Entre Paris et Bamako, de la friture sur la ligne antiterroriste

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Principal soutien des armées sahéliennes luttant contre les djihadistes, la France doit aussi faire face à la défiance des gouvernants de la région, décrypte notre chroniqueur. Un problème « de communication », qu’il faudra résoudre à l’avenir pour éviter la répétition de telles tragédies : c’est la conclusion du communiqué rendu public par le ministère malien de la défense, le 31 octobre, à l’issue d’une rencontre à Bamako avec le responsable de la force française « Barkhane » et l’ambassadrice de France, venus tenter de désamorcer une brusque poussée de fièvre entre les deux pays. Car Bamako et Paris donnent deux versions très différentes de l’opération antiterroriste menée par des commandos français, une semaine auparavant, contre une cellule djihadiste près d’Abeïbara, dans le nord du Mali. Bamako affirme qu’elle a provoqué la mort de plusieurs de ses soldats faits prisonniers et retenus en otages par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans d’Iyad Ag-Ghali, tandis que Paris assure qu’il s’agissait de déserteurs passés à l’ennemi. Cet épisode dramatique, qui laissera des traces durables de part et d’autre, survient au moment même où le gouvernement français redouble d’efforts pour accélérer la mise en place de la force du G5 Sahel, dont la vocation est de se substituer, à une date indéterminée, à une opération « Barkhane » coûteuse et risquant de devenir, au fil du temps, de plus en plus impopulaire au Mali. Paris veut passer le relais Dans cette entreprise de longue haleine, qui consiste encore et toujours pour la France à passer le relais à ses alliés africains, en les soutenant militairement et financièrement, Paris se heurte à un obstacle de taille, d’autant plus complexe qu’il n’a pas de visage : la méfiance des Etats africains vis-à-vis de l’ex-puissance coloniale. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/13/entre-paris-et-bamako-d... Source : Africatime Africatime

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