Lutte contre la spéculation foncière à Koutiala: le ministre Bathily appelle les chefs de villages à l’union

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Un accueil des grands jours a été réservé, le week-end dernier, au ministre l’Habitat, de l’urbanisme et des affaires foncières, Mohamed Ali BATHILY, non moins président des Associations pour le Mali (APM) dans la capitale de l’or blanc (Koutiala). C’est sur invitation de la coordination locale des APM que le chef du département de l’Habitat était parti prendre part aux travaux de la Conférence de l’association aux allures d’un meeting en troisième région. Cette visite a été marquée par la tenue d’une importante rencontre tenue, dimanche dernier, sur le terrain des martyrs, appelé ‘’terrain-bléni’’ à Koutiala Lafiala. Cette conférence Koutiala a accueilli des délégations venues du district de Bamako, de Gao, de Tombouctou, de Mopti, de Koulikoro, de Kayes et à travers la région de Sikasso. De même, on y notait la présence des délégations venues de l’extérieur du pays, notamment du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Congo ; de la France, de l’Espagne, des États-Unis d’Amérique, etc. Visite à pas de course Cette visite à Koutiala a commencé par le village de Signé où le ministre BATHILY a tenu un meeting d’information sur la problématique foncière suivi d’une rencontre avec les chefs de villages du cercle de Koutiala dans la capitale de l’or blanc au conseil de cercle de Koutiala. À Koutiala, après le mot de bienvenue du maire de la Commune urbaine, Oumar Bah DEMBELE, du coordinateur des chefs de village de quartiers de Koutiala, Mamadou COULIBALY, l’Administrateur général de APM, Silvestre KAMISSOKO, a rappelé les circonstances de la création des APM, à la faveur à la suite de la crise de 2012. En effet, a-t-il fait savoir, la crise socio-sécuritaire de 2012 a révélé le sentiment patriotique des différentes couches de la société malienne. C’est ainsi qu’un groupe de jeunes a décidé d’apporter sa contribution au changement souhaité en mettant les APM sur les fonts baptismaux, a-t-il expliqué. Lors des élections présidentielles de 2013, cette organisation a décidé de porter sa confiance au président IBK qui a brigué avec succès la magistrature suprême du pays. Suite à cette élection, le président des APM a été nommé puis reconduit suite à la formation de tous les gouvernements, depuis 2013. Ce qui est, selon lui, la preuve de l’engagement de sa conviction, de sa loyauté pour son pays et envers le président de la République. Les actions des APM Parallèlement à l’action gouvernementale, les APM ont mené plusieurs actions de solidarité et d’entraide envers les couches démunies du Mali, dont des Dons de sang, des assistances aux jeunes diplômés, des journées médicales gratuites dans plusieurs localités ; dotation des centres de santé en médicaments sous forme de don, assistance juridique aux couches vulnérables sur des questions foncières ; intermédiations sociales dans les conflits sociaux et litiges fonciers. Pour favoriser l’implantation des APM à travers le pays, une stratégie de proximité a été élaborée et qui a consisté à la mise en place des structures de base et la réalisation des activités de sensibilisation. Lesquelles activités ont permis de vulgariser les réformes politiques et institutionnelles menées par le gouvernement, depuis 4 ans. De même, les meetings populaires ont été les créneaux pour concrétiser le soutien à IBK et des engagements des APM envers le Mali. À côté de ces actions, un volet politique, dénommé indépendant pour le renouveau du Mali (IRM), a engagé dans les compétions électorales. Ces initiatives ont favorisé l’émergence des nouvelles idées et des hommes crédibles du niveau des collectivités territoriales : 11 élus locaux au total. À la suite de m, KAMISSOKO, le représentant des jeunes, des femmes se sont succédé à la tribune pour rendre hommage au combat du ministre BATHILY dans sa lutte contre la spéculation foncière. La porte-parole de la diaspora malienne en Europe, Emma CAMARA, a indiqué qu’un bureau des APM existe aujourd’hui à Paris au nom de la diaspora de France. Selon elle, la mise en place de ce comité prouve que la diaspora s’intéresse à ce qui se passe dans le pays. Au passage, elle a souligné que malgré son apport important dans l’économie malienne, la diaspora souffre aujourd’hui de la spéculation foncière dans notre pays. L’appel de la jeunesse Mohamed Salia TOURE, invité surprise de cette rencontre, a tenu, au nom de son mouvement appelé ‘’Wélé-Wélé’’ (appel), à exprimer le soutien de la jeunesse malienne au ministre BATHILY. Dans ses propos, il a exprimé toute la disponibilité de ‘’Wélé-Wélé’’ à accompagner le président des APM dans son combat contre les injustices sociales. L’ex-président du Conseil national des jeunes a invité Me BATHILY à user de toute son influence pour que la jeunesse soit au cœur du chantier de la reconstruction du Mali post-crise. Et cela, en utilisant surtout le volet construction citoyenne pour faire en sorte que les jeunes s’engagent davantage en faveur de l’intérêt général. Il s’agit d’amener, selon lui, la jeunesse à intérioriser et à comprendre mieux les enjeux du monde. Avant de terminer, il a entonné un poème en bamanankan qui en dit long sur le contexte de crise que notre pays traverse. Sibiry KONE, dit vieux, Coordinateur des APM de Koutiala a, de son côté, salué tous ceux qui ont fait le déplacement de Koutiala. En avril dernier, a-t-il rappelé, les APM ont effectué une distribution gratuite de médicaments. Cette opération a touché plus de 687 bénéficiaires, a-t-il salué. Le cri de détresse des communautés villageoises Au cours de ce meeting, les représentants communautés se sont succédé à la tribune pour exprimer leur détresse au ministre BATHILY à l’accaparement de leurs terres de culture pour la plupart. C’est le cas de Tiékoura COULIBALY, qui au nom des communautés des 7 villageoises de l’arrondissement central de Koutiala a informé le ministre d’un litige foncier sur 324 hectares, englobant l’espace vital de l’ensemble des communautés des 7 villages. Un jugement octroie le titre de propriété de l’ensemble de ces espaces à une seule famille. Ainsi, près de 50 familles se retrouvent suite à ce jugement sans terre. Il a invité le président IBK à s’impliquer dans le dossier foncier qui est aujourd’hui l’une des priorités des masses paysannes. Selon, M. COULIBALY, les représentants de l’État, dans leur majorité ne servent pas aujourd’hui l’État. Ce comportement des agents de l’État, a-t-il mis en garde, risque à la longue de semer la révolte du peuple. Le calvaire d’une veuve Autre cas d’illustration de ce calvaire des paysans, Fatoumata Maman TRAORE, une ménagère a évoqué un litige sur une parcelle appartenant à sa défunte mère qui l’oppose à un certain Alou COULIBALY, un cousin de sa mère. Aux dernières nouvelles, elle a appris qu’un opérateur économique du nom de Dioro Madou DIARRA a acquis sa parcelle. Les déguerpis de la ligne de haute tension, Mali-Côte d’Ivoire, attendent leur dédommagement. Leur porte-parole, Moussa Rémy COULIBALY, a dénoncé le non-payement de leurs droits dans le cercle Koutiala. De son côté, Aboubacar DIALLO, ressortissant du village de Lamine-bambala à Sikasso a rappelé au ministre que les dossiers de son village de même que ceux de Sirakoro, l’Aviation et du chef de village de Bougoula ne sont pas toujours pas résolus par les services du domaine malgré les instructions données par le ministre lors de sa dernière visite au Kénédougou, il y a près d’une année. Pire, sa personne a reçu une convocation ainsi que des pressions et autres menaces. Baba SYLLA de Sikasso a indiqué être victime d’un morcellement de son champ sur près de 10 hectares. Malgré l’intervention du ministre BATHILY, il court toujours derrière ses documents administratifs. L’un des ressortissants du village de Tiri, Bourama KONATE, a expliqué la spoliation de toutes les terres cultivables sur près de 306 hectares avec la complicité du défunt chef de village. Une visite fructueuse Au terme des différentes interventions, le ministre Mohamed Ali BATHILY, a indiqué à la presse que cette visite a été une occasion particulière pour lui, puisque c’est la première fois qu’il venait à Koutiala en tant que président des APM pour s’adresser aux citoyens de cette ville. À cette occasion, a-t-il fait savoir, il a rencontré tous les chefs de villages du cercle de Koutiala. Cette visite a aussi a servi de cadre pour lui de pouvoir échanger autour des thèmes chers aux APM, notamment la justice sociale qui sont actualité. « Aucun pays au monde ne peut survivre à la violation de ses propres lois », a-t-il soutenu. Or, a-t-il regretté, le Mali est devenu un champ de violation fréquente de ses lois par ceux-là qui ont la charge d’appliquer de ces lois. « Cela est inadmissible et nous ne pouvons pas nous taire. Qu’on ne nous demande pas surtout de nous taire. Nous allons parler, de plus en plus et encore davantage. Nous n’allons jamais nous taire tant que ce peuple souffre », s’est-t-il insurgé. Création d’un réseau des chefs de village Pour ce faire, il a préconisé que Koutiala prenne l’initiative de créer une association nationale des chefs de village, à l’image de LIMMA et du RECOTRADE. « Que cela se fasse et que ces chefs de villages prennent enfin la parole. Nous voulons que l’autorité traditionnelle incarnée par le chef de village ait aussi sa part de vérité à dire dans la gestion publique de notre pays », s’est-il adressé à ses interlocuteurs. Pour le ministre BATHILY, il est intolérable que des individus avec des étiquettes de fonctionnaire de l’État continuent d’abuser des droits de nos concitoyens. « Il faut qu’ils sachent que nous nous dressons sur les chemins qu’ils empruntent pour commettre ces abus », a-t-il prévenu. Selon le ministre, BATHILY tout son malheur réside aujourd’hui dans le fait qu’il s’oppose à la volonté des prédateurs fonciers. Et ceux-ci, sous la houlette des députés malhonnêtes, ont été l’interpelé à l’Assemblée nationale. « C’est dommage que ce soient des députés, soi-disant du parti majoritaire, qui se livrent à de telle pratique. Il est temps que le président regarde derrière lui au sein de sa majorité », a martelé le ministre Bathily. Démocratie, source de malheur ? De ses constats de Me BATHILY, il ressort que la démocratie n’a amené que le mensonge, de la démagogie dans notre pays, dont les partis politiques sont les principaux responsables. Pendant 20 ans, a-t- dénoncé, les hommes politiques n’ont fait que voler le pays et violer les lois. Selon lui, ‘’nous sommes victimes, au Mali, de notre propre turpitude et si on n’y prend pas garde, le Mali risque de ne plus exister ou nous serons sous tutelle des ennemis’’. Car, dit-il, dans un État où il n’y a pas de loi, ce pays risque de tomber dans l’anarchie. C’est injustice rampante qui pousse aujourd’hui les populations à se révolter contre les représentants de la justice dans les différentes localités du pays comme ce fut le cas récemment à Nioro-Sahel, a souligné le ministre président des APM. Dans son intervention, il a invité les dirigeants à respecter le peuple pour que le pays retrouve la paix. Aujourd’hui, a-t-il constaté, tous ceux qui appellent à l’application correcte sont considérés, dans une certaine mesure, comme des ennemis de la nation. Pour changer la donne, il a invité le président de la République à écouter le peuple. « Aujourd’hui, le peuple souffre, il y a un malaise général », a dit le ministre BATHILY. Selon lui, le soutien des uns et des autres au président de la République doit se faire sur la base de la vérité et la sincérité. « IBK doit choisir ses collaborateurs », a-t-il insisté. S’agissant des litiges fonciers, dans la zone, il a appelé les victimes à la solidarité et à la mobilisation. De même, il a invité les chefs de village à la droiture, à la solidarité et la loyauté pour aider les victimes. Pour tous les cas de litige évoqués au cours de la rencontre, le patron des APM a invité les services techniques compétents à se saisir de tous les dossiers pour y apporter des réponses appropriées, dans un délai d’un mois. Par ailleurs, il a expliqué la réforme foncière en cours au niveau de son département qui va permettre plus de transparence et de sécurité aux paysans et autres propriétaires de terres. Par Abdoulaye OUATTARA, Envoyé Spécial Source : aBamako aBamako

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