (52 km), Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou (56km), Barouéli-Tamani (31 km), Kayes-Sadiola (90 km) et Kangaba-Dioulafoundo-frontière Guinée (50km). Le directeur général de la Société de gestion et d’intermédiation du Mali (SGI-Mali), Amadou Baba Cissé, a expliqué que pour conduire l’opération de mobilisation des fonds, la Direction nationale du trésor et de la comptabilité publique a mandaté la SGI-Mali en qualité de chef de file du syndicat de placement composé d’une vingtaine de SGI de la sous-région. Il a aussi précisé que la SGI-Mali a été chargée de la mise en œuvre de l’opération suivant les règles en vigueur sur le marché de financement régional de l’UEMOA, avec l’appui des SGI ivoiriennes, la Banque de l’Afrique de l’Ouest (BOA) Capital Securities et burkinabé, Société burkinabé d’intermédiation financière (SBIF), toutes deux co-chefs de file. Le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), Edoh Kossi Amenounve, a rappelé que cette émission obligataire est la seconde du Mali après l’emprunt obligataire «Etat du Mali, 6,2% 2016-2023» réalisé avec succès en 2016. En outre, cela vient confirmer l’engagement du Mali à utiliser le marché financier régional pour le financement de son développement. Ainsi, en moins d’un an, le trésor public du Mali a pu lever 200 milliards de Fcfa auprès des banques, des investisseurs institutionnels et des particuliers de l’UEMOA et en dehors de notre région. Il a indiqué que cela témoigne également de la volonté du directeur général du trésor et de la comptabilité publique, Sidi Almoctar Oumar, ancien membre du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financières et de toute son équipe à œuvrer pour que le Mali prenne une part active dans le dynamisme de notre marché. Selon Edoh Kossi, le marché obligataire régional se porte très bien. En effet, l’admission à la cote de l’emprunt obligataire «Etat du Mali 6,50% 2017-2024» est la cinquième admission à la cote sur le marché obligataire de l’UEMOA depuis le début de cette année, après celles de deux emprunts du Trésor public de Côte d’Ivoire, un du Bénin et un de la CRRH-UEMOA, pour un montant total mobilisé de 517,96 milliards de Fcfa, soit 20,11% de la capitalisation de notre marché de la dette, a dit le directeur général de la BRVM. Il a ajouté aussi qu’au niveau international, les marchés obligataires primaires ont mobilisé plus de 195,250 milliards de Fcfa au premier semestre de cette année contre 206,250 milliards de Fcfa sur toute l’année 2016. Selon lui, l’intérêt des investisseurs internationaux pour l’Afrique est également croissant. «C’est la raison pour laquelle les Etats africains se tournent de plus en plus vers les émissions d’obligations souveraines libellées en dollars ou en euros», a précisé Edoh Kossi. Notre marché a permis la mobilisation de 571,96 milliards de Fcfa à travers l’émission de 5 emprunts obligataires. La BRVM est disposée à accompagner l’Etat du Mali dans la mise en place de ce type de produits innovants dans un souci de diversification des sources de mobilisation de ressources pour le financement de son programme économique. Le ministre du Commerce, Abdel Karim Konaté, a salué la mobilisation de la communauté financière qui a répondu à l’appel du gouvernement en souscrivant la totalité des obligations mises sur le marché. Abdourhamane TOURÉ Source : Africatime Africatime