CMDT ou usine de fabrique de candidats à l’élection présidentielle: Modibo Koné peut- il devenir président de la République ?

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Les ex Directeurs généraux de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) Kalfa Sanogo et Modibo Koné sont sans nul doute sur le starting block de la présidentielle de 2018. Après l’annonce de la candidature de Kalfa Sanogo, c’est bientôt le tour à son successeur Modibo Koné à la tête de la CMDT de faire autant. A croire que la CMDT est devenue une usine de fabrique de candidat à la présidentielle de 2018. A côté du cas Kalfa Sanogo (car c’est vraiment des cas à voir à la loupe) que faut-il savoir de Modibo Koné ? Un prédateur, qui a développé en moins de huit mois de fonction, un goût prononcé pour des opérations juteuses face aux nombreuses opportunités de gros marchés qu’offre la CMDT. Ainsi il a passé coup après coup, trois importants marchés relatifs à la fourniture d’engrais (d’un montant de 17 milliards de francs CFA avec l’entreprise Nioumani – Sa, sans appel d’offres) ; de la chaux agricole d’un montant 7,5 milliards de FCFA avec l’entreprise Stone Mali, et des bâches de stockage de coton graine d’un montant sensiblement supérieur à 10 milliards de CFA. Des actes de délinquance financière, qui se passent de tout commentaire au moment où la lutte contre la corruption fait partie des grands chantiers du Président de la République. A la suite de ces saignées financières, la CMDT se trouve de nos jours au bord de la cessation de paiement, même si l’ex PDG affirme à qui veut l’entendre, qu’il a lassé derrière lui un pactole de 24 milliards de FCFA dans les caisses de la CMDT. Rien que saupoudrage. Sorti de l’Ecole Nationale d’Ingénieur (ENI), spécialité Génie civil dans les années 80, Modibo Koné débuta sa carrière à l’Office du Niger, comme agent de la gestion eau du casier de Molodo. De ce poste, il rentre au Centre africain d’Etudes supérieures en Gestion (CESAG) de Dakar pour obtenir un diplôme en gestion d’entreprise. Ce qui lui permit, par la suite d‘être recruté par la Banque Ouest africaine de Développement (BOAD). Au niveau de cette institution financière, il occupa successivement les postes de Chargé de gestion des infrastructures structurantes, de chef de département, et de Directeur des opérations. C’est déjà dans ce rouage, que l’ingénieur en Génie civil devenu gestionnaire, a acquis l’expérience de mariner dans les affaires de gros sous. En Décembre 2015, l’enfant de Kolongo, Modibo Koné, sur la base de la confiance placée en lui par le Président de la République fut propulsé à la tête de la Compagnie malienne de Développement des Textiles (CMDT), l’une des plus grandes entreprises économiques du pays. Une fois installé à la CMDT, comme PDG, se réveille en lui, un instinct de prédateur, développant aussitôt le goût des opérations juteuses face aux nombreuses opportunités de gros marchés. Ainsi il a passé trois importants marchés relatifs à la fourniture d’engrais, de la chaux et des bâches de stockage de coton graine, indiquent nos sources bien informées. D’abord les engrais. Il passe un marché d’un montant de 17 milliards de francs CFA avec l’entreprise Nioumani - Sa. Passé sans appel d’offres, ce marché a été une véritable opération de surfacturation ; les prix appliqués étaient de loin supérieurs aux prix arrêtés de l’appel d’offres régulier de la CMDT. Les écarts enregistrés sur la tonne étaient de 20 000 FCFA pour l’urée et de 50 000 FCFA pour le complexe céréale et coton. Cet acte a été posé en violation des procédures du GIE, avec la complicité de l’inamovible Bakary Togola, Président du GIE, précisent nos sources proches du milieu agricole. Ensuite la chaux. Modibo Koné conclut avec l’entreprise Stone Mali, un marché relatif à la fourniture de 40 000 tonnes de chaux agricole d’un montant 7,5 milliards de FCFA, dont le besoin n’a pas été exprimé par les producteurs de coton. Le prix unitaire de ce marché a passé de 76 700 à 190 000 FCFA, la tonne, toute chose dépassant le pouvoir d’achat du pauvre paysan. L’utilisation de cette chaux a fait l’objet d’un tapage médiatique, malgré que toutes les hypothèses de recherche et d’analyse relatives à ce produit ne fussent pas encore concluantes, afin de permettre son utilisation à grande échelle par les producteurs. De nos jours, les magasins de la CMDT sont bondés de ce produit de la chaux, que bon nombre de producteurs refusent d’utiliser à cause des prix de session excessivement élevés du fait de la surfacturation. S’agissant enfin, du marché relatif aux bâches de stockage, le montant est sensiblement supérieur à 10 milliards de CFA, de sources bien informées. Ces bâches sont également rejetées par les producteurs faute d’en avoir exprimé le besoin. De tels actes de délinquance financière posés par un PDG qui a, à peine passé 8 mois à la tête de la CMDT, se passent de tout commentaire au moment où la lutte contre la corruption fait partie des grands chantiers du Président de la République. « A la suite de ces saignées financières, la CMDT se trouve de nos jours au bord de la cessation de paiement quand bien même que ce délinquant financier hors pair avait annoncé aux médias lorsqu’il passait le témoin, qu’il lassait derrière lui un pactole de 24 milliards de FCFA à la CMDT ». Cela en réalité n’était qu’un gros mirage, commente un connaisseur. Comment alors, un tel cadre inexpérimenté des rouages de l’Etat, et peu soucieux du sort des pauvres paysans et de la sauvegarde des deniers publics du pays, peut-il prétendre briguer la magistrature suprême de l’Etat ? C’est dire que le ridicule ne tue plus au Mali. A suivre. Source : aBamako aBamako