Trahison … Accusation gravissime

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En marge des festivités de la célébration du 57ème anniversaire de la République du Mali, le Chef de l’Etat a laissé entendre que notre Armée, l’Armée Malienne, avait été ”trahie”. Chef Suprême des Armées, le Chef de l’Etat n’en a pas dit plus. Contexte sécuritaire aidant, il aurait dû pourtant le dire. L’Armée Malienne trahie par qui ? Comment ? Dans la fonction présidentielle, M. Ibrahim Boubacar Kéïta n’avait-il pas le devoir impérieux de rendre justice ? Autant de questions qui méritent réponses. En attendant, force est de rappeler que pour beaucoup de ses compatriotes, la déliquescence de la vaillante Armée daterait de l’ère de la ”Démocratie”. Autrement dit à partir de mars 1991-1992. Cette dernière année-là, M. Alpha Oumar Konaré fut élu Président de la République. Deux ans après, en 1994, il choisit M. Ibrahim Boubacar Kéïta comme Premier ministre. En 1993, l’intéressé occupait déjà le poste de Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale. IBK demeura à son poste pendant plus de six ans. Son mentor, M. Konaré, fit deux mandats. Puis l’heure du Général Amadou Toumani Touré sonna en juin 2002. Durant son 1er mandat, le parti de M. Ibrahim Boubacar Kéïta obtint la majorité à l’Assemblée Nationale. A ce titre, la présidence de l’auguste institution est revenue à M. Kéïta. Il resta dans cette autre fonction jusqu’e 2007. Au passage, des ténors de son parti, le RPM, occupèrent des postes clés dans les différents gouvernements de l’ère ATT. C’est dire combien l’homme et son parti ont été au cœur du système politique, des centres de décisions. Y aurait-il alors ”trahison de l’Armée” sous AOK ou ATT ? Si oui, pourquoi ne pas situer les responsabilités ? IBK et son parti ne sont-ils pas comptables du passé ?. Les Maliens ont en tout cas besoin de savoir la vérité. Actualité aidant, une prise d’armes et un défilé militaire ont eu lieu dans la ville – garnison de Kati. L’Etat a naturellement habillé les ”hommes”. Pas tous, nous-a-t-on rapporté, seuls les militaires qui devaient défiler avaient été dotés en ”tenues nouvelles”. Une première dans l’Armée. Or, il se trouve que les dernières dotations en tenues remontaient à 2015. A l’époque, les autorités chantaient sur tous les toits que c’était du jamais vu. On l’avait compris. Avec l’achat controversé de l’avion présidentiel, un vieux Boeing, des marchés d’armes et de tenues avaient été concoctés. Par le temps, ces tenues, sur fond de bâche, se sont détériorées. Idem pour les chaussures, des bottes qui n’ont pas résisté aux terrains. Aussi, le Chef de l’Etat a parlé de ”renforcement de leurs capacités opérationnelles” et de leurs ”conditions de vie”. Dans la pratique, cela semble loin. Les formations restent les mêmes avec des problèmes d’encadrement, de nourritures. Sans oublier que de grands malades, victimes souvent des mines au nord, sont abandonnés dans leurs familles. B.KONÉ Source : aBamako aBamako