IBK à Sikasso: Le mélodrame d’un pouvoir à bout de souffle

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L’espoir qui s’était levé le 18 Juillet 2013 au Stade Babemba Traoré, comme une vague en formation, qui ne demandait qu'à grandir, s’est depuis 4 ans anéanti comme un drame populaire caractérisé par le pathétique, le sentimentalisme et des situation invraisemblables C'était en le Jeudi 18 Juillet 2013 au Stade Babemba Traoré bondé de monde en présence des dignitaires de la 3ème région administrative de notre pays, le discours d’un Président promettant monts et merveilles à une région jugée décisive dans l’élection présidentiel puisqu’il s’agit du plus grand bastion électoral de notre pays. A Sikasso, Ladji Bourama annonçant une nouvelle manière de gérer le Mali, un pays au sortir d’une crise multidimensionnelle et redonner aux Maliens l'espoir dans l'avenir. A Sikasso, l’annonce d’un développement intégré de la région à travers une agriculture intensive accompagné de la transformation des produits agricoles. Des goudrons, des centres de santé, des usines pour mettre en valeur le potentiel de la région. Aujourd’hui, telle une pièce de théâtre présentant des personnages outrés dans des situations pathétiques, le désespoir a gagné les plus optimistes du Kénédougou. Le régime IBK s’est installé depuis plus 4 ans mais la vague de promesse et d’espoir suscité est devenu de véritables mirages. La crise quant à elle est toujours là. L'espoir, lui, s'est éteint chez beaucoup d'entre nous. Dans la gestion du pouvoir, chaque anniversaire apportant son lot de scandale. Les Maliens l’on apprit à leur dépends, fini les années d'espérance, bienvenu dans les années de démoralisation ! Malgré tout, IBK et ses conseillers s’adonnent à une sur-médiati-communication de rares actions concrètes posées. Ainsi au lieu de s'exprimer sobrement, ne pas faire d'annonces à tout bout de champ, bref, parler quand il le faudrait uniquement, certains fameux conseillers du président en occurrence, signent et persistent. Pourtant l’histoire récente de notre pays, nous a appris que résoudre une crise, cela prend du temps, forcément. Mais en temps de crise, les maliens, les premiers, ont besoin d'être rassurés, besoin qu'on leur tienne la main et qu'on leur explique pourquoi et comment, bientôt, tout ira mieux. Ne pas leur raconter de salades, ne pas plonger dans la démagogie, là est peut-être la rupture qu'il fallait cibler mais ce régime à briller par le contraire et a perdu la confiance de son peuple. Les secteurs qui illustrent le mieux ce mélodrame cette année sont sans doute : l’éducation avec deux résultats de Bac pour la seule région de Koulikoro, la gestion malencontreuse de la situation du Collège Horizon ; dramatique question sécuritaire de notre pays avec la difficile couverture sécuritaire du territoire nationale (1/3 de la région de Ségou qui échappe à tous contrôle, idem pour l’inter fleuve, le delta centrale, n’en parlons même pas des régions du Nord dont le retour définitif de la paix traîne). Que dire du secteur agricole qui, il y a une année avait surtout fait rêver les Maliens. Aujourd’hui c’est une véritable crise de Gouvernance qui s’est installée dans ce département. L’embellie de ce secteur, il y a une année était assez impressionnante. Le tripatouillage des cautions techniques de l’engrais, l’installation tardive des pluies ainsi que sa mauvaise répartition dans le temps et dans l’espace, l’insécurité dite « résiduelle » dans les zones de production, les disfonctionnements dans la gouvernance du département, le manque de suivi de la campagne, bref autant de facteur qui risquent d’enrailler l’embellie de ce secteur pourtant stratégique pour le pays. SIKASSO DEÇU ET DESESPERE ATTEND IBK DE PIED FERME Comme un pianiste à la recherche de ses notes perdues, IBK a décidé ainsi de se lancer à la reconquête des électorats de la 3ème région plus de 4 ans et demi après son élection. Profitant du lancement de la Campagne de vaccination bovine, IBK a décidé de tester sa popularité à Sikasso comme il l’a fait à Ségou lors du lancement de la Journée du Paysan. C’est ainsi qu’après l’aventure de Ségou et de Kayes où il a miroité la reconstruction de la voie ferroviaire, IBK comme l’annonce ses proches veut hypnotiser Sikasso par des projets aussi mirobolants que irréalisables : une route 2 X 2 voies devant traverser la ville, des infrastructures de développement, un centre de transformation des produits agricoles. Surtout espérons qu’on ne lui déroulera pas son adoré tapis rouge jusqu’à l’intérieur du parc comme d’habitude. MAUVAISE PLUVIOMETRIE ET GESTION CATASTROPHIQUE DE L’ENGRAIS, CAMPAGNE AGRICOLE, PERIL SUR LA REGION. L’agriculture, l’espoir de tout un pays après la bonne campagne agricole de 2016-2017. Et le RPM en récupérant ce département des mains du très brillant Kassoum Denon, voulait en faire le fer de lance de la campagne présidentiel. Mais même le Dieu de l’Agriculture semble ne pas être avec ce pouvoir en perte de vitesse. En effet, Sikasso comme un peu partout à travers notre pays est frappé de plein fouet cette année par des poches de sécheresse. En effet, la mauvaise pluviométrie ajoutée à une gestion catastrophique de l’engrais aura eu raison de la campagne. De Kadiolo à Ganadougou, en passant par Koutiala dans la région de Sikasso, de Béléco, dans la région de Koulikoro, de plusieurs localités de Kayes, de Goundam dans la région de Tombouctou. Que dire des zones offices riz de Ségou totalement dévasté par la sècheresse où la famine s’est véritablement installée. Malgré ces constats assez patents, le ministre de l’agriculture, Dr Nango Dembélé qui s’était autoproclamé comme l’alternative ultime pour mettre Sikasso dans le giron du RPM, aurait quant à lui opté pour la manipulation des chiffres. Les productions céréalières brutes déjà annoncées pour la campagne 2017-2018 sont plus de 9 millions de tonnes contre 8,8 millions, durant l’exercice précédent. Dans le grenier du Mali, l’on annonce une manipulation des chiffres et l’on annonce une famine sans précédent. Ce manque d’eau, sinon cette sécheresse au vrai sens du mot a décimé les champs de cultures dans la région de Sikasso. Pour certains, c’est un paradoxe que Sikasso, la région la plus arrosée du Mali assiste, à un tel spectacle si désolant et lamentable. Pour d’autres, c’est une situation qui dépasse tout commentaire. Au lieu de développer des initiatives visant à accompagner ses populations très peinés, le régime IBK veut encore annoncer des mirages. Aujourd’hui, les Sikassois sont assez perplexes sur la situation de leur pays, les uns se disent déçus, les autres trahis. D’où la montée des frustrés dans le monde des paysans qui commencent à identifier le candidat pouvant répondre de manière éthique et pertinente à leurs aspirations profondes. Diouroukoro Diakité, Enseignant à Sikasso Source : aBamako aBamako

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