Honorable Alkaïdy Mahmoudou Touré : «En somme, voter la loi des finances, c’est pratiquement un suicide pour l’opposition»

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Dans la Constitution, en son Article 43, au Mali, aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, détenu ou jugé pour ses opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Elu à Diré, dans la Région de Tombouctou, l’Honorable Alkaïdy Touré, membre du groupe parlementaire VRD (Vigilance Républicaine Démocratique) est sans détour. Il s’exprime sur le Budget, l’initiative ‘‘un million de carte Nina’’, l’audit du fichier électoral souhaité par le parti ADP-MALIBA et la demande de relecture de l’Accord par la plateforme ‘‘Ante, Abanna’’. Un entretien avec l’Honorable Alkaïdy Touré ! LE COMBAT : Qu’est-ce qu’une session parlementaire, Honorable ? Alkaïdy Touré: Une session parlementaire est une période pendant laquelle les Députés de l’Assemblée Nationale examinent des projets de lois. Ainsi, il existe, dans l’année, deux sessions ordinaires dont une se déroule pendant 90 jours en commençant au début du mois d’octobre ; c’est la session budgétaire. L’autre démarre en avril. Cependant, le parlement peut se réunir en sessions extraordinaires à la demande du Premier Ministre, avec un ordre du jour bien déterminé. Quelle est la durée respective de chacune de ces différentes sessions ordinaires et extraordinaires ? La première dite d’octobre a une durée de quatre-vingt-dix jours (90) et celle d’avril, de soixante-quinze jours (75). Alors que la session extraordinaire ne peut pas dépasser quinze jours (15). Le Budget 2018 est estimé à 2330 milliards de francs CFA. Quelle est votre appréciation ? Mon appréciation est bonne (un éclat de rire), le chiffre augmente ; ce qui veut dire que les dépenses ont augmenté. Mais qu’à cela ne tienne, car, nous de l’opposition, nous voterons contre. Parce que le Budget fait partie de la politique du pouvoir en place, contre lequel, nous sommes allés aux élections présidentielles de 2013. Et c’est normal en démocratie. L’opposition à travers ses votes du « contre » contribue à la qualité des débats. Pour preuve, l’on retiendra que toutes les lois de qualité qui ont été examinées par l’Assemblée National, ont fait l’objet d’un apport de qualité avec des remarques pertinentes pour améliorer leurs contenus par l’opposition. Malheureusement, un silence entoure cet apport. Ça, c’est le côté égoïste de la démocratie. En somme, voter la loi des finances, c’est pratiquement un suicide pour l’opposition. Vos homologues du parti ADP-Maliba réclament un audit du fichier électoral. Quel est votre point de vue ? Cette démarche est noble et logique et devrait être acceptée. La demande consiste à déceler les erreurs et les corriger. C’est tout, et pas plus, pas moins. S’ils ne cachent rien pour réserver une fin de non-recevoir. Avoir un bon fichier est un bon signe annonciateur d’élections transparentes et crédibles. Une raison pour auditer ce fichier, vous trouverez des personnes inscrites deux fois ; car, une simple virgule peut créer un doublon. En plus, il y a la situation des personnes qui nous ont quittées, mais dont les noms sont toujours dans le fichier. Honorable, vous êtes passé par ce fichier pour être à l’Assemblée Nationale aujourd’hui ; cela, tout comme ceux du parti politique ADP- MALIBA. On ne vous comprend pas avec ce soutien que vous apportez à cette démarche. Nous sommes conscients des failles de ce fichier. Aux dernières élections communales, il y a eu des cas de reproches qui nous ont été faits. Mais, vous dénoncez, certes; mais, vous partez aux élections. Nous ne pourrons pas abandonner nos militants en refusant d’aller aux élections parce qu’il y a des failles. Il y a plusieurs cartes NINA fictives dont on parle tous les jours, mais ça reste sans aucune solution. C’est, donc, seul l’audit du fichier électoral servira de solution idoine à ce problème. Quel est votre point de vue sur l’initiative «UN MILLION DE CARTES NINA» ? C’est une très bonne initiative, qui doit être soutenue. Si vous faites un tour dans les centres appropriés pour cette activité, c’est un désastre. Seulement pour se faire identifier, c’est la croix et la bannière. Le pays est incapable d’enrôler plusieurs dizaines de personnes par jour sous prétexte que le matériel manque. Où est le sérieux ? Cette situation est faite sciemment. Même les chanceux se font enrôler avec des erreurs. Comme si ceux qui sont chargés de faire ce travail le font à contrecœur. Ce constat est aussi valable pour le passeport qui souvent est établi avec des erreurs. Le comble est que même si ces erreurs sont signalées, il faudrait trois ou quatre tentatives pour mettre fin à la même erreur. Qu’à même ! Entretien réalisé par Mahamadou YATTARA : LE COMBAT Source : aBamako aBamako

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