Me Tidiani Guindo, avocat à la cour d’Appel de Paris et président du parti ALLIANCE MALI DAMBE : « Le constat amer que nous faisons aujourd’hui est que ni la majorité ni l’opposition ne peut sauver le Mali»

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A moins d’un an des élections présidentielles, le Mali est confronté à des difficultés énormes presque dans tous les domaines. La situation sécuritaire reste toujours inquiétante et les gouvernants semblent être limités dans la résolution de cette crise multidimensionnelle. Nous avions approché le samedi dernier Me Tidiani Guindo, avocat à la cour d’Appel de Paris et président du parti ALLIANCE MALI DAMBE qui a non seulement fait une analyse générale sur la situation actuelle du pays mais s’est aussi prononcé sur l’alternance en 2018. Lisez notre entretien Le Pays : Bonsoir, veuillez-vous présenter Me Tidiani Guindo : Je suis Me Tidiani Guindo, avocat à la cour d’appel de Paris. Je suis un homme politique malien et président du parti’’ ALLIANCE MALI DAMBE’’. Nous vous voyons très souvent avec le chroniqueur Ras Bath, quel rapport avez-vous avec lui ? Je suis l’un des avocats de M. Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath. Au-delà de ce lien professionnel, Ras Bath est quelqu’un avec qui j’ai de très bon rapport personnel. Vous dites que vous êtes président d’un parti politique, quels sont les motifs de la création de votre parti, ALLIANCE MALI DAMBE ? Nous sommes de la génération qui a beaucoup rêvé après la chute du régime dictatorial de Moussa Traoré en 1991. Pendant ce moment, comme tous les maliens, nous avions rêvé à une société meilleure. Nous avions cru que tous les problèmes socio-économiques seront résolus par les autorités dites démocratiques. Nous avions cru aux hommes politiques de l’époque qui sont malheureusement les mêmes aujourd’hui. Comme résultat, nous avons constaté que les 26 ans de l’ère démocratique ont été pires qu’avant. Je rappelle que ce mouvement démocratique est l’ensemble des grands partis politique que tout le monde connait aujourd’hui. C’est ce mouvement démocratique qui s’est scindé en plusieurs partis politiques dont l’ADEMA, le CNID, le RPM, l’URD….Pour nous, les leaders de ces partis sont des responsables politiques qui sont restés sur la chaine depuis 26 ans et qui ont un bilan très négatif. Quand on voit l’état de notre pays, on ne voit que le bilan négatif que le mouvement démocratique nous a laissé. En tant que nouvelle génération, nous nous sommes dit qu’il est temps de réagir et cette réaction commence par le constat pour voir ce qui est à l’origine de la destruction de notre pays. Pour nous, le fait que nous avions abandonné nos valeurs sociétale, familiale et traditionnelle a eu un impact négatif sur notre pays. Dans notre éducation, on nous a inculqué des valeurs d’honnêteté, du travail et surtout tenir la parole donnée. Mais la politique est le contraire de tous cela au Mali. Les gens ont fait de la politique le vol, la magouille, la corruption, le mensonge, le refus de tenir les promesses…. A cause de ces comportements, la population n’a même plus confiance aux hommes politiques. Donc, pour faire régner cette confiance perdue entre les politiques et les populations, nous avons décidé de faire la politique mais autrement. Notre manière de faire la politique, créer un parti politique autour de ces valeurs de nos sociétés qui sont disparues. Notre parti, ALLIANCE MALI DAMBE, invite les maliens à se donner la main ; Alliance, autour d’un concept qui est le ‘’DAMBE’’. Nous savons très bien qu’à l’intérieur de ce DAMBE, nous avons toutes nos valeurs sociétales, familiales et traditionnelles perdues d’où le nom de notre parti ‘’ALLIANCE MALI DAMBE’’. Nous avons reçu notre récépissé depuis 2013 mais vu la situation du pays , vu le fait que nous ,nous avons espéré à un changement total de la classe politique et vu que cette classe politique s’est maintenue depuis 2013 encore malgré tout ce que nous avons connu dans ce pays à cause de sa mauvaise gestion, j’avais décidé avec les membres de mon parti de temporiser les choses et c’est pourquoi nous n’avons pas fait d’activités depuis 2013 .Nous avons décidé de nous patienter parce que nous étions sûrs qu’avant la fin du nouveau régime mis en place en 2013,les maliens allaient comprendre qu’ils se sont fait tromper par ces hommes politiques qui n’ont pu rien gérer depuis longtemps et qu’ils n’ont aucune solution pour le Mali. Aujourd’hui, l’histoire nous a donné raison parce que quand nous voyons aujourd’hui, tous les mouvements des jeunes dénoncent la mauvaise gouvernance du régime en place. Nous constatons qu’avec l’avènement du phénomène Ras Bath, le peuple commence à comprendre les choses et la prise de conscience prend de l’ampleur. J’avais dit dès le début que le jour où le peuple malien voudrait des hommes honnêtes de droits, des patriotes capables pour changer ce système, nous sommes là pour le salut de tous les maliens. Comment comptez-vous installer votre parti à travers tout le Mali en tant qu’un parti jeune ? La jeunesse n’est pas un handicap. C’est la détermination et le patriotisme qui peuvent pousser à aller plus loin et je suis sûr que nous pouvons aller plus loin .L’implantation de notre parti, ALLIANCE MALI DAMBE ne nous inquiète pas. Partout où vivent les maliens, à l’intérieur comme à l’extérieur, nous sommes beaucoup sollicité. Nous avons prouvé à tout le monde que nous avons envie de changement et nous savons que la jeunesse malienne, avec sa soif de changement, va nous rejoindre partout où nous serons. Nous allons installer notre parti sur toute l’étendue du territoire. Le processus a déjà commencé et nous avons bon espoir que d’ici quelques mois, ce parti existera dans tout le Mali. Après avoir échoué durant les 26 dernières années, ces vieux hommes politiques font croire à la population malienne qu’il faut être vieux pour diriger. Chose qui est loin d’être une réalité. Il est temps qu’on ferme cette parenthèse qui pense qu’il faut être vieux pour diriger notre pays. Il est temps aussi que ces vieux qui ont échoué durant tous ces 26 ans nous laissent la place. Quel jugement faites-vous sur la situation actuelle du Mali ? La situation actuelle du Pays n’échappe à personne. Nous sommes en danger. L’insécurité est partout dans le Mali. Personne ne peut dormir tranquillement au nord comme au centre du Mali et cela à cause de cette insécurité grandissante. Ce qui est incroyable et inquiétant est que la situation sécuritaire actuelle est pire que celle de 2013 .Nous avons voté pour le chef de l’Etat pensant qu’il avait la solution aux multiples problèmes du Mali mais après quatre (4) ans, ce dernier nous rend un pays dans un état pire qu’au moment où il a été plébiscité par le peuple malien. La patrie est danger et il n’y a plus de temps à perdre. Avec d’autres qui partagent nos visions pour le Mali, nous allons nous occuper du pays et de ses intérêts. A la différence des autres hommes politiques qui ne se soucient qu’à eux, nous nous soucions des problèmes des Maliens et allons les combattre pour l’intérêt général du peuple malien. Ces dirigeants de la démocratie s’enrichissent au détriment de la population et de cette jeunesse dont l’avenir est gravement menacé. L’école publique a été détruite, les diplômes se donnent n’importe comment, le chômage est accentué et pour avoir un travail, il faut que cette jeunesse s’accoquine avec le pouvoir en place. Nous avons un système au Mali qui s’appelle’ ’le fils de’’ car pour qu’on vous ouvre la porte d’entrer, il faut que vous soyez le fils de quelqu’un qui est dans le système, avec le régime. Nous avons instauré la médiocratie à la place de la démocratie. Nous avons une administration totalement incompétente, budgétivore qui ne fait que sucer le sang des Maliens. Nous disons non et nous allons mettre fin à cette pratique qui retarde notre pays. Avant que la démocratie ne vienne, on ne pouvait pas voler l’argent du contribuable et circuler comme font les dirigeants d’aujourd’hui. Je rappelle que le code pénal malien de 1962 disait clairement que tout détournement de fonds public qui atteint 10 millions de franc malien à l’époque qui correspond à un 5 millions de FRANC CFA, l’auteur aura une peine de mort. Mais aujourd’hui, ce sont ceux qui détournent des milliards qui ont de la promotion politique et sociale. Que proposez-vous pour une sortie de crise de notre pays ? Notre proposition, il faut que ceux qui nous ont mis le Mali dans ce retard se mettent à l’écart. Comme ils ne vont jamais accepter de céder, il faut que le peuple malien prenne sa responsabilité en mettant de côté tous ces dirigeants qui sont dans l’affaire depuis l’avènement de la démocratie au Mali. Pour nous, le changement n’est pas question de jeunesse mais d’idées car il y’a des jeunes plus pourris que ces vieux. Sachant qu’ils sont appelés à quitter le pouvoir, les tenants de pouvoir de 1991 préparent certains jeunes à leurs images pour tuer le Mali davantage mais nous sommes là pour y protester. Le constat amer que nous faisons aujourd’hui est que ni la majorité ni l’opposition ne peut sauver le Mali car elles sont toutes dirigées par les anciens qui sont tous complices de la situation actuelle du pays. L’alternance est bien possible mais on ne peut pas dire que c’est du côté de l’opposition. Mais nous sommes sur que le changement est possible avec la nouvelle génération, pas en terme d’âge mais en terme politique. Notre alternance ne veut pas dire de faire une rupture générationnelle mais une rupture politique et cela avec ceux qui ont dirigés durant les 26 dernières années. Nous invitons tous ceux qui aiment le Mali de se réunir autour de l’essentiel pour faire sortir notre pays des mains de ces hommes qui n’ont aucune solution pour le peuple malien. J’invite tous ces gens qui ont gouverné depuis 1991 et qui n’ont fait que retarder notre pays, de nous remettre notre pouvoir pour le salut de tous. Ils doivent aussi présenter leurs excuses au peuple malien car on ne peut pas traiter un peuple de la sorte pendant 26 ans et aller dormir tranquillement chez soi. Qu’ils nous présentent leurs excuses. Quel appel avez-vous à lancer à la jeunesse malienne ? Cette brave jeunesse doit se battre pour le changement. Qu’elle comprenne qu’elle peut tout faire car c’est elle qui a renversé à l’époque le régime dictatorial de Moussa Traoré mais elle doit avoir beaucoup confiance en elle. Il est difficile pour nous de faire changer ces vieux qui ne connaissent que la corruption, la construction de leur propre vie tout en volant le denier publique mais on peut sensibiliser la jeunesse à ne pas se donner à cette pratique qui n’honore pas notre pays. La jeunesse doit abandonner ce folklore des acteurs de la démocratie pour travailler et sauver le Mali. Le pire des actions de ces dirigeants est qu’ils ont fait appel à nos anciens colonisateurs, ceux dont nous avions chassés il y a 50 ans, à venir sécuriser. Le parti ALLIANCE MALI DAMBE aura-t-il un candidat aux élections présidentielles à venir ? Pour l’instant, notre préoccupation est de pouvoir implanter notre parti partout dans le Mali et faire connaitre le parti par le maximum de maliens. Pour le moment, nous n’avons pas prétention à aller seul à ces élections, si nous devons aller, nous allons aller main dans la main avec des gens qui partagent nos visions pour le Mali. Réalisé par Boureima Guindo Source : aBamako aBamako

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