Embuscade visant le convoi de l’honorable Abdoul Niang : Les petits secrets d’une attaque minutieusement préparée

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L’embuscade visant le convoi de l’honorable Abdoul Niang, entre Dia et Diafarabé dans la région de Mopti, semble être minutieusement préparée par ses auteurs qui ont tué le chauffeur personnel de l’élu et cinq militaires dans l’explosion de deux véhicules à deux endroits différents. Ce 31 octobre 2017 vers 11 heures, le convoi de l’honorable Abdoul Niang, député à l’Assemblée Nationale, non moins Président de la Haute Cour de justice est tombé dans une embuscade entre Dia et Diafarabé dans la région de Mopti. Les assaillants ont arrosé le véhicule d’une pluie de rafales. Le chauffeur personnel meurt sur le champ. C’est le branle-bas au sein de la délégation. L’honorable Niang, ses deux aides de camp, son épouse et son fils parviennent à se cacher dans les buissons. Si l’épouse et le fils n’ont pas été touchés, tel n’est pas le cas du Président de la Haute Cour de Justice. Son dos a été perforé par une balle. L’un des aides de camp s’en sort avec des blessures légères. De sa cachette, l’honorable Niang a envoyé par son téléphone un message à un membre du gouvernement qui était en réunion à la Primature. Ce dernier informe immédiatement les différents chefs militaires qui ordonnent au poste de commandement de Macina, dirigé par un jeune Lieutenant Issa Pagansy Sangaré et celui de Ténenkou sous les ordres du Lieutenant Adama Dao, d’envoyer des renforts chercher l’honorable Niang et sa suite. A la tête de leurs équipes respectives, ces deux jeunes officiers qui font la fierté de l’armée malienne convergent vers le lieu de l’embuscade. Sur le chemin, le lieutenant Issa Pagansy Sangaré établit une liaison téléphonique avec l’aide de camp de l’honorable Niang qui lui donne des détails sur leur cachette. Le détachement de Macina a eu accès à l’honorable Niang et sa délégation à 16h 50 mn. C’est en ce moment que le Lieutenant Dao et ses hommes ont pris le relais pour retourner à Ténenkou avec le Président de la Haute cour de justice et ses compagnons. Sur le chemin de retour du théâtre des opérations pour rejoindre sa base à Macina, un pick-up du convoi du Lieutenant Issa Pagansy Sangaré saute sur une mine. Tous les quatre (4) occupants perdent la vie de façon violente. A 22 heures, ces braves soldats tombés sur le champ de l’honneur sont enterrés dans la plus grande émotion par leurs compagnons d’armes. De l’autre côté, le Lieutenant Adama Dao doit faire face à d’énormes obstacles dans sa progression vers Ténenkou. Le véhicule dans lequel se trouve le Lieutenant Dao saute aussi sur une mine. Le véhicule est coupé en deux. Un mort et quatre blessés dont le lieutenant Dao lui-même. Pour éviter les mines, l’avancée vers Ténenkou se fait à pas feutrés. Les hommes du lieutenant Dao marchent à pied en brousse pour escorter le véhicule de l’honorable Niang. Ils parviendront à rejoindre la ville de Ténenkou à 22 heures 50 mn où les blessés ont été admis au centre de santé de référence pour recevoir des soins. Le lendemain, c'est-à-dire le 1er novembre, les blessés y compris l’honorable Abdoul Niang, sont évacués à Sévaré à bord d’un hélicoptère. Selon une source locale, le Président Niang blessé au dos aurait de la peine à se tenir debout. Qui sont donc les auteurs de cette embuscade ? Quel est le mobile de cette attaque minutieusement préparée si l’on s’en tient au mode opératoire (embuscade, pose de mines sur les passages des détachements militaires censés venir à la rescousse). Acte criminel ou politique ? Y a-t-il un lien entre cette attaque et la houleuse réunion politique que l’intéressé aurait tenue la veille de son départ ? Voilà des questions qui taraudent les esprits dans une zone où sévissent de nombreux groupes armés. En tout état de cause, c’est la première fois qu’une personnalité politique et de surcroît, un président d’institution de la République soit visée par une attaque terroriste. Dans cette opération, il faut saluer la promptitude des éléments des Fama qui ont réussi à faire des exploits sur un terrain où tous les désavantagent, face à des ennemis invisibles et insaisissables. Ceux qui sont morts ont donné leur vie pour en sauver d’autres. Ils méritent toute la reconnaissance de la patrie. Chiaka Doumbia Source : aBamako aBamako

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