Afrik actu * : Validation du coup d’Etat du Zimbabwe par la Cour Suprême : Une jurisprudence pour l’Afrique ?

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Suite  à la plainte de deux citoyens, la Cour Suprême du Zimbabwe a jugé  ce samedi 25 novembre que  le coup d’Etat des militaires,  qui a conduit à la démission forcée de l’ex-président Robert Mugabe, était légal. Dans son verdict, la Cour  va  jusqu’à argumenter que l’intervention de l’armée était légale car elle visait à empêcher des personnes non élues d’occuper des fonctions électives. Le tribunal faisait ainsi référence à Grace Mugabe, épouse de l’ex-président, et à son entourage, accusés de peser sur les choix de l’ex-président,  pour faire avancer leurs intérêts personnels. Selon elle, les actes de l’armée « visant à empêcher les proches de l’ancien président Robert Mugabe d’usurper le pouvoir, sont constitutionnels ». Cependant l’Union Africaine avait estimé qu’il était anticonstitutionnel et sommé les militaires putschistes à un retour rapide de la Constitution de leur pays. Depuis des années, l’UA a décidé de réfuter  tout acte de coup d’Etat militaire en Afrique, suspendant les pays concernés jusqu’au rétablissement de la vie  constitutionnelle. Ces mesures ont naguère frappé beaucoup de pays africains dont le Mali (lors du coup d’Etat de Sanogo et consorts).  Quelle mouche a donc piqué les sages zimbabwéens pour faire l’apologie d’un coup de force. Est-ce pour vernir légalement l’intervention de l’armée qu’ils ont aussi été amenés à annuler l’acte de limogeage de l’ex Vice-président EmmersonMnangagwa ?

Ainsi, l’acte posé par la Cour Suprême du Zimbabwe constitue désormais une jurisprudence sur le continent noir, constamment exposé aux coups d’Etat militaire. Allons-nous connaître un tel verdict dans l’avenir ? Par exemple, compte tenu de l’entêtement de Kabila fils à demeurer au pouvoir après l’épuisement de ses deux mandats consécutifs  et feignant de convoquer des élections, si les militaires du Congo démocratique venaient à reproduire le scénario zimbabwéen, afin de permettre au pays de retrouver la voie démocratique pour l’alternance politique et que la justice prenne la même décision qu’au Zimbabwe.  Il faut, face à une certaine dictature, des portes de sortie pour un pays. Or, c’est l’armée qui reste malheureusement, après l’échec des politiques, l’ultime recours le mieux organisé pour  l’avènement du changement dans nos pays africains. Avons-nous d’autres moyens ? Certainement pas, du moment que la culture démocratique n’est pas encore  ancrée dans les mœurs africaines. De toute façon, l’organisation des droits de l’homme, Humann Rigths  Watch, estime que ces deux verdicts sont surprenants et remettent en cause l’indépendance de la justice zimbabwéenne. Gaoussou Madani Traoré

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Source : Maliweb Maliweb

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