Intox et désintox: l’opposition perfide !

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Entre un THIAM de l’ADP Maliba, entré par effraction dans l’histoire politique du Mali et un Soumi champion au passé scabreux et à l’horizon assombri, le mirage d’un messianisme transfigurant le Mali, laisse pantois. Et la perfidie de notre Opposition est loin d’en faire une alternative crédible, en matière de bonne gouvernance. Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX de construction massive. Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine. L’aberration INTOX Le jeunot président de l’ADP-Maliba, lors de la conférence de presse animée par l’Opposition, en début de semaine, a affirmé : « au Sud du pays, les autorités s’adonnent à la politisation de toutes les sphères de la société y compris la communauté scolaire sans se préoccuper des conséquences désastreuses sur l’unité nationale ». DÉSINTOX La précocité du jeunot lui joue des jours et de très vilains tours. Politisation de toutes les sphères de la société ? Accordons-nous d’abord sur cette notion polysémique qu’est la politique. • La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général dans lequel une société ou une population est gérée par son (ses) dirigeant(s) ; • en général, la politique d’une communauté, d’une société, d’un groupe social, au sens de Politeia, obéit à une constitution rédigée par ses fondateurs qui définit sa structure et son fonctionnement (méthodique, théorique et pratique). La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d’autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d’individualités et/ou de multiplicités. C’est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s’élargissent à tous les domaines d’une société (économie, droit, sociologie, etc.) ; • dans une acception plus restrictive, la politique au sens de Politikè ou d’art politique, se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir ; • la politique est le plus souvent assortie d’une épithète qui détermine sa définition : on va parler de stratégie politique1 par exemple pour expliquer comment elle se situe dans une perception combinatoire et planifiée de nature à lui faire atteindre ses objectifs. Comme on le voit, la politique est intrinsèquement liée à la société, et c’est une aberration de parler de politisation de toutes les sphères de la société. Aucune sphère de la société ne peut échapper à la politique à la lumière des différentes définitions ci-dessus rappelées. En plus d’être un animal pensant, l’homme est aussi un « animal politique ». En cela, Aristote, signifie que l’homme vit mieux dans une « polis », la forme la ville grecque. L’homme devient homme parmi les autres, en vivant dans une société régie par des lois et des coutumes. L’homme développe son potentiel et réalise sa fin naturelle dans un contexte social. Il s’agit de la « bonne vie ». Ce n’est pas une vie facile, mais une vie de vertu qui se traduit par le souverain bien (eudaimonia), souvent traduit comme le bonheur. Autant dire qu’il y a une consubstantialité entre l’homme et la politique. Par contre, ce qui est blâmable, c’est la primauté de l’appartenance politique sur la compétence, par exemple au niveau de l’administration publique ; faire de l’appartenance politique le principal critère d’accession à des postes de responsabilité, de promotion sociale. Ce qu’on qualifie dans les débats publics de politisation à outrance. Or, le jeune politicien de l’ADP Maliba se garde de toute précision à cet égard, préférant surfer sur des généralités qui le ridiculisent. C’est donc à juste titre que s’applique à l’apprenti opposant cette citation : ‘’la politique permet à tout le monde, même les meilleurs d’entre nous, de convoiter, mentir, voler et même tuer à l’occasion. Et nous pouvons cependant nous sentir bien en le faisant’’, Les aventures de Jonathan Gullible. La politisation de la communauté scolaire ? Quelqu’un qui a fraîchement quitté les bancs de l’université, mieux que quiconque devrait savoir que cette pratique date des premières heures de la démocratie. Mais mauvaise foi quand tu nous tiens ! Quand on donnait les pleins pouvoirs et des moyens exorbitants à l’AEEM pour contrôler les années scolaires et académiques, ce n’était pas politisation de l’École ? Quand on montait un clan contre un autre, pour prétendument sauver une année académique, cela s’appelle comment ? Pendant que le régime d’alors se livrait à de si grossiers colmatages, ce sont les nouveaux potes du jeunot de l’ADP Mali qui étaient aux affaires et qui jouent aujourd’hui aux vierges effarouchées. Il faut arrêter de se foudre de la gueule des gens. Le secret d’alcôve INTOX « Il s’agit de la distribution de cahiers à l’effigie du président de la République, de son fils, du président et du 1er vice-président de l’Assemblée nationale, en violation flagrante des lois de la République qui répriment ces libéralités en période électorale (…) ». DÉSINTOX Voilà quelqu’un qui entre par effraction dans l’histoire politique du Mali et qui de surcroît manque totalement de modestie. Deux faits qui pourraient éviter à THIAM de débiter tel un mantra et à freiner ses quatre fers : Primo, l’affaire des cahiers de France liberté offerts par la Fondation Danielle MITTERAND à des établissements scolaires du pays. À première vue, rien de politique. Mais ce geste de solidarité d’une Première dame française envers un pays du Tiers-monde portait en lui les germes d’une révolution qui, généralisée, a fini par emporter le régime de GMT. Les élèves et étudiants étaient le fer de lance de cette révolution. Voici un exemple d’interférence du politique dans la communauté scolaire, à travers des cahiers. Mais cela est gardé comme un secret d’alcôve. Secundo : le généralissime Président Amadou Tout Terrain et ses thuriféraires n’ont pas, non plus, résisté à la tentation de récupération et à la manipulation de l’espace scolaire. La vérité est que le don de cahiers à l’effigie de personnalités politiques est un épiphénomène par rapport à la grave crise que traverse l’école malienne. Il ne faut pas prendre l’ombre pour la proie ; mais poser le problème de fond. Et le problème de fond de l’école malienne, ce n’est pas la tronche de Karim ou de TIMBINE placardée sur des cahiers gracieusement offerts à des enfants issus de familles démunies. Les racines de ce problème plongent dans près de 20 ans de délitement de l’école. 20 ans ôtés de l’âge de deux députés voués aux gémonies, le résultat démontre que s’ils ne sont pas victimes d’un système scolaire notoirement défaillant, ils n’en sont en tout cas pas les agents pathogènes de la décrépitude, ses fossoyeurs. Le vrai drame ? Ce sont des enfants pour qui aller à l’école est une véritable corvée et qui ont un niveau d’une faiblesse préoccupante ; des parents d’élèves démissionnaires à telle enseigne qu’ils n’ont même plus le temps de viser les bulletins de leurs progénitures, a fortiori de les accompagner durant l’année scolaire ou académique ; des enseignants sans vocation et donc sans motivation autre que pécuniaire… L’autre vérité est que la distribution de ces cahiers flanque la trouille à des opposants sans ancrage politique dans la perspective des élections à venir (Conseillers communaux ; Conseillers de Cercle des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal ; Conseillers de Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal ; Conseillers du District de Bamako). Ils voient dans des actions de solidarité un achat de conscience comme ils savent eux-mêmes si bien le faire. Le voleur voit en tout le monde un voleur. Il ne peut en être autrement. Pourtant, dans l’écrasante majorité des cas, les scolaires qui sont les principaux bénéficiaires des cahiers ne votent pas, parce que n’ayant pas atteint la majorité civile (ou majorité légale). Autre aspect que cache cette levée de boucliers est un manque de respect pour les électeurs maliens. La réaction de l’Opposition laisse croire que les électeurs maliens sont prêts à vendre leur âme au diable pour des broutilles. Il faut surtout noter que quelques milliers de cahiers ne font pas gagner un candidat, sinon Soumi aurait battu IBK en 2013. Parce que, ce sont les électeurs qu’il a fait transporter par Sotrama qui ont voté majoritairement pour Ladji Bourama au second tour de la présidentielle. Le cas des centres de vote de Sébénikoro en est la plus parfaite illustration. En réalité, s’en prendre aux personnalités politiques (IBK, TIMBINE, Karim) pour avoir distribué des cahiers à leur effigie n’est que pure perte de temps et vrai dilatoire. L’extrémisme INTOX Soumi champion, lors de la même conférence de presse, déclare : ‘’nous condamnons cette attitude unilatérale du gouvernement (fixer la date des prochaines élections communales, de cercles et de régions au 17 décembre 2017) qui avait pourtant été saisi par l’opposition par une lettre en date du 19 septembre 2017 dans laquelle elle avait exprimé ses préalables à toute discussion sur les élections’’. DÉSINTOX ‘’Il est des gens logiques dans leur inconséquence ; on n’en rencontre pas de justes dans leur mauvaise foi’’. Citation de Louis-Philippe Robidoux ; Feuilles volantes (1949). On le sait, le renouvellement général des Conseillers communaux a été édicté par le Décret n° 2016-0620/P-RM du 16 août 2016 portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale à l’occasion de l’élection des conseillers communaux le dimanche 20 novembre 2016 sur toute l’étendue du territoire national. Les élections communales se sont déroulées à cette date, cependant le climat sécuritaire perturbé dans plusieurs localités n’a pas permis le déroulement normal du scrutin dans cinquante-neuf (59) communes des Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal. La non-tenue des élections dans ces communes sur les 703 en République du Mali est devenue un fonds de commerce pour l’Opposition pour décrier une insécurité généralisée devenue une rengaine. Soit ! À présent qu’il est question d’organiser des élections, devrait-il y avoir matière à se couper les cheveux en quatre ? Assurément pas, parce que le renouvellement des organes communaux élus est un impératif de démocratie et de retour à l’ordre normal. Mais, manifestement, l’Opposition préfère sacrifier le solide au clinquant. Elle tient beaucoup plus à son arme de déstabilisation massive du régime (la non-tenue des élections sur toute l’étendue du territoire national) à une situation de normalité qui lui clouerait définitivement le bec sur ce sujet des élections. Pour parvenir à ses fins subversives, l’Opposition s’octroie le privilège de poser ‘’des préalables à toute discussion sur les élections’’. À ce qu’on sache, un cadre de discussion existe déjà et fonctionne depuis plusieurs années : le Cadre de concertation Administration territoriale/Partis politiques. C’est le cadre idéal où le principe d’égalité est strictement respecté. Quid des préalables ? Quelle est la Loi en République du Mali qui stipule des préalables à toute discussion sur les élections ? Ça n’existe nulle part. Et le principe même de discussion ne participe que d’un souci d’inclusivité ; question aussi de permettre à des Partis politiques marginaux qui se font battre à plate couture dans leurs supposés fiefs de pouvoir s’exprimer à Bamako. Hélas, certains ont fait le choix d’abuser de toutes les occasions à eux offertes pour préserver l’intérêt général. ‘’N’abuse de rien : quand le chameau plie le genou, c’est qu’il a besoin de repos’’. Proverbe arabe ; Recueil de proverbes et dictons du Maghreb (1855). Dans le même sillage, un proverbe dit : ‘’qui abuse de l’hospitalité, est un homme mal élevé’’. Proverbe français ; Proverbes et adages français (1876…) Dans tous les cas, si la vocation d’un Parti politique est la conquête et l’exercice du pouvoir ; s’abstenir de participer à un scrutin ne saurait être une question de vie ou de mort. Le COPPO, l’a fait par le passé et il s’est assumé. L’affabulation INTOX Selon Soumi champion : « si les rapports 2013 et 2014 du Vérificateur général ont fait ressortir un préjudice de 153 milliards, celui de 2015 parle de plus de 70 milliards de nos francs détournés ou dilapidés suite à une évaluation partielle ». DÉSINTOX Il n’y a qu’une seule vérité dans ce potin de Soumi champion : il y a eu une évaluation partielle du Bureau du Vérificateur général. Par ailleurs, l’apprenti opposant en chef parle de milliards ‘’détournés ou dilapidés’’. Mais ce n’est qu’affabulation. La preuve ? Dans le rapport du Végal, il est question de mauvaise gestion. Elle est relative aux pertes économiques imputables à la non-application de pénalités, aux dépenses sortant du cadre des activités de l’entité vérifiée, aux surcoûts découlant d’un manque de suivi des activités, aux avances non remboursées, aux décaissements provisoires non justifiés par la suite ou autres. Il y a également la fraude. Elle représente un montant dû, mais non perçu en raison notamment de vol, d’usage de faux, de détournement, de minoration de recettes, de non-reversement de sommes collectées, de dépense sans pièces justificatives, de double paiement d’une prestation ou autres. Ce sont ces faits frauduleux qui sont dénoncés, sur la base du rapport individuel–et non du rapport annuel- au Procureur de la République par le Vérificateur Général. La subtilité de Soumi visant à faire croire qu’il n’y a pas de réel effort de lutte contre la corruption n’accroche vraiment pas sur ce coup. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas scrupuleusement respecté une procédure qu’on est coupable de détournement de denier public. C’est une faute, mais ça s’arrête là. Aucune extrapolation ne saurait tenir la route à ce niveau pour ternir l’image d’un régime truffé d’agents au service de l’Opposition qui sacrifient au quotidien leur loyauté envers leur employeur par des dénonciations calomnieuses. « Ainsi de 2013 à 2015, on déplore une perte totale de 223 milliards pour notre pays qui peine à équiper son armée faute de moyens. Et pourtant l’année 2014 avait été déclarée année de lutte contre la corruption » Pourquoi ne pas plutôt faire une comparaison d’année en année pour savoir si le nombre des milliards ‘’dilapidés ou détournés’’ monte en flèche ou va décroissant ? Soumi champion rappelle que de 2013 à 2014, le rapport du Végal épingle 153 milliards de francs CFA. En 2015, les déperditions financières énormes se chiffrent à 70,10 milliards de FCFA, dont 32,67 milliards de FCFA en fraude et 37,43 milliards de FCFA en mauvaise gestion. Mais Soumi champion se garde soigneusement de souligner le dernier membre de la phrase du Végal relatif à la mauvaise gestion. Faisons une petite comparaison avec les rapports d’avant l’ère IBK. En 2005, le tout premier rapport de Sidi Sosso DIARRA a constaté une hémorragie financière de plus de 15 milliards de francs CFA. En 2006, la saignée financière était de l’ordre de 103 milliards de francs CFA. Ce qui représente 70 % de la masse salariale de la fonction publique, voire deux fois plus que le budget annuel pour l’équipement de l’administration malienne. Pour les deux premières années de vérification, l’on a assisté à une explosion du ‘’manque à gagner’’. En transposant cette donne à celle de l’ère IBK, il faut convenir que ça va decrescendo. Encore qu’il faudrait tenir compte de la taille des structures contrôlées au cours des deux périodes évoquées pour se faire une idée exacte de ce qu’on qualifiait de manque à gagner. Le leurre INTOX « Le peuple malien ne mérite pas cette gouvernance. Il faut une alternance en 2018 ». DÉSINTOX ‘’Politique : lutte d’intérêts déguisée en débat de grands principes ; conduite d’affaires publiques pour un avantage privé’’. Ambrose Bierce (Le dictionnaire du diable) (humour). Tous ces petits messieurs de l’Opposition ne cherchent qu’une seule chose : le fauteuil qu’occupe IBK. Pour cela, ils développent toute une rhétorique qui n’est que baliverne. Ils étaient aux affaires, encore dans un passé récent. L’héritage catastrophique qu’ils ont laissé en dit suffisamment long sur leur souci de l’intérêt public. Que peuvent-ils apporter qui transfigurerait ce Mali qu’ils ont contribué à précipiter dans le gouffre ? Rien. Ils parlent d’équiper l’armée aujourd’hui ; alors que ce sont eux qui l’ont clochardisée. Ils parlent aujourd’hui d’insécurité ; alors que ce sont eux qui ont offert gîte et couvert à ceux qui nous font dormir aujourd’hui que d’un seul œil. Ils ont pactisé avec le diable pour de sordides retombées du trafic de drogue. L’affaire d’Air cocaïne ne sera jamais élucidée. Ils parlent d’autisme du régime ; alors que nombre d’entre eux ont brillé par leur dédain du bas peuple à qui ils mènent aujourd’hui une cour assidue pour accéder au pouvoir, à défaut rendre le pays difficilement gouvernable à IBK, dont le seul tort est de leur avoir fait barrage pour Koulouba. Ils parlent de malversation financière ; alors que c’est le régime de IBK qui a soldé les ardoises d’un ancien ministre qui se trouve être la plus grande gueule de l’Opposition et de la Plateforme ‘’An tè a banna-Touche pas à ma Constitution’’ et qui n’a du reste pas rompu avec sa mauvaise habitude d’insolvabilité comme l’a attesté le scandale au cœur duquel il s’est retrouvé il n’y a pas longtemps. À l’évidence, un aveugle ne peut pas guider un autre. Cette Opposition dite républicaine et démocratique est la moins qualifiée pour parler de bonne gouvernance. Si Soumi champion veut le pouvoir qui est son obsession, il peut le chercher avec la frénésie qui le caractérise en la matière depuis plus de 10 ans, mais, de grâce, dans les règles de l’art, dans le respect de l’intelligence des Maliens qui sont loin d’être des benêts. Source : aBamako aBamako

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