PROMOTION DES FEMMES AUX FONCTIONS NOMINATIVES ET ELECTIVES

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Elle a été enfin votée le Jeudi 12 Novembre 2013 par l’Assemblée Nationale du Mali par 115 voix pour, 22 contre et 3 absentassions. Ce vote est intervenu après qu’il ait été plus d’une fois reporté sous la pression des organisations religieuses contrariant ainsi la majorité parlementaire composée de plus de 115 Députés sur 147. Ce report sous pression des religieux n’était pas ignoré du Président I.B.K. En effet, le Président I.B.K, lors de sa campagne électorale en Juin et Juillet 2013, avait promis une large place aux femmes dans son projet de société, si jamais il devenait le locataire de KOULOUBA. Deux ans après son élection, rien n’a été fait. Pourquoi ? Certainement qu’il avait en tête l’épisode du code de la famille et de la personne en Août 2009, sous le régime d’A.T.T. Il n’avait pas participé à ce vote à l’Assemblée ce jour du 31 Juillet 2009 alors qu’il était à Bamako. Cette absence était-elle faite sciemment en connaissance de cause et sur initiative du Haut Conseil Islamique ? Quelles que soient les causes de cette absence, I.B.K s’est retrouvé dans la même position qu’A.T.T, mais cette fois-ci par rapport à la discrimination positive en faveur des femmes quant aux fonctions nominatives et électives. La première tentative n’a pas été la bonne. Nous avons pensé que cette loi faisait partie des lois maudites de la République. Il a donc bien reculé pour mieux sauter, en mettant au préalable sa majorité en garde lors d’une interview réalisée par l’ORTM. Dans cette interview, il a rappelé à sa majorité politique et parlementaire de savoir raison garder par rapport à ce projet de loi en faveur de la gent féminine. Il a insisté sur le fait que les femmes et les jeunes ont mouillé les maillots plus que les hommes et ils ont été infatigables lors de la campagne. D’ailleurs, il leur a fait savoir qu’il pouvait remplacer tous les Ministres hommes par des femmes dans le Gouvernement et le travail se fera certainement mieux. Cette interview n’est pas tombée dans les oreilles de sourds et les deux majorités ont vite fait de comprendre le message du Président I.B.K. On ne peut lui dire que BRAVO. Il a enfin franchi le pas. C’est un petit pas pour lui et l’Assemblée Nationale, mais un grand pas pour la Promotion de la Femme au Mali et en Afrique. Ce qui a pesé dans l’argumentaire c’est que les femmes représentent plus de la moitié de la population malienne. Elles sont très actives dans la vie économique et sociale. Cependant, elles restent encore très peu représentées au niveau du Gouvernement, dans les postes de prise de décisions au niveau de l’Administration, à l’Assemblée Nationale et dans les organes électifs des collectivités locales et décentralisées. Notons que jusque là les nominations au niveau du gouvernement n’ont pas respecté la dite loi. Le nombre de femmes dans le gouvernement est en deçà du quota voté. Mais pour cette loi votée, c’est donc le lieu de remercier toutes les femmes combattantes de cette cause depuis Awa KEITA 1ère Députée de la 1ère Législature de la 1ère République jusqu’aux Députées actuelles à l’Assemblée Nationale. La Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille devrait aller sur la tombe de la Députée Awa KEITA pour prononcer cette phrase:‘’Madame la Députée, la loi relative à la promotion des Femmes aux Fonctions Nominatives et Electives vient d’être votée. Désormais les femmes ont gagné ce combat pour leur Promotion Politique et Administrative’’. Feu Nelson MANDELA l’avait fait après avoir voté pour la première fois de sa vie à 76 ans, c’était à DURBAN en 1994. Il est allé sur la tombe du premier Président de l’African National Congres (A.N.C) en la personne de John DUBE pour dire ceci : ‘’Monsieur le Président, l’Afrique du Sud est désormais libre pour son émancipation’’. Cependant, n’oublions pas de saluer le courage et l’appui financier des Partenaires Techniques, financiers, les O.N.G et les Associations de Promotion et de défense de la femme pour leur constant engagement. Ils avaient fait des plaidoyers pour éradiquer la féminisation de la pauvreté. Ivette GUINDO Source : aBamako aBamako