Le CDR au front pour l’alternance en 2018: Ras Bath réussira-t-il son combat déjà biaisé ?

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Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, l’honnêteté intellectuelle devrait obliger chacun à reconnaitre que Ras Bath est populaire car le combat qu’il mène parait noble aux yeux de beaucoup. Son mouvement, le Collectif pour la Défense de la République, une association de la société civile, est plus que jamais engagé pour la réalisation de l’alternance en 2018. Les responsables du mouvement était en meeting dans leur « QG », au Carrefour des jeunes, le mercredi 6 septembre, pour le lancement des activités de sensibilisation du Collectif afin que l’alternance puisse être réalisée. Pourront-ils réussir leur mission en excluant la classe politique actuelle ? Le changement générationnel prôné par Ras Bath ne risque-t-il pas de biaiser les débats ? Il ne serait pas exagéré d’affirmer que le régime actuel a échoué à remettre le Mali dans la bonne direction. Tous les secteurs socio-économiques connaissent un dépérissement et en quatre ans, l’Etat a peiné à redresser la barre, d’où ce sentiment de colère généralisée et surtout une prise de conscience des jeunes. Ils ont décidé de prendre leur destin en mains afin de participer pleinement et activement à la construction de l’édifice commun. Le CDR, comme d’autres mouvements de jeunes, est le fruit de cet éveil de conscience citoyen pour dire non à l’injustice, à la mal gouvernance, au chômage des jeunes. C’est parce que le régime actuel a failli à sa mission de redressement national que le CDR a décidé de s’opposer à lui et exige aujourd’hui l’alternance pour voir une nouvelle offre politique, celle qui prendra en compte la forte demande sociale et les principes de bonne gouvernance. Son combat est tellement noble qu’il doit être soutenu par tous les maliens, épris de justice et de paix. Mais pour bien des observateurs de la scène politique malienne, la seule fausse note risque d’être l’exclusion d’une catégorie de la classe politique et prendre fait et cause pour une autre. Les slogans « changement générationnel », « la vielle garde a échoué »ou encore « il faut une nouvelle génération » prospéreront difficilement. Autant, il y a des vieux qui sont bons, autant il y a des jeunes qui ne sont pas dignes de confiance, parce qu’ils sont prêts à vendre leur âme au diable pour avoir des strapontins. Le débat doit plutôt être centré sur les programmes des différents candidats, sur leur capacité à gouverner, sur leurs carnets d’audience et surtout sur la qualité des ressources humaines qui les entoure. A observer de prêt, aucun jeune leader politique n’a les ressources humaines compétentes et en nombre pour mettre en œuvre sa vision politique et son programme de gouvernance. Sur ce plan, il n’ya que les trois grandes formations à savoir l’ADEMA, l’URD et le RPM qui regorgent suffisamment des cadres pour réaliser leurs programmes. Les autres partis seraient obligés encore de tendre la main à ces trois formations s’ils ne veulent pas passer le clair de leur temps à tâtonner. Ce fut le cas d’ATT, c’est le cas d’IBK qui est obligé de faire appel à l’ADEMA et même des fois à l’URD pour certains postes. Si Ras Bath et son CDR veulent réussir l’alternance en 2018, ils doivent plus se focaliser sur les principes politiques cohérents des candidats, sur les programmes des partis et non sur des individus ou leur tranche d’âge. Youssouf Sissoko Source : aBamako aBamako