Le décès de deux Casques bleus néerlandais au Mali dû à des « manquements » (rapport)

13
La Haye, - Des enquêteurs néerlandais ont dénoncé jeudi les "sérieux manquements" qui ont mené à la mort de deux Casques bleus néerlandais au Mali lors de l’explosion accidentelle d’un mortier l’an dernier. Les deux hommes ont été tués "sur le coup" en juillet 2016 et un troisième, qui filmait l’exercice en cours, a été gravement blessé par des éclats de mortier à Kidal, au nord-ouest du Mali, quand un obus s’est déclenché de manière inattendue. Dans son rapport officiel sur l’accident, le Bureau d’enquête pour la sécurité (OVV) a découvert que les militaires utilisaient des stocks de vieux obus achetés en 2006 "dans l’urgence avec l’aide du département américain de la défense" pour la mission néerlandaise en Afghanistan sous l’égide de l’ONU. Mais lors de l’achat, le ministère néerlandais de la Défense "a omis de mener ses procédures et contrôles, (supposant) que l’armée américaine utilisait elle-même les munitions et les avait déjà suffisamment testés", a indiqué l’OVV. L’obus présentait des "zones fragiles dans sa conception: l’humidité peut ainsi pénétrer" dedans, d’après le rapport. Combinée à la chaleur, l’humidité a rendu ces "substances explosives très instables et sensibles aux chocs". Même si l’obus a été chargé correctement ce jour-là, il a explosé tandis qu’il descendait dans le mortier, et non au moment du tir, ont souligné les enquêteurs. Les Pays-Bas participent depuis avril 2014 à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), avec environ 400 militaires, quatre hélicoptères Apache et trois hélicoptères de transport Chinook, d’après la presse néerlandaise. Cette participation vient d’être prolongée en septembre par le gouvernement jusqu’à fin 2018. "La sécurité et la santé de nos soldats est au premier plan pour chacun d’entre nous", a réagi la ministre de la Défense Jeanine Hennis. "Il est de notre devoir d’éviter toute répétition et d’offrir une transparence totale aux proches et collaborateurs." La Minusma a été déployée en juillet 2013, dans la foulée d’une intervention militaire internationale contre des groupes jihadistes, déclenchée en janvier 2013 à l’initiative de la France et qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières. De toutes les missions de paix de l’ONU en cours, la Minusma est celle qui connaît le plus fort taux de mortalité par rapport à l’effectif, avec 80 Casques bleus décédés. jkb/shm/cvo/mdr Source : aBamako aBamako