Armée et gestion des affaires publiques du Mali (1968 – 2017) : 2 Présidents, 3 Chefs du Gouvernement, 35 ministres et 3 assimilés

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Avant-hier 28 novembre, il s’est passé un anniversaire quasi insignifiant pour nombre de Maliens d’aujourd’hui. C’était les 49 ans de la promulgation par la junte dénommée le Comité militaire de libération nationale (Cmln) de son « Ordonnance N°1 portant organisation provisoire des pouvoirs publics en République du Mali ». Ce texte tenait lieu de Loi fondamentale du Mali après le coup d’Etat militaire du 19 novembre 1968 car ses auteurs venaient de suspendre la Constitution du 22 septembre qui avait créé la 1ère République du Mali. C’est le point de départ de l’ingérence de l’Armée dans les affaires politiques au Mali. Cette Ordonnance N° 1 est immédiatement suivie par l’« Ordonnance N°2 du Comité militaire de libération nationale portant nomination des membres du Gouvernement provisoire». Signée le même 28 novembre, elle légalise la composition du premier gouvernement du Cmln formé le 22 novembre, soit trois jours après la fin de la 1ère République du Mali sous la direction du Président Modibo Kéïta ainsi renversé par un groupe de 14 Officiers, sous la houlette du Lieutenant Moussa Traoré. Celui-ci, bien que nouveau chef de l’Etat, ne préside pas le gouvernement et ne détient aucun portefeuille ministériel. Une sorte de bicéphalisme à la tête de l’Etat où, de par les dispositions de nouvelle Loi fondamentale du Mali, les fonctions du président du Cmln (junte militaire) et celles du président du gouvernement sont formellement différentes, démarquées et sans trait d’union fonctionnelle. Cette donne changera dix (10) mois plus tard. Outre cet aspect, historiquement, l’entrée de l’Armée dans la gestion des affaires de l’Etat au Mali a commencé ce 19 nombre 1968. Trois jours après cet événement, le 1er vice-président et N°2 de la junte dénommée « Comité militaire de la libération nationale » (Cmln), le Capitaine Yoro Diakité, présente sur les ondes de Radio-Mali la liste des membres du « gouvernement provisoire » dont lui-même en est le Président. Comprenant 14 membres (le 22 novembre), cette équipe ministérielle est légèrement retouchée avec deux nouvelles entrées le 28 novembre. L’une des particularités historiques du premier gouvernement du Cmln est la présence de trois militaires : les capitaines Yoro Diakité et Charles Samba Cissoko en plus du chef d’Escadron Balla Koné. C’est une première au Mali que des militaires soient nommés ministres de la République. Le fait est très significatif car, jusque-là, les premières Forces maliennes composées des soldats issus de l’Armée coloniale française étaient restées en marge du jeu politique tout en sachant s’engager aux côtés des élites politiques et intellectuelles très déterminées dans la conquête de l’indépendance nationale. Celle-ci obtenue dans des conditions difficiles, la nouvelle Armée malienne, l’un des attributs de la souveraineté nationale, a pleinement joué son rôle d’accompagnement des autorités du jeune Etat malien. Ainsi, sous la 1ère République (22 septembre 1960 – 19 novembre 1968), les « militants en uniforme » de l’US-RDA ont, dans les casernes, pris part aux activités du Parti unique. Ils se sont aussi illustrés sur les chantiers du développement car il fallait transformer « le soldat tueur en soldat bâtisseur », selon la formule incitative du Général Abdoulaye Soumaré, le premier chef d’Etat-major des forces armées maliennes. Cependant, durant cette même période, il n’y a pas eu de militaires dans les différents gouvernements du président Modibo Kéïta. Huit (8) ans après l’Indépendance du Mali gérée par une option socialiste volontariste, les « porteurs d’uniforme investissent quasiment tous les rouages de l’Etat avec l’avènement du Cmln. De cette époque, les vicissitudes de l’histoire nationale sont marquées notamment par une participation indéniable à la vie politique nationale. De ce fait, de novembre 1968 à nos jours, les Forces de Défense et de Sécurité ont globalement, en 49 années de pratique institutionnelle, « fourni » : deux (2) chefs d’Etat (Moussa Traoré et ATT) devenus après présidents de la République ; trois (3) chefs du gouvernement (Yoro Diakité, Moussa Traoré et Modibo Sidibé), 35 ministres (titulaires, délégués ou secrétaires d’Etat) ainsi que trois (3) ministres assimilés (Birama Siré Traoré, Mahamadou Diagouraga et Amadou Sagafourou Guèye). De ces considérations politico-historiques, depuis le 22 novembre 1968 jusqu’à nos jours, toutes les équipes ministérielles formées au Mali comportent au moins un militaire. En termes individuels, on peut retenir que sous le président Moussa Traoré : 12 ont été nommés sous le régime d’exception du Cmln (novembre 1968 – juin 1979) et 10 promus sous le parti unique constitutionnel Udpm (juin 1979 –1991). Pendant la Transition Démocratique dirigée par le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré (ATT) (avril 1992 – juin 1992), 8 officiers sont devenus ministres (ère Ctsp). Il y en a eu trois (3) durant le double mandat quinquennal du Président Alpha Oumar Konaré (juin 1992 – juin 2002). Il y a eu également trois (3) officiers ministres pendant le double mandat quinquennal inachevé du président ATT (juin 2002 – mars 2012). Au cours de la période d’Intérim suivie de Transition sous le président Dioncounda Traoré (avril 2012 – septembre 2013), le Mali a connu la nomination de quatre (4) militaires ministres. Et, de septembre 2013 à nos jours, le président Ibrahim Boubacar Kéïta a choisi cinq (5) officiers comme ministres de la République. A y observer de près, on retient que la plupart (pionniers de l’Armée) des officiers maliens devenus ministres de la République ont fréquenté les Ecoles des Enfants de Troupe, notamment celle de Kati devenue en 1980 le Prytanée militaire ou le Prytanée Militaire de Saint-Louis au Sénégal. Ces mêmes anciens –incorporés dans l’armée coloniale française- sont passés par l’Efortom de Fréjus (France). Leurs cadets et les générations suivantes sont quasiment tous issus de l’Ecole militaire Interarmes (Emia) d’abord basée à Kati (1962-1979) avant d’être installée à Koulikoro. Il y a lieu aussi de signaler qu’en plus de la Présidence du gouvernement (Primature), les militaires membres des gouvernements ont occupé plusieurs départements ministériels : Défense, Sécurité, Intérieure, Administration territoriale, Justice, Affaires étrangères, Finances et Commerce, Equipement, TP et Transports, Information, Santé et Action sociale. Il y a lieu également de retenir que sur les 35 militaires devenus ministres, un seul est en activité gouvernementale : le Général de brigade Salif Traoré, titulaire du portefeuille de la Sécurité et de la Protection civile depuis septembre 2015. Par ailleurs, on se rend compte que parmi les 35 ministres militaires, quatre (4) ont fait des va-et-vient : Tiécoura Doumbia, Souleymane Y. Sidibé, Kafougouna Koné et Sada Samaké. On peut aussi constater que, de 1968 à 2017, ces 35 officiers appartiennent presqu’à tous les corps militaires : 23 pour l’Armée de Terre, six (6) pour l’Armée de l’Air, cinq (5) pour la Gendarmerie et un (1) seul pour la Police (Modibo Sidibé) jadis sous statut militaire (1973 – 1993). En plus de ces 35 militaires ministres titulaires, délégués ou secrétaires d’Etat, il faut ajouter trois cas particuliers. Le premier, c’est le Lieutenant-colonel devenu Général, notamment ATT qui a présidé le Conseil des ministres sans avoir jamais été chef d’un Gouvernement ni occupé un poste ministériel, comme l’ont été tous ceux (civils et militaires) qui ont présidé aux destinées du Mali indépendant. Le 2ème cas spécifique, c’est celui du Commissaire Divisionnaire aujourd’hui Inspecteur Général de Police Mahamadou Diagouraga, Commissaire au Nord avec rang de ministre. Et le 3ème cas concerne le Général de Brigade Amadou Sagafourou Guèye, l’actuel Grand Chancelier des Ordres Nationaux du Mali, récemment assimilé à un ministre (avantages en nature et en espèces) par les dispositions du Décret N°2017-0273/P-RM du 23 mars 2017. Enfin, il y a lieu d’indiquer, malheureusement, que près de la moitié de nos 35 militaires ministres, soit 17, sont décédés. (Paix à leur âme !) Encadré d’ouverture : Liste des 35 officiers maliens devenus ministres de la République Sous le Président Moussa Traoré (19 novembre 1968 – 26 mars 1991) : Période Cmln : Capitaine Yoro Diakité : Défense-Intérieur-Sécurité. Capitaine Charles Samba Sissoko : Défense-Intérieur-Sécurité puis Affaires étrangères. Chef d’escadron (Commandant de gendarmerie) Balla Koné : Information et Sécurité. Lieutenant Moussa Traoré : Président du Gouvernement puis Défense nationale. Lieutenant Youssouf Traoré : Information puis Education nationale. Lieutenant Amadou Baba Diarra : Finances puis Commerce puis Plan, puis Equipement. Lieutenant Joseph Mara : Justice. Lieutenant Karim Dembélé : Transports-Télécommunications-Tourisme puis Travaux publics. Lieutenant Kissima Doukara : Défense-Intérieur-Sécurité. Commandant Mamadou Sanogo : Justice. Lieutenant-colonel Missa Koné : Santé-Affaires sociales. Chef de Bataillon (Commandant) Sékou Ly : Intérieur – Urbanisme puis Education nationale puis Défense nationale. Période Udpm : (Reconduit) Lieutenant-colonel Sékou Ly : Intérieur, Education, Défense. 13-Lieutenant-colonel Sory Ibrahima Sylla : Intérieur. 14-Lieutenant-colonel Abdourahamane Maïga : Intérieur puis Administration territoriale. 15-Commandant Issa Ongoïba : Justice puis Agriculture, puis Administration territoriale. 16-Général Abdoulaye Ouologuem : Délégué auprès du Ministre de la Défense nationale. 17-Général Mamadou Coulibaly : Délégué puis titulaire de la Défense nationale 18-Colonel de gendarmerie Sambou Soumaré : Justice. Sous le Chef de l’Etat ATT (Ctsp, 26 mars 1991 – 8 juin 1992) : Lieutenant-colonel Tiécoura Doumbia : Défense nationale-Sécurité intérieure puis Transports-TP-Habitat puis Sécurité-Protection civile. Chef d’Escadron (Commandant de gendarmerie) Souleymane Yacouba Sidibé : Affaires étrangères puis Sécurité intérieure-Protection civile. Lieutenant-colonel Cheick Oumar Diarra : Transports et TP. Commandant Lamine Diabira : Administration territoriale. Lieutenant-colonel de gendarmerie Bakary Coulibaly : Délégué à la Sécurité intérieure. Commandant Moussa Diabaté : Administration territoriale puis Délégué à la Sécurité intérieure. Lieutenant-colonel Kafougouna Koné : Défense nationale puis Administration territoriale. Lieutenant-colonel Birama Siré Traoré : Sécurité intérieure puis Administration territoriale. Sous le président Alpha Oumar Konaré (8 juin 1992 – 8 juin 2002) : Commandant de Police Modibo Sidibé : Santé, Affaires étrangères. Lieutenant-colonel Sada Samaké : Administration territoriale et Sécurité. Bis) Général Tiécoura Doumbia : Sécurité et Protection civile. Sous le président ATT (8 juin 2002 – 22 mars 2012) : (Reconduction-Promotion) Contrôleur Général de Police Modibo Sidibé : Secrétaire général de la Présidence de la République, puis Premier ministre. (Bis) Général Kafougouna Koné : Administration territoriale et Collectivités locales. (Bis) Colonel Souleymane Sidibé : Sécurité intérieure et Protection civile. 29-Général Sadio Gassama : Sécurité intérieure puis Défense et Anciens combattants. Sous le président Dioncounda Traoré (12 avril 2012 – 8 septembre 2013) : 30-Colonel-major Yamoussa Camara : Défense et Anciens combattants. 31-Colonel-major Moussa Sinko Coulibaly : Administration territoriale. 32- Général de gendarmerie Tiéfing Konaté : Sécurité intérieure et Protection civile. 33-Lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré : Transports et Infrastructures routières. Sous le président IBK (Depuis le 8 septembre 2013…) : (Reconduit) Général Moussa Sinko Coulibaly : Administration territoriale. (Reconduit) Colonel-Major Abdoulaye Koumaré : Equipement et Transports. (Bis) Colonel-Major Sada Samaké : Intérieur et Sécurité. 34-Colonel-Major Bah N’Daw : Défense et Anciens combattants. 35-Colonel-major Salif Traoré : Sécurité et de la Protection Civile. Trois cas exceptionnels : 1-Lieutenant-colonel puis Général ATT : Président du Conseil des ministres. 2-Commissaire Divisionnaire Mahamadou Diagouraga : Commissaire au Nord avec rang de ministre. 3-Général de Brigade Amadou Sagafourou Guèye, Grand Chancelier des Ordres Nationaux du Mali assimilé à un ministre (depuis mars 2017). Remontant le cours de l’histoire de notre pays, cette présentation se fait dans l’ordre chronologique de leurs nominations et avec leurs grades de l’époque. 1-Capitaine Yoro Diakité, chef du Gouvernement ensuite ministre d’Etat chargé des Transports, des Télécommunications et du Tourisme puis ministre d’Etat chargé de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité : Né le 17 octobre 1932 à Bangassi (Cercle de Kita), En 1956-1957, il fréquente l’Ecole de formation des officiers ressortissants des territoires d’Outre-mer (Efortom) de Fréjus en France (1ère Promotion) et fait son stage de spécialisation à l’Ecole d’Application d’Infanterie de Saint-Maixent. Engagé dans l’Armée française, Yoro Diakité est affecté à Thiès au Sénégal en 1960, année à laquelle il intègre le Bataillon de la Fédération du Mali. Ainsi, en août-novembre 1960, Yoro Diakité fait partie du contingent malien (sous mandat de l’Onu) envoyé au Congo-Léopoldville (l’actuelle Rdc) pour soutenir les partisans nationalistes de Patrice Lumumba. A son retour, il est promu lieutenant et contribue à la mise en place effective de l’Armée nationale. Il sert ensuite à Tombouctou puis à Bamako à l’Etat-major. A la création en 1962 de l’Ecole militaire Interarmes (Emia), basée à Kati, sous l’autorité du Général Abdoulaye Soumaré Commandant en chef des Forces armées maliennes, le lieutenant Yoro Diakité assume les fonctions du 1er directeur des Etudes (1962-1964). En 1964-1965, Yoro Diakité est engagé au Tanganyka (Tanzanie) comme Instructeur des combattants de la « Ligne de front » en Afrique australe où des Mouvements de libération nationale se battent contre la domination coloniale et l’Apartheid en Afrique du Sud. En 1965, le Capitaine Yoro Diakité regagne le Mali et réoccupe le poste de directeur des études de l’Emia et ensuite commandant de cette école, après la disparition en octobre 1964 du Général A. Soumaré. Au même moment, le militaire Yoro Diakité s’essaie dans l’écriture romancière avec «Une main tendue», (Editions populaires du Mali, 1969) mais préalablement préfacée par le président Modibo Kéïta à quelques mois de sa chute le 19 novembre 1968. Ce jour-là, le Capitaine Yoro Diakité est parmi les tombeurs du même Modibo Kéïta et devient le 1er vice-président (N°2) du Comité militaire de libération nationale (Cmln), la junte militaire qui a mis fin à la 1ère République du Mali. Ce groupe d’officiers putschistes était composé de 10 lieutenants (Moussa Traoré, Youssouf Traoré, Filifing Sissoko, Amadou Baba Diarra, Karim Dembélé, Kissima Doukara, Tiécoro Bagayoko, Missa Koné, Joseph Mara et Mamadou Sanogo) et de 4 capitaines : Charles Samba Cissoko, Malik Diallo, Mamadou Sissoko et Yoro Diakité. Celui-ci avait l’avantage d’être le directeur de l’Emia ayant comme commandant en second le lieutenant Moussa Traoré, le désormais N°1 de la Junte et chef de l’Etat. En plus de son poste de 1er vice-président du Cmln, le capitaine Yoro Diakité est désigné président du Gouvernement provisoire formé dès le 22 novembre 1968. Il demeure le chef dudit Gouvernement remanié à 4 reprises en l’espace de10 mois (novembre 1968 – septembre 1969). A travers la modification de l’Ordonnance N°1/CMLN du 28 novembre 1968 portant organisation des pouvoirs publics en République du Mali, le caractère « provisoire » du Gouvernement est supprimé par l’Ordonnance N°47/CMLN du 29 août 1969. Trois semaines après, le capitaine Yoro Diakité est déclassé de la présidence du Gouvernement lors du remaniement du 19 septembre 1969 qui a vu le président Moussa Traoré prendre effectivement les rênes de l’Exécutif. Le capitaine Diakité se retrouve ministre d’Etat chargé des Transports, des Télécommunications et du Tourisme (19 septembre 1969 – 10 septembre 1970) puis ministre d’Etat chargé de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité (10 septembre 1970 – 28 novembre 1970). Tombé en disgrâce, il est arrêté le 9 mars 1971 avec son compagnon, le capitaine Malik Diallo, tous deux accusés de « complot contre la sûreté de l’Etat ». Le 26 mars suivant, les deux capitaines, respectivement 1er vice-président et commissaire à l’Information du Cmln, sont exclus de cette junte. Jugés en août 1972 par la Cour de Sûreté de l’Etat, ils sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Tous deux déportés au bagne de Taoudéni, le capitaine Yoro Diakité qui avait signé en février 1969 le Décret de création de ce « Centre de rééducation », y meurt en détention dans des conditions atroces, le 13 juin 1973. 2-Capitaine Charles Samba Cissoko, ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité puis Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : Né le 5 janvier 1932 à Kaolack au Sénégal, il intègre l’Ecole des Enfants de Troupe de Dakar. Sous-officier de l’armée coloniale française, Charles Samba Cissoko participe à la Guerre d’Indochine (1953-1954). Après avoir fréquenté l’Efortom de Fréjus, il regagne le Mali avec le grade de lieutenant en 1962. L’année suivante, on lui confie le commandement de la Garde présidentielle jusqu’en 1967. Année à laquelle il est muté à Tessalit pour commander le détachement de la Compagnie militaire de Gao. C’est de Tessalit que le capitaine Charles Samba Sissoko rejoint diligemment à Bamako les putschistes du 19 novembre 1968. A la formation du premier gouvernement Cmln, le 22 novembre suivant, il est nommé ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité. Charles Samba Cissoko devient ensuite ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, du 10 septembre 1970 au 8 mars 1978, date de son arrestation suite aux « Evénements du 28 février 1978 ». Absent du pays au moment de l’arrestation du trio Kissima-Karim-Tiécoro, accusé de fomenter un coup d’Etat, le capitaine Charles Cissoko, membre du Cmln et ministre des Affaires étrangères est, à son tour, mis aux arrêts dès son retour d’une mission à Tripoli en Libye. Il est accusé de complicité de tentative d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. On le suspectait de devenir le futur chef de l’Etat au cas la tentative du coup d’Etat contre Moussa Traoré aboutissait. Tout comme les autres officiers supérieurs arrêtés, il est cassé de son grade de colonel, dégradé au rang de soldat de 2ème classe puis dépouillé de ses distinctions honorifiques de l’Ordre national. Il rejoint le groupe de militaires impliqués dans les « Evénements du 28 février 1978 ». Jugé avec ses compagnons d’infortune par la Cour spéciale de sûreté de l’Etat, il est condamné à la peine de travaux forcés. Il purge cette peine au bagne de Taoudeni et sera libéré en 1983. Le colonel à la retraite Charles Samba Cissoko que nombre d’observateurs étiquetaient de « l’intellectuel du Cmln » est décédé, le 18 juillet 2000 à Bamako, des suites d’une maladie de longue durée. 3-Chef d’escadron (Commandant) Balla Koné, ministre de l’Information et de la Sécurité : Les écoles de Gendarmerie nationale sont localisées dans un Centre d’instruction baptisé « Caserne Balla Koné ». Elles sont à Faladiè, à la sortie de Bamako, route de Bougouni. Ce choix s’explique notamment par le fait que le lieutenant B. Koné fut le premier « chef de corps » de la Gendarmerie malienne, crée le 1er Septembre 1960. Déjà, le 15 février 1959, à la demande de Modibo Kéïta, président de la République Soudanaise et président du Conseil de Gouvernement de la Fédération du Mali, le capitaine Pinana Drabo est chargé de créer l’Armée nationale soudanaise. Dans cette tâche, le capitaine Pinana Drabo s’est entouré des capitaines Kélétigui Drabo et Sékou Traoré ainsi que le lieutenant Balla Koné qui venait de rentrer au pays. En juillet 1960, le capitaine Balla Koné est le commandant en second du chef d’escadron Claude Mademba Sy à la tête du Bataillon de la Fédération du Mali composée de 250 éléments dont 138 soldats soudanais envoyés au Congo (Zaïre) sur sollicitation de Patrice Lumumba confronté à des troubles causés après l’indépendance du pays secoué par les sécessionnistes du Katanga dirigés par Moïse Thiombé. Après cette mission, Balla Koné s’attèle à la création de la Gendarmerie nationale. Promu chef d’escadron (commandant) le 30 août 1963, il continue, avec d’autres jeunes officiers, à poser et consolider les jalons fondateurs de cette gendarmerie qui est restée sous son commandement jusqu’en novembre 1968 quand il fut nommé ministre de l’Information chargé de la Sécurité dans le premier gouvernement du Cmln. Au remaniement ministériel du 19 septembre 1969, le chef d’escadron Balla Koné quitte le gouvernement pour devenir l’Administrateur – Délégué de la ville de Bamako (1969-1970). Né le 1er juillet 1920 à Bougouni, Balla Koné embrasse très tôt le métier des armes en fréquentant successivement les Ecoles des Enfants de troupe de Kati (1935-1937) et de Saint-Louis au Sénégal (1937-1939). Engagé spécial dans l’armée française au sein du 1er Régiment des Tirailleurs sénégalais, il participe à la seconde Guerre mondiale (1939-1945) au cours de laquelle il est fait prisonnier en mai 1942 à Madagascar. Libéré, le soldat Balla Koné est affecté en Sierra Leone avant de séjourner, après les hostilités, dans plusieurs pays sous domination française : Algérie, Maroc, Tunisie, Sénégal, Gabon, Guinée et Dahomey (l’actuel Bénin). Entre 1946 et 1953, il participe à la Guerre d’Indochine avant de se retrouver en Algérie où il gagne ses galons de sergent-chef. Nommé le 1er janvier 1957 au grade de Sous-lieutenant, il est admis au concours d’entrée de l’Efortom de Fréjus. De là, il intègre en 1958 l’Ecole de formation de Gendarmerie de Melun et en sort avec le grade de lieutenant le 27 septembre 1959. Quelques semaines passées, Balla Koné retourne au bercail après son affectation à la Compagnie d’état-major des troupes d’outre-mer de l’AOF à Dakar. A Bamako, il est mis à la disposition du Groupement de gendarmerie du Soudan sous commandement français. Il prête serment au Tribunal avant de prendre fonction comme adjoint au commandant des Gardes-cercles. Ceux-ci relevant de la gendarmerie deviennent « Gardes républicains » sous l’idée de Balla Koné, leur commandant en chef entre janvier et septembre 1960. L’éclatement de la Fédération du Mali (entre le Sénégal et Soudan) dans la nuit du 19 au 20 août 1960 accélère la mise en place des Forces armées soudanaises. Le 1er septembre 1960, le corps des « Gardes républicains » (désormais commandé par le Capitaine Boubacar Traoré –père du futur président Dioncounda Traoré) est détaché du corps de la Gendarmerie placée sous le commandement de Balla Koné. Celui-ci reste à ce poste jusqu’au coup d’Etat du 19 novembre 1968. S’en est suivi son expérience gouvernementale (novembre 1968-septembre 1969). Ayant déjà fait valoir ses droits à la retraite depuis le 22 janvier 1970, le fondateur de la Gendarmerie malienne est décédé le 16 décembre 1985 à Bamako. 4-Lieutenant Moussa Traoré, président du Cmln, président du Gouvernement, puis ministre de la Défense nationale : Moussa Traoré Celui qui a présidé aux destinées du Mali du 19 novembre 1968 au 26 mars 1991, détient le record de longévité (22 ans 4 mois 6 jours) à la tête d’un pays qui a connu, de la proclamation de son indépendance le 22 septembre 1960 à nos jours, 3 Républiques et 6 chefs d’Etat (Modibo Kéïta, Moussa Traoré lui-même, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré et Ibrahim Boubacar Kéïta). Né le 25 septembre 1936 à Sébétou (Cercle de Kayes), Moussa Traoré fréquente l’Ecole des Enfants de Troupe de Kati (1950 -1954) et sert dans l’infanterie coloniale à travers plusieurs garnisons au Soudan-français, en Guinée, en Mauritanie, au Sénégal et en France où il fréquente l’Efortom de Fréjus (1960-1961). D’où il sort Major de sa promotion. Il rejoint alors le Mali, nouvellement indépendant pour intégrer la nouvelle Armée malienne. Il est revenu au pays avec le grade de Sous-Lieutenant, le Brevet de parachutiste et le Brevet de spécialisation en «Administration générale militaire». ll est immédiatement affecté comme Instructeur permanent à l’EMIA de Kati, créée en 1962. Dans cette nouvelle école il a contribué à la formation des officiers des premières promotions, entre 1962 et 1968. Promu lieutenant en 1963, il participe en 1964-1965, aux côtés du capitaine Yoro Diakité et du lieutenant de Gendarmerie Bakary Traoré «Brodequin», au Tanganyika (Tanzanie) à la formation des combattants nationalistes (ANC en Afrique du Sud, Swapo en Namibie, Frelimo en Mozambique et Mpla en Angola) engagés dans les pays dits de la « ligne de front » en Afrique australe. De retour au pays, il renoue avec ses fonctions d’instructeur militaire : il a pu former 5 promotions de la Milice populaire instituée par le régime socialiste de l’US-RDA parallèlement à ses devoirs de formateur à l’Emia de Kati dont il devient, sous le capitaine Yoro Diakité, le commandant en second jusqu’au 19 novembre 1968. Ce jour-là, il se trouve au cœur des opérations de coup d’Etat militaire qui a renversé le président Modibo Kéïta. Bien que chef des putschistes et chef de l’Etat, le lieutenant Moussa Traoré n’était pas, pour autant au début de l’ère Cmln, le chef du Gouvernement plutôt présidé par le capitaine Yoro Diakité qui, en 10 mois (novembre 1968-septembre 1969), a dirigé quatre équipes ministérielles. Mais les ambitions personnelles et les luttes de positionnement interne au Cmln amènent le président du Cmln, le lieutenant Moussa Traoré à prendre la tête du Gouvernement le 19 septembre 1969. Mettant ainsi fin au bicéphalisme qui régnait alors au sommet de l’Etat. A ce niveau, il bénéficie une ascension atypique dans la hiérarchie militaire : du grade de lieutenant, il est promu colonel à titre exceptionnel (1er octobre 1971) ensuite Général de Brigade (octobre 1978) puis Général d’Armée (mars 1982). Après une décennie de régime d’exception sous la houlette du Cmln interdisant toute activité politique, est née le Parti unique de droit dénommé l’Union démocratique du peuple malien (Udpm), selon les dispositions de la Constitution du 2 juin 1974. Le Général Moussa Traoré préside les travaux du Congrès constitutif de l’Udpm (28-31 mars 1979). Il en est élu secrétaire général du Bureau exécutif central (BEC). Poste auquel il est réélu aux congrès ordinaires de février 1982, de mars 1985 et de mars 1988. De ce fait, il est l’unique candidat du Parti qui est élu puis réélu lors des élections présidentielles de juin 1979 puis de juin 1986. N°1 du Parti, président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des Armées, le Général Moussa Traoré est, de mars 1979 à mars 1991, président de la « Direction nationale et Instance suprême du Parti », le Conseil national de l’Udpm, au titre des officiers généraux. Il a aussi présidé le Conseil supérieur de la Défense ainsi que la Commission de la Défense nationale, l’une des Commissions de travail sur lesquelles s’appuie le BEC dans ses missions d’ «Organe exécutif de la Direction du parti qui l’élit». Au plan international, l’histoire retient qu’il est le seul chef de l’Etat malien à avoir assuré la présidence en exercice de l’Organisation de l’Unité Africaine (1988-1989). Une Oua dont l’un des pères fondateurs est le premier président malien, Modibo Kéita (25 mai 1963 à Addis Abeba en Ethiopie). Après son mandat panafricain, le Général Moussa Traoré commence à subir la contestation ouverte des partisans du multipartisme. Resté campé sur sa position de tenir le 4ème Congrès ordinaire de l’Udpm (prévu pour fin mars 1991) qui déciderait de l’ouverture politique tant exigée, le président Moussa Traoré est renversé par un coup d’Etat militaire opéré par le lieutenant-colonel ATT, le commandant de la Garde présidentielle, parachevant l’insurrection populaire qui secouait un régime très contesté par des forces démocratiques. L’une des premières mesures des nouvelles autorités du pays a été, dès le 8 avril 1991, la mise en disponibilité de huit (8) Officiers Généraux en activité : le Général d’Armée Moussa Traoré ; les Généraux de Division Amadou Baba Diarra, Filifing Sissoko et Sékou Ly ; les Généraux de Brigade Abdoulaye Ouloguem, Mamadou Coulibaly, Amara Danfaga et Sory Ibrahima Sylla. Ils seront tous aussi libérés du service actif à partir du 16 juillet 1991. Arrêté, poursuivi et accusé d’être le premier responsable des tueries des événements de Janvier-Mars 1991 et de détournements de deniers publics, l’ex-chef de l’Etat est condamné (deux fois) à la peine de mort. D’abord, au procès dit « Crimes de sang » (novembre 1992 – février 1993), à l’issue duquel il est condamné à la peine capitale avec les Généraux Mamadou Coulibaly (ministre de la Défense) et Sékou Ly (ministre de l’Intérieur) et le Colonel Ousmane Coulibaly (chef d’Etat-major général des Armées). Six années plus tard, le Général Moussa Traoré écope de la même peine de mort au terme du procès « Crimes économiques » (12 octobre 1998 -12 janvier 1999). Cette peine est commuée en détention à perpétuité par le président Alpha Oumar Konaré qui, le 29 mai 2002, accorde la grâce présidentielle au Général Moussa Traoré et à son épouse. Depuis, le 2ème président du Mali vit en retraite et jouit de ses droits d’ancien chef d’Etat en résidant dans une villa d’Etat à Djicoroni-Para, Secteur Edm-sa. 5-Lieutenant Youssouf Traoré, ministre de l’Information puis ministre de l’Education nationale : En 1960-1961, il fréquente l’Efortom à Fréjus en France. Rentré au pays pour renforcer les premiers pas de l’armée nationale, le jeune officier devient chef de la Garde républicaine avant d’être affecté à la garnison de Kati où il commande une compagnie. C’est de son poste qu’il prend une part déterminante dans la préparation et l’exécution du coup d’Etat du 19 novembre 1968. Selon plusieurs versions, les deux principaux concepteurs de ce putsch sont les lieutenants Moussa Traoré et Youssouf Traoré, deux amis et camarades de Fréjus. Si le premier est devenu le N°1 de la Junte Cmln, le second y a occupé le poste de Commissaire aux conflits, puis Chargé des Relations publiques et porte-parole en raison de son talent oratoire. Né le 1 octobre 1935 à San, le lieutenant Youssouf Traoré entre au gouvernement le 19 septembre 1969. C’est la 5ème équipe ministérielle du Cmln, mais la première effectivement présidée par Moussa Traoré. Le natif de San est nommé au poste de ministre de l’Information qu’il occupe jusqu’au 25 septembre 1975. Après la période houleuse de l’adoption de la Constitution du 2 juin 1974 suivie des luttes intestines au Cmln autour des militaires (politiques) dans les casernes, Yousssouf Traoré revient en force pour épauler Moussa Traoré dont l’autorité était de plus en plus sapée par le clan Kissima-Tiécoro. Nommé le 7 janvier 1978 ministre de l’Education nationale, il joue un rôle très actif dans les événements du 28 février 1978 en conduisant presque les opérations d’arrestation du trio Kissima-Tiécoro-Karim Dembélé et compagnie. A l’issue du congrès constitutif de l’Udpm (28-31 mars 1979), il est élu secrétaire à l’Information et à la Culture du Bureau exécutif central du Parti. Le colonel Youssouf Traoré quitte ainsi son ministère le 28 juin 1979 lors de la formation du 1er gouvernement de la 2ème République du Mali. Mais en raison, entre autres, de l’aggravation de la crise scolaire qui a culminé avec l’assassinat le 17 mars 1980 du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral et la fermeture des établissements d’enseignements secondaires et supérieurs, les deux amis Moussa et Youssouf vont se brouiller. Le colonel Youssouf Traoré est contraint de démissionner de toutes ses fonctions politiques en avril- mai 1981. Il quitte incognito le pays pour un exil entre le Togo et la Haute-Volta (l’actuel Burkina) où il s’établit. De sa situation de réfugié politique, il ne ménage aucun effort pour combattre en dehors du pays le régime de Moussa Traoré. A la chute de celui-ci, le 26 mars 1991, il rentre au bercail quelques semaines. Dès son retour en avril 1991 d’exil politique à Ouagadougou, le colonel Youssouf Traoré est le président – fondateur du Parti Ufdp. Ce parti a remporté lors des premières législatives de l’ère démocratique les 4 sièges parlementaires à San. Son président fut ainsi député pendant la 1ère mandature 1992-1997. Après avoir pris une part très active dans l’animation de l’opposition (Fsd, Rfp, Coppo), il soutient l’action du président ATT (2002-2012). De 2008 à 2012, il fut aussi membre de l’équipe d’experts (Comité Daba Diawara) chargée de la réflexion sur la consolidation de la démocratie puis membre du Comité d’appui aux réformes politiques au Mali. A l’accession du président IBK à la magistrature du pays, l’Ufdp est membre de la Convention de la Majorité présidentielle. Depuis son retour au bercail en 1991, le colonel à la retraite Youssouf Traoré vit chez lui à Djicoroni-Para, non loin de la résidence de son frère d’armes, le Général Moussa Traoré. Deux voisins très bien appréciés dans leur voisinage et très respectés dans leur dévotion par les notabilités musulmanes du Quartier. 6-Lieutenant Amadou Baba Diarra, ministre des Finances et du Commerce puis ministre du Plan ensuite ministre d’Etat chargé de l’Equipement : Né vers 1933 à Diéna (Cercle de Koutiala), il est le Major de la 1ère Promotion (1962-1964) de l’Emia à Kati. Auparavant, il avait servi dans l’armée française entre 1953 et 1961. Il s’engage comme volontaire en mars 1962 dans l’Armée malienne. Spécialiste des blindés, il fut successivement : Aspirant (octobre 1964) ; Sous-lieutenant (février 1965) ; lieutenant (février 1967) ; capitaine (octobre 1971) ; chef de bataillon (janvier 1974) ; lieutenant-colonel (février 1978) ; colonel (octobre 1980) ; Général de Brigade (octobre 1982) et Général de Division (octobre 1986). En termes de responsabilités, il occupe les postes d’Officier de Sport (juillet 1966), d’Officier adjoint du service auto (août 1966), d’adjoint au commandant de l’escadron Blindé basé à Kati en 1967. De là, il participe au renversement du président Modibo Kéïta le 19 novembre 1968. Le lieutenant Amadou Baba Diarra occupe ainsi le poste de 2ème vice-président du Cmln jusqu’au 3 mai 1973 où il devient le 1er vice-président. Auparavant, il est nommé ministre des Finances et du Commerce (19 septembre 1969 – 3 mai 1973) puis ministre du Plan, du 25 septembre 1975 au 4 mai 1978. Date à laquelle il redevient ministre des Finances et du Commerce jusqu’au 28 juin 1979. Au congrès constitutif de l’Udpm en mars 1979, le lieutenant-colonel Amadou Baba Diarra en est le secrétaire général adjoint (le N°2 du BEC). Il reste à ce poste jusqu’au congrès de mars 1988. Entretemps, il fut ministre d’Etat chargé de l’Equipement du 6 juillet 1982 au 31 décembre 1984, date à laquelle il est promu ministre d’Etat chargé du Plan jusqu’au 6 juin 1986. Tombé en disgrâce, il est écarté de son poste de N°2 du Parti lors du congrès (le dernier de l’Udpm) de mars 1988 pour se voir confier, sept mois après, la présidence du Conseil économique et social (une institution constitutionnelle nouvellement créée) qu’il dirige jusqu’à la fin de la 2ème République balayée par le coup d’Etat du 26 mars 1991. Brièvement interpellé mais sans être inquiété outre mesure par les nouvelles autorités, il avait tenté de former un parti politique à la faveur de l’instauration du multipartisme. Cependant, la suite des événements l’en dissuaderont. Le Général Amadou Baba Diarra fait partie du groupe d’Officiers Généraux mis en disponibilité, début avril 1991, puis libérés du service actif à partir du 16 juillet 1991. Il s’est éteint le 19 mai 2008 à Bamako. 7-Lieutenant Joseph Mara, ministre de la Justice : Il est issu de la 2ème promotion de l’Emia (Février 1965), il fait partie des 14 membres du Cmln. Au moment du putsch du 1968, le lieutenant Joseph Mara commandait l’unité d’artillerie de la garnison de Kati. Il fut ministre de la Justice, du 10 septembre 1970 au 25 septembre 1975. Pendant la même période, il dirige la Délégation spéciale de la mairie de la ville de Kati. Il est nommé capitaine en 1970 puis commandant en 1972 et lieutenant-colonel en 1975. Suite aux « Evénements du 28 février 1978 » marqués par l’arrestation de plusieurs officiers accusés de tentative de coup d’Etat et de détournement de deniers publics, le colonel Joseph Mara, toujours membre du Cmln, est nommé trois mois après président de la Commission de lutte contre les crimes d’enrichissement illicite, principalement chargée de mener rapidement des enquêtes sur les malversations financières des officiers mis aux arrêts. Le 2 janvier 1979, il sera lui-même arrêté sur dénonciation des proches des officiers arrêtés ainsi que des opérateurs économiques et cadres des sociétés et entreprises d’Etat interpelés. Les dénonciateurs ont informé le Cmln de certaines pratiques du président de la Commission d’enquête au cours des investigations. Joseph Mara rejoint ses ex-compagnons dans les bagnes du Nord. Il sera jugé et condamné à 10 ans d’emprisonnement. Il purge la moitié de cette peine à Taoudéni. Il recouvre la liberté en 1983 et séjourne à Lagos (Nigéria). Il regagne le Mali à la suite du changement de régime intervenu en mars 1991. Dans le cadre de la réconciliation nationale, les nouvelles Autorités du pays décident de réhabiliter tous les militaires impliqués dans les « Evénements du 28 février 1978 ». Au compte des survivants desdits événements, l’ex-ministre de la Justice Joseph Mara est désigné par ses compagnons d’infortune pour suivre leur dossier de réhabilitation. Ils seront tous rétablis dans tous leurs droits avec rappel de solde, de pensions et d’autres compensations financières. Joseph Mara n’est plus de ce monde, mais quelques années après, son nom est évoqué dans le débat politique national par les adversaires de son fils Moussa Mara qui a réussi une ascension fulgurante en devenant, en si peu de temps, un acteur majeur du paysage politique malien : challenger du Député IBK en commune IV de Bamako (2007), deux fois maire de ladite commune (2009 et 2011), porte-drapeau du parti Yélèma (Le Changement, créé en avril 2010) candidat malheureux à la présidentielle de juillet 2013, ministre de la Politique de la Ville (septembre 2013 – avril 2014) et Premier ministre (avril 2014 – janvier 2015). Présentement, Moussa Mara se prépare pour les joutes présidentielles de 2018. 8-Lieutenant Karim Dembélé, ministre des Transports, des Télécommunications et du Tourisme, ministre des TP et des Transports : Né en 1939 à Koutiala, il est issu de la 1ère promotion de l’Emia (1962-1964). Il fut Officier commando parachutiste et spécialisé dans la navigation aérienne. On raconte qu’il fut coopté au Cmln après le coup d’Etat du 19 novembre 1968. Le lieutenant Karim Dembélé fut notamment le chef de Cabinet du capitaine Yoro Diakité alors ministre d’Etat chargé des Transports, des Télécommunications et du Tourisme, du 19 septembre 1969 au 10 septembre 1970. Date à laquelle lui-même deviendra le titulaire de ce même ministère jusqu’au 25 septembre 1975. A partir de cette date, son département devient ministère des Transports et des Travaux publics qu’il quitte suite à son arrestation le 28 février 1978. Avec ses compagnons d’infortune (les lieutenants-colonels Kissima Doukara et Tiécoro Bagayoko), Karim Dembélé constitue le trio d’officiers mis aux arrêts le 28 février 1978 «pour haute trahison, diffusion de secrets d’Etats, mensonges et spéculations », selon le président Moussa Traoré dans un message radiodiffusé annonçant l’échec de la déstabilisation de son régime. Evoquant le cas de l’ex-ministre des Transports et de TP, le chef de l’Etat a voulu prendre à témoin ses compatriotes en affirmant qu’«en ce qui concerne l’ex-lieutenant-colonel Karim Dembélé, je laisse le soin à vous, Maliennes et Maliens, de constater ce qu’il a pu réaliser en si peu de temps et à Bamako et à Koutiala et à l’étranger ». Au terme du « Procès politique de la Bande des Trois » à Bamako, du 18 au 22 octobre 1978, le désormais soldat de 2ème classe Karim Dembélé est condamné à 20 ans de travaux forcés pendant que ses deux compagnons de malheur écopent de la peine de mort. A l’issue du « Procès économique de la Bande des Trois » à Tombouctou les 8 et 9 janvier 1979, l’ex- ministre des TP et des Transports, Karim Dembélé, est condamné à 10 ans de travaux forcés. Il purge cette peine à Taoudéni avant d’être libéré en 1988. Après la chute du président Moussa Traoré, les « insurgés » du 28 février 1978 ont été réhabilités et remis dans leurs droits. Jouissant de ses droits à la retraite, le colonel à la retraite Karim Dembélé est décédé le 15 septembre 2010 aux USA. 9-Lieutenant Kissima Doukara, ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité : Né en 1934 à Wolocoro (près de Mourdiah, Cercle de Nara), il est issu de la 2ème promotion de l’Emia (février 1965). Au moment du coup d’Etat du 19 novembre 1968, le lieutenant Kissima Doukara, Officier d’Infanterie, commandait le centre d’instruction au sein de la garnison de Kati. Membre du Cmln, il devient le tout-puissant Mdis : ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité, du 28 novembre 1970 jusqu’à son arrestation le 28 février 1978 pour tentative de coup d’Etat qu’il aurait fomenté avec d’autres compagnons d’armes que sont principalement Tiécoro Bagayogo et Karim Dembélé. Leur arrestation est annoncée dans la soirée dans un message radiodiffusé du chef de l’Etat, le colonel Moussa Traoré qui précise que « (…) pour éviter une éventuelle effusion de sang dont notre peuple n’a que faire, le Comité militaire de libération nationale a décidé d’arrêter les ex-lieutenant-colonels Kissima Doukara, Karim Dembélé et Tiécoro Bagayogo, respectivement ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité, ministre des Transports et de Travaux publics et Directeur général des Services de Sécurité, pour haute trahison, diffusion de secrets d’Etats, mensonges et spéculations (…) ». Ils furent par la suite désignés par le journaliste Vincent de Paul Traoré de Radio-Mali « la Bande des Trois », étiquette largement diffusée par L’Essor et adoptée dans les milieux politico-intellectuels. Toujours dans son message du 28 février 1978, le président Moussa Traoré a tenu à souligner particulièrement qu’ «en ce qui concerne l’ex-lieutenant-colonel Kissima Doukara, qu’il a été le président de la Commission nationale d’Aide aux victimes de la Sécheresse au Mali [1973-1975] et qu’il a eu, à ce titre, à utiliser de manière frauduleuse les ressources provenant de la vente des céréales.[…] Ajoutons à cela, ses réalisations cossues qui dépassent largement le cadre de ses moyens et aussi et surtout la division qu’il a sciemment créée au sein de l’Armée en instituant un véritable îlot de prospérité dans un désert de misère. La discipline était bafouée et la hiérarchie méconnue. ». Retenus comme cerveaux du complot, les désormais soldats de 2ème classe Kissima Doukara et Tiécoro Bagayogo sont jugés et condamnés à la peine de mort au terme du « Procès politique » d’octobre 1978 à Bamako. Au « Procès économique » de janvier 1979 à Tombouctou : l’ex-ministre de la Défense écope encore de la peine capitale et l’ex-patron des Services de sécurité s’en sort avec la peine de 5 ans d’emprisonnement. A l’instar d’autres compagnons d’infortune, Kissima Doukara est mort en détention dans des conditions effroyables au bagne de Taoudéni, le 15 septembre 1983. 10-Commandant Mamadou Sanogo, ministre de la Justice : Père de notre confrère Salif Sanogo, cet Officier natif de Konsébougou (Sikasso) fait partie de la 2ème promotion de l’Emia (1965). Il est diplômé de l’Ecole de Génie militaire de Tachkent (ex-Urss) et de l’Ecole supérieure de génie de Fort Belvoir aux USA. Il fait partie des 14 officiers qui ont renversé le président Modibo Kéïta, le 19 novembre 1968. A cette période, le lieutenant Mamadou Sanogo commande l’unité du Génie au sein de la garnison de Kati. Le coup d’Etat réussi, se forme la junte dite le Cmln dont fut membre Mamadou Sanogo, durant toute le règne du Cmln (novembre 1968- Mars 1979). A la suite du coup d’Etat, le lieutenant Mamadou Sanogo assume les fonctions de commandant du Bataillon du Génie militaire (1968-1975). C’est de ce poste, avec son grade de commandant, que Mamadou Sanogo entre au gouvernement le 25 septembre 1975 en qualité de ministre de la Justice jusqu’au 28 juin 1979, formation du premier gouvernement de la IIème République sous le Parti unique constitutionnel Udpm. Le lieutenant-colonel Mamadou Sanogo quitte ce ministère pour devenir l’Attaché militaire (le tout premier dans l’histoire de notre Armée) à l’ambassade du Mali à Moscou (1979-1982). A son retour au bercail, le colonel Mamadou Sanogo est nommé 1er Inspecteur en chef (1982-1991) de l’Inspection des Armées et des services rattachés à la Défense nationale (Iasdn, créée en novembre 1982 puis devenue en 1995 l’Inspection générale des Armées et Services, Igas). Il commande ce service jusqu’à son départ à la retraite en août 1991. Au plan politique, il participe, à l’instar d’autres Officiers supérieurs et Généraux, aux travaux des congrès et sessions de la direction nationale en siégeant au Conseil national de l’Udpm dont il fut membre entre 1982 et 1991. Après la chute du président Moussa Traoré, le colonel Mamadou Sanogo fait partie du groupe d’Officiers supérieurs libérés, par décret du 16 juillet 1991, du service actif (après plus de 35 ans d’engagement). Il est décédé le 29 janvier 1999 à l’âge de 67 ans. 11-Lieutenant-colonel Missa Koné, ministre de la Santé et des Affaires sociales : ‘’Un Officier fouettard’’, c’est l’image que retiennent de lui les usagers de l’axe Bamako-Bougouni des années 1970. A l’époque, membre du Cmln (organe dirigeant du pays), Missa Koné se déplaçait très fréquemment entre la capitale et son terroir de Banimonitié. En cours de route, il n’hésitait à descendre de son véhicule, cravache en main, pour « corriger les indisciplinés ». A la même période, faisaient florès les railleries de la gent enseignante très remontée contre le niveau intellectuel des militaires au pouvoir. Une anecdote a même prospéré caricaturant un échange hors du commun entre deux célèbres homonymes (N’toma en bamanakan) Moussa au sein du Cmln. Leur dialogue à la veille d’un remaniement ministériel était ainsi résumé. -«N’toma, je voudrais te nommer ministre, est-ce que tu pourras… », questionne le président Moussa Traoré. Réponse de son frère d’armes et homonyme Missa Koné : «Oui, N’toma, je pourras ! Je pourras bien… ». Affabulation, dénigrement ou réalité ! En tous cas, le lieutenant-colonel Missa Koné fut ministre de la Santé et des affaires sociales entre le 7 janvier 1978 et le 28 juin 1979. Durant ses 18 mois aux affaires, Missa Koné s’est montré «très pragmatique et direct avec ses collaborateurs », selon plusieurs professionnels du secteur socio-sanitaire de l’époque. D’aucuns soutient qu’« il est l’un des meilleurs ministres de la Santé » du Mali. Sans détour, sa méthode était empreinte de la rigueur et de la stricte discipline militaires. Formé à la base par l’armée coloniale, Missa Koné fait partie des premiers sous-officiers de la nouvelle Armée malienne. Il s’y engage sans calculs. Entre le 20 décembre 1961 – 23 mars 1962, Missa Koné, élément de la 3ème de la Compagnie Para de Bamako, a représenté l’Armée (avec Sékou Diarra et Boubacar Sissoko du 1er Bataillon de Ségou) au premier séminaire de formation accélérée de journalistes à Bamako. Les 25 Auditeurs qui ont été formés avaient été désignés par l’US-RDA. Après cette formation, Missa Koné fit partie de la 1ère Promotion de l’Emia (1962-1964), spécialisé en navigation aérienne. D’abord simple membre du Cmln constitué le 19 novembre 1968, le capitaine Missa Koné en est promu commissaire à l’Information le 3 mai 1973. Après son expérience gouvernementale (janvier 1978 – juin 1979), le colonel Missa Koné fut, à l’instar d’autres officiers, membre du Conseil national de l’Udpm (1979-1991). Au sein de l’Armée, il dirige le Service Matériels et Bâtiments des Armées (SMB), de 1979 à 1982. Il devient par la suite le directeur des Services de Santé des Armées (1982-1992). En septembre 1992, il est nommé Inspecteur des Armées à l’Iasdn où il reste jusqu’à son départ à la retraite en 1994-1995. 12- Chef de Bataillon (Commandant) Sékou Ly : ministre de l’Education nationale, ministre de la Défense nationale, puis ministre de l’Intérieur et du Développement à la Base : Avec Filifing Sissoko, il est resté parmi le carré des fidèles du Général Moussa Traoré durant les 23 années du pouvoir de celui-ci. Et l’histoire retient que Sékou Ly est le seul ministre qui a siégé dans les 13 gouvernements formés sous la 2èeme République qui a vécu presque 12 années au Mali (juin 1979 – mars 1991). Décédé le 28 janvier 2012 à Bamako, le Général à la retraite Sékou Ly a reçu un émouvant témoignage de l’ex-président qui, lors la commémoration du 2ème anniversaire de la disparition de son compagnon d’armes, s’est exceptionnellement confié à la presse en ces termes : « Quand mes parents sont morts, je n’ai pas pleuré. Lorsque j’ai enterré ma propre sœur, je n’ai pas pleuré non plus. Mais je n’ai pas séché mes larmes quand j’ai appris la mort de Sékou Ly. Depuis ce jour à maintenant, je pense à lui. Et je prie Dieu, le Tout puissant, de lui accorder sa grâce et sa paix éternelles ». Ces propos suffisent à démontrer les étroites relations d’amitié et de fraternité entre les deux Généraux qui ont partagé les joies et les peines de la gestion des affaires publiques. Après avoir loyalement soutenu le président du Cmln contre les « insurgés du 28 février 1978 », le Chef de Bataillon Sékou Ly a fait son entrée au gouvernement, le 4 mai suivant, en qualité de secrétaire d’Etat à l’Intérieur. Il devient par la suite ministre de l’Intérieur et de l’Urbanisme, du 28 juin 1979 au 2 août 1982. Ensuite, le lieutenant-colonel Sékou Ly s’occupe du ministère de l’Education nationale (2 août 1980 – 6 juin 1986). Promu Général de Brigade en octobre 1984, le fidèle ami du président Moussa Traoré bénéficie encore de la confiance de ce dernier qui se décharge du ministère de la Défense nationale pour lui (6 juin 1986 – 6 juin 1988). Après cette expérience, le chef de l’Etat récupère la Défense et redonne au Général Sékou le ministère de l’Education nationale qu’il gère jusqu’au dernier remaniement du régime UDPM, effectué le 8 juin 1991. Ce jour-là, Sékou Ly est nommé ministre de l’Intérieur et du développement à la Base pour faire face à la montée dans la rue et dans les médias privés de la contestation des associations politiques, des organisations syndicales ainsi que des défenseurs des droits humains réclamant fortement l’instauration du multipartisme Mali. Ces contestataires auront gain de cause en raison du coup d’Etat militaire intervenu le 26 mars 1991 à la suite d’une féroce répression des mouvements populaires. Dans la foulée, les principaux dignitaires de la 2ème République, notamment le président Moussa Traoré, les membres du BEC-Udpm ainsi que les ministres sont tous mis aux arrêts. Ils sont traduits devant la Cour d’assises de Bamako qui, au terme du procès dit « Crimes de sang » (novembre 1992 – février 1993), condamne à mort le président Moussa Traoré, les Généraux Mamadou Coulibaly (défense) et Sékou Ly (Intérieur) de même que le colonel Ousmane Coulibaly, chef d’État-major général des Armées. La peine capitale infligée à Sékou Ly est commuée en détention à perpétuité en décembre 1997. En mai 2002, l’ex-ministre bénéficie de la grâce présidentielle qui le libère. Né en 1933 à Ségou, Sékou Ly est incorporé le 16 mars 1953 comme engagé volontaire dans l’armée française. Affecté à la garnison de Kati, il sert au détachement militaire autonome n°3 à la Compagnie de commandement de Kati, ensuite au Bataillon autonome de transport, de commandement et des services, puis au Régiment d’infanterie coloniale. Sékou Ly gagne les galons de Caporal (1954) puis de Sergent (1956) avant de séjourner à Dakar puis à Alger. Par la suite, il fréquente l’Ecole militaire des officiers de Strasbourg en France (1960-1961). Faisant partie des premiers soldats engagés dans la nouvelle Armée malienne, Sékou Ly obtient successivement les grades d’Aspirant (septembre 1961), de Sous-lieutenant (octobre 1962), de capitaine (octobre 1971), de chef de Bataillon (février 1976), de lieutenant-colonel (octobre 1978), de colonel (octobre 1982), de Général de Brigade (octobre 1984) et enfin de Général de Division le 5 novembre 1988. De retour au bercail après ses études à Strasbourg, Sékou Ly est muté au 2ème Régiment d’Infanterie à Ségou. Il fut ensuite Instructeur permanent à l’Emia à Kati puis chef du service auto de l’Armée. Après son apport logistique au coup d’Etat du 19 novembre 1968, il se trouve dans le cercle restreint du président Moussa Traoré. Il ne fut pas membre du Cmln, mais sert à Nioro du Sahel où il commande la 3ème Compagnie d’Infanterie. Cumulativement à ses devoirs de chef militaire, il exerce les fonctions de président de la Délégation spéciale de la mairie de la ville de Nioro (1969-1970). Il retourne après à Bamako pour devenir l’Administrateur de la capitale entre 1970 et 1977. C’est de là qu’il entre au gouvernement le 5 mai 1978 et y reste jusqu’à la fin du régime de Moussa Traoré, le 26 mars 1991. Immédiatement, Sékou Ly fait partie du groupe d’Officiers Généraux mis en disponibilité début avril 1991 puis libérés du service actif à partir du 1er août 1991. Au titre des Officiers, Sékou Ly participe à tous les congrès et sessions du Conseil national de l’Udpm (1979-1991). Au-delà de ses fonctions d’homme d’Etat, nombre de ses compatriotes retiennent de lui sa forte passion pour l’agriculture et l’élevage dans les périphéries bamakoises. Pour la « promotion de la race chevaline », expression qu’il affectionnait tant, il a marqué une longue présence à la tête de la Fédération malienne de hippisme. On lui reconnait surtout son initiative d’avoir su importer des oiseaux de races différentes au Mali. Adepte passionné de la colombiculture, nombre de Bamakois ne cessent d’évoquer les « Pigeons Sékou Ly ». Cette passion pour les animaux, le Général Sékou Ly l’a maintenue jusqu’à son dernier jour, le 28 janvier 2012. En guise de reconnaissance, ses anciens camarades de la Coopérative multifonctionnelle de la colombiculture et de l’aviculture du Mali ont organisé la 1ère foire d’exposition des « Pigeons Sékou LY », le 28 janvier 2014, marquant la date anniversaire de sa mort. Parmi les personnalités présentes au Palais de la Culture Amadou Hampaté BA ce jour-là, il y avait de façon remarquée le parrain de l’événement, l’ex-président, son frère d’armes et compagnon fidèle, le Général Moussa Traoré. 13-Lieutenant-colonel Sory Ibrahima Sylla, ministre de l’Intérieur : Engagé en 1951 dans l’armée française où il sert au 7ème Régiment des tirailleurs sénégalais basé à Dakar, il gagne rapidement les grades de caporal (1952), de caporal-chef (1954) et de sergent (1956). L’année suivante, il est admis au Centre de formation des sous-officiers de l’Afrique noire et de Madagascar à Dakar où il obtient le grade de sergent-chef en 1958. Sory Ibrahima Sylla intègre alors l’Efortom de Fréjus et en sort sous-lieutenant en 1960 et subit immédiatement son stage de spécialisation à l’Ecole d’Application d’Infanterie de Saint-Maixent. A l’instar d’autres jeunes officiers compatriotes, il rentre en 1961 pour participer à la mise en constitution de l’Armée malienne. Nommé lieutenant en 1962, il devient le commandant du Groupe nomade d’Araouane (près de Tombouctou). Une année plus tard, il est affecté à Ségou pour commander la 2ème Compagnie du Bataillon d’Infanterie. Promu capitaine en 1964, Sory Ibrahima Sylla devient le commandant de la 3ème Compagnie du Bataillon Mali-Ouest de Kayes (1966-1968). C’est de là qu’il suit le renversement du président Modibo Kéïta. Ses compagnons d’armes putschistes le changent de fonction en le nommant Gouverneur de la Région de Kayes (1968-1969). Il est ensuite Gouverneur de la Région de Sikasso (1969-1972). Par la suite, le chef de Bataillon (depuis1971) Sory Ibrahima Sylla se retrouve Gouverneur de la Région de Bamako pendant cinq ans. A la faveur de la réforme administrative territoriale, Bamako est érigée en District et Koulikoro devient la capitale de la 2ème Région dont le Gouverneur est Sory Ibrahima Sylla. A la suite des « Evènements du 28 février 1978 »’, le président de la Commission d’enquête, le Colonel Joseph Mara, est relevé et remplacé par Sory Ibrahima Sylla pour quelques mois entre 1978-1979. Avec ses galons de lieutenant-colonel obtenu en septembre 1979, il assume brièvement les fonctions de chef d’État-major de l’Armée de Terre (mars-août 1980). La même année, il est désigné Représentant du Mali aux Commissions d’organisation de la Défense de la Cedeao, de l’Anad et de l’Oua. A la faveur de la formation du Gouvernement du 2 août 1980, lieutenant-colonel Sory Ibrahima Sylla est promu ministre de l’Intérieur jusqu’au 6 juillet 1982. Quelques mois plus tard, il est nommé Ambassadeur du Mali en Algérie, de novembre 1982 à juin 1984. De retour au pays, le président Moussa Traoré lui confie le poste de chef de Cabinet militaire de la Présidence de la République (1985-1986). C’est la période du second conflit frontalier entre le Mali et le Burkina (décembre 1986). Suite à des défaillances dans le commandement opérationnel sur le terrain, le chef d’État-major général des armées, le Général Boukary Sangaré est relevé et remplacé temporairement en 1986 par Sory Ibrahima Sylla. A ce titre, il participe aux travaux de la Commission d’arbitrage dudit conflit auprès de la CIJ à la Haye. Promu colonel en octobre 1986, il est nommé Adjoint au chef d’Etat-major général des Armées (Cemga). Portant les étoiles de Général de Brigade depuis octobre 1988, il reste à ce poste d’adjoint au Cemga jusqu’en mars 1991 avec la chute du régime Udpm. Ce Parti unique constitutionnel, il le connaissait pour avoir, au titre des Ambassadeurs puis des Officiers, participé aux congrès et sessions du Conseil national de l’Udpm en tant que membre (1988-1991). Immédiatement après la fin de la 2ème République, le Général Sory Ibrahima Sylla fait partie du groupe d’officiers mis en disponibilité, début avril 1991, puis libérés du service actif à partir du 1er août 1991. A la retraite, le vieux Général est resté actif en s’illustrant notamment comme parrain des opérateurs économiques comme le grand distributeur Bakoré Sylla ou d’acteurs politiques tel Soumaïla Cissé, candidat à la présidentielle de 2002. Suite à une maladie de longue durée, l’infatigable Officier Général est décédé le 18 juillet 2006 à Bamako et repose auprès de ses ancêtres à Mourrah (près de Djénné) où il vit le jour en 1932. 14-Lieutenant-colonel Abdourahamane Maïga, ministre de l’Intérieur puis ministre de l’Administration territoriale et du Développement à la Base : Son passage au gouvernement est notamment marqué par la gestion du dossier d’arbitrage du différend frontalier Mali – Burkina. Durant la dernière semaine de décembre 1985, les deux armées se sont affrontées dans la zone frontalière dite « Bande de l’Agacher » pour la seconde fois après le 1er conflit armé de 1974-1975. « Guerre des pauvres » pour des médias français, « Guerre de Noël » pour d’autres chroniqueurs, les hostilités de décembre ont été rapidement sanctionnées par une victoire des forces maliennes, selon de nombreux d’observateurs avisés. Malgré tout, après le cessez-feu obtenu grâce à la médiation africaine, les deux pays s’en référent à la Cour Internationale de Justice qu’ils avaient déjà saisie depuis septembre 1983. Le verdict de la CIJ tombe le 22 décembre 1986 : le Burkina conserve au Nord-Est de la zone convoitée la mare de Soum et la rivière de Béli ; le Mali garde à l’ouest son emprise administrative sur les quatre villages disputés (Dioulouna, Kounia, Selba et Douna). Ce verdict est l’aboutissement de plusieurs mois d’audiences à la Haye. Le dossier malien est défendu par une délégation conduite par le ministre de l’Administration territoriale et du développement à la Base, le colonel Abdourahamane Maïga. Né le 23 novembre 1932 à Gao, Abdourahamane Maïga est engagé dans l’Armée française avant de fréquenter l’Efortom de Fréjus. Après l’indépendance du Mali, il regagne son pays natal en novembre 1960. Dans la nouvelle armée nationale, il assume notamment les fonctions de commandant d’unités militaires dans les zones du Sahel. Après le coup d’Etat du 19 novembre 1968, il vire dans le commandement territorial en devenant le Gouverneur de la Région de Mopti (1968-1968) puis celle de Ségou (1969-1976) et celle de Sikasso (1976-1979). Il revient à Bamako pour siéger à la Cour spéciale de Sûreté d’Etat qui a notamment jugé les « insurgés du 28 février 1978 ». La même année 1979, il est promu Ambassadeur du Mali en Guinée jusqu’en son entrée au gouvernement le 6 juillet 1982 en qualité de ministre de l’Intérieur. Six années après, il est reconduit à la tête du même département qui prend la dénomination de ministère de l’Administration territoriale et du développement à la Base. Le désormais colonel Maïga quitte ce poste le 6 juin 1988 pour devenir ambassadeur du Mali en Egypte ayant sous sa juridiction plusieurs pays d’Afrique de l’Est (Ethiopie, Soudan, Kenya, Somalie, Djibouti) et australe (Angola, Mozambique, Zambie, Zimbabwé). Il y vécut l’indépendance de la Namibie et le début du système raciste de l’Apartheid avec la libération de Nelson Mandela, le 11 février 1990. L’Ambassadeur Abdourahamane Maïga s’était même impliqué auprès des dirigeants de l’ANC pour faire venir au Mali le charismatique Mandela en février 1990. Ce projet de voyage presqu’au point est contrarié par les mouvements contestataires (dont le Club Nelson Mandela) du régime Udpm. A la chute de ce régime, les nouvelles autorités du pays ont procédé au rappel de plusieurs ambassadeurs dont le colonel Abdourahamane Maïga. Celui-ci fera d’ailleurs partie du groupe de colonels libérés du service actif à partir du 1er août 1991. Bien qu’à la retraite, le colonel Abdourahamane Maïga est resté au service de la patrie en présidant la Commission de suivi du Pacte National rattaché au commissariat au Nord chargé de gérer le retour de la paix et du développement dans les régions septentrionales après les affres causées par la rébellion arabo-touarègue des années 1990-1994. Depuis son départ à la retraite, il fait partie des principaux animateurs de l’Amicale des Anciens Ambassadeurs et consuls Généraux du Mali dont il assume présentement la présidence. 15-Commandant Issa Ongoïba, ministre de la Justice ensuite de l’Agriculture puis de l’Administration territoriale et du Développement à la Base : Depuis fin 1994, il est le président de l’Association nationale des Anciens combattants, Veuves et Victimes de guerre au Mali. Courant 2010, à la faveur des activités de célébration du Cinquantenaire de la proclamation de l’indépendance du Mali, le colonel Ongoïba, membre de l’Association des Témoins et Grands Témoins, a fait de nombreuses contributions sur l’historique de l’Armée malienne. Une armée qu’il connait parfaitement pour avoir été l’un de ses acteurs majeurs de cette époque. Né en 1934 à Niangassakou (Cercle de Douentza), Issa Ongoïba est engagé dans l’armée française le 1er août 1953. On le spécialise en Transmission-Radio-Télégraphe. Il a combattu dans les rangs des troupes françaises opposées aux combattants pour la libération de l’Algérie (1956-1958). Inscrit en 1959 au Centre de perfectionnement des sous-officiers à Dakar (donnant accès à l’Efortom), sa formation d’Officier à Fréjuis coïncide avec l’accélération des événements menant à l’Indépendance du Mali. Celle-ci acquise, le groupe de jeunes officiers soudanais en formation en France rentrent au bercail. Pour doter la nouvelle armée nationale d’officiers d’encadrement, les autorités maliennes créent l’Emia. Issa Ongoïba est issu de la 1ère Promotion (1962-1964). La sortie de la vingtaine de jeunes officiers maliens coïncide avec le déploiement de l’armée pour mettre fin à la 1ère rébellion au Nord-Mali. Après avoir vécu celle-ci, plusieurs officiers dont Issa Ongoïba restent dans les zones septentrionales du pays. La plupart d’entre eux deviennent cumulativement des chefs militaires et des autorités administratives locales. Le lieutenant Ongoïba occupe, à partir de 1965, le poste de chef d’Arrondissement de Boureïssa puis de Kidal. Après la chute du président Modibo Keïta, le Cmln procède à la militarisation accrue de l’administration malienne. Le lieutenant Isssa Ongoïba est ainsi nommé directeur général de l’Office du Niger (novembre 1968 – avril 1980). Durant ses 11 années de gestion, il a marqué les différentes zones à travers de grands travaux d’aménagement dont le célèbre canal « Cost-Ongoïba », du nom de ses réalisateurs, un Ingénieur français et le directeur malien. Celui-ci, devenu Commandant Issa Ongöiba en 1977, quitte l’Office pour devenir Gouverneur de la Région de Gao, de mai 1980 jusqu’au 6 juillet 1982. Date à laquelle il entre au gouvernement en qualité de ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Le 31 décembre 1984, avec son grade de lieutenant-colonel, il est promu ministre de l’Agriculture jusqu’au 15 février 1988. A cette date, il redevient ministre de la Justice pendant presque cinq (5) mois. Le 6 juin 1988, il est nommé ministre de l’Administration territoriale et du Développement à la Base. A ce poste, il fait face aux premières contestations de rue des associations politiques réclamant la démocratie pluraliste au Mali. Face à la recrudescence des manifestations populaires (marches et meetings) accentuées par les mouvements des élèves et étudiants, le tout relayé par une presse privée de plus en plus virulente contre le régime, les caciques de l’Udpm estiment « molle » la gestion de crise par M. le ministre de l’Administration territoriale. Le colonel Issa Ongoïba quitte ainsi le gouvernement le 8 janvier 1991. Son remplaçant, le Général Sékou Ly, n’a pu endiguer lesdites manifestations qui sont sévèrement réprimées à partir de mi-janvier. La révolte populaire s’accentue, une partie de l’Armée sous l’égide du lieutenant-colonel ATT opère, le 26 mars 1991, un coup d’Etat, mettant fin au pouvoir du président Moussa Traoré. Quelques mois après, le colonel Issa Ongoïba (après 40 ans d’engagement) fait partie du groupe d’officiers libérés du service actif à partir du 1er août 1991. De cette période à nos jours, il s’occupe des activités de l’Association nationale des Anciens combattants, des Veuves et Victimes de guerre au Mali qu’il préside depuis 23 ans. 16-Général Abdoulaye Ouologuem, ministre Délégué auprès du ministre de la Défense nationale : Il fut l’Aide de camp du président Modibo Kéïta (1960-1968). Son choix découle de ses valeurs intrinsèques militaires et d’engagement nationaliste à l’époque. Né le 19 janvier 1931 à Kita, Abdoulaye Ouologuem fréquente les Ecoles d’Enfant de troupe de Kati et de Saint-Louis (Sénégal) avant d’être incorporé dans l’armée française le 26 février 1950. A Kati, il est successivement promu caporal (juillet 1951), caporal-chef (deux mois plus tard) et sergent (janvier 1953). Trois mois plus tard, il débarque à Marseille pour commander le Groupement d’instruction des troupes coloniales de Marine de Fréjus. Le 1er septembre 1953, il rallie Saigon (Indochine) où lors des combats il est blessé grièvement quand son véhicule a sauté sur des mines antichars. Evacué à Dakar pour des soins, il est nommé exceptionnellement sergent-chef en 1955. Rétabli, il regagne le 19 juin 1959 Bamako où il est affecté à la Compagnie de transit du Soudan. De là, il prépare le cours préparatoire de l’Efortom qu’il intègre avec le grade d’Adjudant obtenu en janvier 1958. Après acquisition de son Brevet de chef de section à sa sortie de l’Efortom (2ème promotion, 1958-1959), Abdoulaye Ouologuem poursuit sa formation en France à l’Ecole d’Application d’Infanterie de Saint-Maixent (1959-1960). Après la proclamation de l’Indépendance du Mali, le sous-lieutenant Abdoulaye Ouologuem regagne la patrie le 1er novembre 1960 pour les besoins de la jeune armée nationale. En son sein, il monte régulièrement de grades : lieutenant (septembre 1961), capitaine (septembre 1963), chef de Bataillon (septembre 1973), lieutenant-colonel (octobre 1980), colonel (octobre 1983) et Général de Brigade (octobre 1986). En termes de postes de responsabilités, il dirige brièvement le 1er Bureau de l’État-major de l’Armée de terre, avant d’être nommé Aide de camp du président Modibo Kéïta jusqu’au renversement du pouvoir de celui-ci le 19 novembre1968. Après le coup d’Etat, le capitaine Ouologuem est nommé Commandant de Cercle de Nara (1968-1972) avant d’être promu Gouverneur de la Région de Sikasso (1972 – 1976) puis de celle de Ségou (1976-1978). Suite aux « Evénements du 28 février 1978 », le commandant Ouologuem est doublement désigné intérimaire du chef d’Etat-major de l’Armée de Terre et de la Gendarmerie. La même année 1978, il revient au 1er Bureau de l’Etat-major de l’Armée de Terre avant de devenir chef de Cabinet militaire du ministre de la Défense et commandant de l’Emia. En 1986, il redevient directeur du Cabinet militaire du ministre de la Défense nationale. De ce poste, il devient ministre Délégué auprès du ministre de la Défense nationale, du 6 juin 1988 au 12 septembre 1989. Il quitte ainsi le gouvernement et n’exerce plus de responsabilités à cause de sa gestion décriée des ressources de l’Intendance militaire. Il reste Général sans fonctions jusqu’à la chute du président Moussa Traoré. Le 26 mars 1991, on le voit s’afficher aux côtés des putschistes lors de leur première apparition publique à la Maison du Peuple puis à la Bourse du Travail. Début avril 1991, le Général Abdoulaye Ouloguem fait partie du groupe d’officiers mis en disponibilité, puis libérés du service actif à partir du 1er août 1991. Sa retraite est quelque peu perturbée par de fréquentes pressions politico-médiatiques relatives à l’«Affaire de Intendance militaire ». Le Général ex-ministre Délégué à la Défense connaitra une brève interpellation judiciaire suivie de mise aux arrêts, début avril 1996. Le dossier « Intendance militaire » refait ainsi surface quelques semaines seulement après le 7ème congrès ordinaire de l’US-RDA. A l’instar de plusieurs compagnons du président Modibo Kéïta, le Général Ouloguem est reconduit dans son rôle de Conseiller politique auprès du Bureau politique national du Parti de l’indépendance. Cette désignation du Général Ouologuem n’a pas surpris nombre d’observateurs qui avaient noté un certain activisme politique de l’ancien ministre. Celui-ci, n’ayant pu réussir à se rapprocher des putschistes de mars 1991, prit par contre une part très active dans le retour de l’US-RDA sur l’échiquier politique avec son Congrès extraordinaire de renaissance, fin juillet 1991. Le Général Ouologuem y fera même un témoignage sur le président Modibo Kéïta, en évoquant ses derniers instants avec celui-ci qui venait d’être arrêté à Koulikoro par les auteurs du coup d’Etat du 19 novembre 1968. L’US-RDA renait de ses cendres et Abdoulaye Ouloguem et d’autres anciens accompagnent les jeunes cadres dans l’animation du Parti. Mais, au fil des ans, avec les querelles intestines et batailles judiciaires qui ont déchiré cette formation politique, le Général Ouologuem s’éloigne progressivement de l’arène partisane. Des suites d’une longue maladie, il est décédé à Bamako le 10 décembre 2009. Pour son rôle de pionnier de l’Armée malienne et avoir été notamment le commandant de l’Emia pendant 7 années académiques (1978-1985), les Autorités du pays l’ont immortalisé en baptisant en son nom, en août 2010, la 32ème promotion de ladite Ecole. 17-Général Mamadou Coulibaly, ministre Délégué auprès du ministre de la Défense nationale puis ministre de la Défense nationale : Né le 1er juillet 1938 à Kati, il a fréquenté l’Ecole des Enfants de Troupe de Kati (1950-1951) ensuite l’Ecole des Enfants de Troupe de Bingerville en Côte d’Ivoire (1951-1953) puis l’Ecole des Enfants de Troupe de Saint-Louis au Sénégal (1953-1957). Il sert par la suite dans l’Armée française, de 1957 à 1961, année à laquelle il regagne la patrie. Après un stage de Génie militaire en Urss (1961-1962), Mamadou Coulibaly fait partie de la 1ère promotion de l’Emia (1962-1964). Pour la spécialisation en aviation, il subit un stage aux USA, notamment à l’Ecole des Cadets de l’Air du Texas (1963-1965). De retour au bercail, il commande, de 1965 à 1975, le Groupement tactique aérien (ancêtre de notre Armée de l’Air). A la création de celle-ci par une Ordonnance du 6 février 1976, Mamadou Coulibaly en devient le 1er chef d’État-major pendant dix ans également (1976-1986). C’est pendant cette période que l’Officier aviateur est victime d’un crash aérien qui le handicapera considérablement au niveau de ses membres inférieurs. Malgré les séquelles, il reste sous le drapeau avec « dignité, courage et dévouement ». Il est ensuite nommé chef d’Etat-major général des Armées (novembre 1986 – septembre 1989) en assumant les charges de commandant de l’Emia. Auparavant, il avait été promu Général de Brigade aérienne le 1er octobre 1987. Au dernier Congrès de l’Udpm, il fait son entrée dans le BEC au poste de Trésorier Général du Parti, de fin mars 1988 jusqu’à la chute du régime le 26 mars 1991. Les événements qui ont abouti à cette chute avaient impliqué l’Armée dans la gestion de la crise. Et, à l’époque, le Général Mamadou Coulibaly se trouvait être, depuis seulement le 8 janvier 1991, ministre de la Défense nationale. Une promotion dans un contexte de crise car le promu était déjà, à partir du 12 septembre 1989, le ministre Délégué auprès du ministre de la Défense nationale (le président Moussa Traoré lui-même). Arrêté tout comme d’autres dignitaires (membres du BEC et du Gouvernement) dès les premières heures du coup d’Etat du 26 mars 1991, Mamadou Coulibaly fait partie du groupe d’Officiers Généraux mis en disponibilité, début avril 1991, puis libérés du service actif à partir du 16 juillet 1991. Jugé avec tous les hauts dignitaires de l’Udpm par la Cour d’Assises (novembre 1992 – février 1993) à la peine de mort au terme du Procès dits « crimes de sang », le Général Mamadou Coulibaly bénéficie d’abord de la commutation de sa peine en travaux forcés à perpétuité et, en raison de son état de « grand malade », de ses qualités intrinsèques d’ «officier intègre et sincère » et de l’immense sympathie à lui manifestée à travers le pays, il lui est accordé le 26 décembre 1997 la grâce présidentielle le libérant de la prison. De 2003 à 2010, le président ATT lui a confié la présidence de la Commission d’attribution des Logements sociaux à Bamako. Celui qui était familièrement appelé « Coulou » dans l’Armée et communément appelé « Général Coulou » dans les sphères extramilitaires, est décédé le 20 août 2012 à Bamako des suites d’une maladie de longue durée. 18-Colonel Sambou Soumaré, ministre de la Justice : Dans le cadre de la Fête de l’Armée malienne, célébrée le 20 janvier, c’est lui qui, ces dernières années, assure l’animation (maitre de cérémonie) de la réception (Garden Party) offerte par le chef de l’Etat au Palais présidentiel à la Grande famille des Forces de défense et de sécurité. Le chef suprême des Armées côtoie ainsi une fois l’an le haut commandement militaire accompagné de représentants des éléments de toutes armes et tous grades compris. C’est un grand moment de retrouvailles dans la détente soutenue par les propos d’humour, d’anecdotes et de railleries militaires par le colonel de gendarmerie à la retraite Sambou Soumaré. Très au sérieux, il arrive également à celui-ci de s’exprimer sur l’histoire politique et militaire du Mali à travers interviews, conférences de presse ou tribunes dans les journaux où ses contributions sont signées « Le Colonel-magistrat E.R Sambou Soumaré » (ER : Elément réserviste). Plus explicite, début octobre 2006, Sambou Soumaré, « se sentant diffamé » se disculpe en diffusant un « Droit de réponse – Mise au point » adressé à un hebdomadaire de la place qui l’avait mis en en cause dans la publication d’un ouvrage anonyme et pamphlétaire sur la vie et l’œuvre du président ATT. Cette signature d’autopromotion permet à son auteur de mettre en exergue son parcours de militaire doublé de juriste. Le texte est ainsi longuement signé : «Magistrat Colonel E.R Sambou SOUMARE, diplômé ENA (1961) –Ancien Journaliste 1964 (ci-joint ma Carte de presse N° 2S/1964) – Ancien directeur de la Sécurité d’Etat 1968 – ancien ministre de la Justice Garde des Sceaux – Ancien directeur de la sûreté Nationale – Gradué de Criminalistique, Diplômé de Police Scientifique, de Droit et Criminologie à la Sorbonne Faculté Rue d’Assas, Panthéon Paris II – Diplômé de l’Ecole Métropolitaine de Police de Hendon, (Scotland Yard Londres) Grande Bretagne – Investigateur – Diplômé de l’Ecole de la Magistrature , Ancien Avocat général près la Cour ». Né le 21 janvier 1940 à Bamako, il fréquente l’Ecole des Enfants de troupe de Kati (1952) et est incorporé dans l’Armée française. Inscrit en 1959 au Centre de perfectionnement des sous-officiers à Dakar (donnant accès à l’Efortom), sa formation d’Officier à Fréjuis coïncide avec l’accélération des événements menant à l’Indépendance du Mali. Celle-ci acquise, le groupe de jeunes officiers soudanais en formation en France rentrent au bercail. Sambou Soumaré, comme bien d’autres compagnons, se voit obligé d’être parmi les premiers élèves d’Officiers d’active de la nouvelle Emia dont il est de la 1ère promotion (1962-1964). Il deviendra par la suite officier de renseignements puis directeur de la Sécurité d’Etat jusqu’en 1968. Ensuite, il aura en charge le commandement des compagnies de la gendarmerie de Gao, de Sikasso puis de Kayes (1968-1978). Bien après, de 1980 à 1984, il est Avocat Général près la Cour Spéciale de Sûreté de l’Etat. De là, le lieutenant-colonel Sambou Soumaré est nommé directeur de la Sûreté Nationale (1984-1987), raison pour laquelle la Promotion 2009 d’Elèves-commissaires de l’Ecole Nationale de Police est baptisée en son nom. De 1987 à 1991, il est parmi les Inspecteurs des Armées et Services de Sécurité. De ce poste, il est promu ministre de la Justice, Garde de Sceaux lors du dernier remaniement ministériel effectué par le président Moussa Traoré. Cette promotion intervient dans un contexte sociopolitique marqué par la contestation du régime face aux associations politiques en quête de l‘instauration du pluralisme politique au Mali. La contestation s’élargit avec les mouvements de rue des jeunes diplômés chômeurs, des élèves et étudiants et aussi des magistrats réclamant plus d’indépendance de leur corporation. Fait notable : le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) organise dans les rues de Bamako une marche de protestation entre le Tribunal (centre-ville) et le ministère de la Justice. Face à ce que les durs du régime ont trouvé de vigueur du ministre Mamadou Sissoko, le colonel Sambou Soumaré est commis de gérer la Justice ballotée entre les revendications des magistrats et le traitement judiciaire des cas d’arrestations des manifestants pro-multipartisme. Le nouveau Garde des Sceaux s’y emploie avec détermination et « zèle » en multipliant des interviews radiotélévisées et en répondant même dans la presse privée aux propos et actes de certains leaders contestataires. Ceux-là lui répondront toujours du tact au tact jusqu’à la chute du président Moussa Traoré, le 26 mars 1991. A l’instar d’autres dirigeants du pays, le ministre Sambou Soumaré est mis aux arrêts. Au terme du procès « crimes de sang », il est relaxé par la Cour d’assises en février 1993. Il revient en activité comme Officier de Cabinet au ministère des Forces armées et des Anciens combattants, de 1994 à 1998, année à la fin de laquelle il est admis à faire valoir ses droits à la retraite. En mars-avril 2000, le Barreau malien s’oppose à son accession à l’avocature qu’il avait démarchée, fort de son statut d’ancien magistrat. Il adresse une requête à la Cour d’Appel de Bamako qui lui donne finalement acte d’exercer le métier d’Avocat. Présentement, en plus de ses services d’avocat, le colonel de gendarmerie à la retraite s’implique beaucoup dans les œuvres de développement au profit des communautés du Cercle du Nara (son terroir d’origine). A Bamako, on garde de lui sa passion pour le machinisme agricole dont il est, depuis des décennies, l’un des premiers promoteurs dans les activités paysannes périurbaines. 19-Lieutenant-colonel Tiécoura Doumbia, ministre de la Défense nationale et de la Sécurité intérieure puis Ministre des Transports, des TP et l’Habitat, et enfin ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Né vers 1944 à Kola (près de Koumantou, Cercle de Bougouni), il est diplômé en Cartographie (1962-1966) de l’Ecole des Travaux publics de Bamako (l’actuelle ENI). Tiécoura Doumbia s’engage dans l’Armée en fréquentant l’Emia dont il est issu de la 3ème promotion (1966-1969). Il est également titulaire des diplômes obtenus en France à l’Ecole d’Application de l’Artillerie (1971-1972), à l’Ecole de Guerre de Paris (1989-1990) et au Cours supérieur interarmées de Paris (1990). Auparavant, il a occupé plusieurs postes de commandement militaire et territorial : Commandant d’armes et chef d’Arrondissement de Tessalit (1974-1976), commandant de Groupe d’artillerie (1976), chef du Bureau Instruction de l’Armée de Terre (1978), directeur général de la Sécurité d’Etat (1982-1987), commandant de Zone de Défense N°1 à Gao (1987- 1990). Par la suite, il sert sous l’égide de l’Ecomog (Cedeao) comme chef du contingent malien au Libéria (1990-1991). Au titre des officiers de l’Armée malienne, le lieutenant-colonel Tiécoura Doumbia fut membre du Conseil national de l’Udpm (1982-1991). A la suite de la chute du régime de l’Udpm, Le lieutenant-colonel Tiécoura Doumbia entre au Gouvernement au poste de ministre de la Défense nationale et de la Sécurité intérieure (5 avril-26 août 1991) puis ministre des Transports, des TP et l’Habitat (26 août 1991- 5 juin 1992). Après cette expérience ministérielle, il retourne dans les missions internationales en commandant le contingent malien au Rwanda où il devient aussi le chef d’Etat-major du Groupe d’observateurs militaires (1992-1993). De retour au bercail, il est nommé Gouverneur de la Région de Gao (1994-1998). C’est de son poste de chef d’Etat-major particulier du président de la République où il officiait depuis 1998 que le Général de brigade (1997) puis de division (1999) Tiécoura Doumbia revient dans le gouvernement en qualité de ministre de la Sécurité et de la Protection civile (21 février 2000 – 14 juin 2002). En 2005, il a présidé la Commission nationale d’organisation des festivités du 22 Septembre célébrées à Sikasso avec comme invité d’honneur le président Abdoulaye Wade du Sénégal. Depuis son départ à la retraite en 2006, le Général Tiécoura Doumbia s’implique beaucoup dans les actions de développement communautaire de la ville de Koumantou (dont il est le président de l’Association des ressortissants) et du Cercle de Bougouni. 20-Chef d’Escadron (Commandant) Souleymane Yacouba Sidibé, ministre des Affaires étrangères puis ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile : Né en 1949 à Bamako, il est issu, comme ATT, de la 4ème promotion de l’Emia (Octobre 1972). Il passe sa spécialisation en France en fréquentant l’Ecole des Officiers de gendarmerie de Melun (France), en suivant le cours d’Etat-major des sapeurs-pompiers et de protection civile et en effectuant des stages à la Brigade des sapeurs-pompiers à Paris puis à l’Institut national d’Etudes de la Sécurité civile. Au sein de la gendarmerie, il a assumé les fonctions d’adjoint à la compagnie de Gao, chef du Centre d’instruction puis le commandement du Groupement des Sapeurs-pompiers de Bamako. Il se trouve ensuite à la présidence de la Commission de recouvrement des créances de l’Etat. Il devient après Ambassadeur du Mali en Allemagne démocratique (RDA), en Hongrie et Bulgarie avec résidence à Berlin (1984-1989). Rentré au Bercail, il participe au coup d’Etat du 26 mars 1991. Poète dans l’âme depuis les classes du Fondamental, « Bebel » est une belle plume. On raconte qu’Il est avec le commandant de police Ascofaré, le rédacteur du projet des premiers Communiqués du CRN qu’il a lu sur les ondes de la RTM. Une semaine passée au Conseil de Réconciliation Nationale (CRN) qui s’est auto-dissout en faveur de la mise en place du Ctsp (l’instance dirigeante du pays), le Commandant de gendarmerie est promu dans le premier gouvernement de la Transition au poste de ministre des Affaires étrangères (5 avril – 26 août 1991). Il devient alors le secrétaire permanent du Ctsp avant d’être nommé Ambassadeur du Mali au Canada et au Mexique puis en Ethiopie, de 1992 à 2001. Année à laquelle, il est désigné rapporteur à la Commission Onu-Oua sur le Processus du dialogue inter-congolais. Au retour du Général ATT au pouvoir par la voie des urnes, le colonel Souleymane Yacouba Sidibé devient ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile (14 juin 2002 – 2 mai 2004). En octobre 2007, il est promu au grade de Général de Brigade et de Général de Division en janvier 2011. Entretemps, il est nommé directeur général de l’Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin Bèye de Bamako (Emp-ABB), de 2007 à mai 2014. Depuis, il préside le Conseil d’administration de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser). 21-Lieutenant-colonel Cheick Oumar Diarra, ministre des Transports et des Travaux publics : Né le 30 janvier 1944 à Markala (Ségou), il fut Major de la 3ème promotion de l’Emia (octobre 1969). Il effectue sa spécialisation en 1974 à l’École supérieure de l’aéronautique de Kiev (Union soviétique). Ingénieur d’aviation militaire, il fréquente plus tard l’Ecole d’Etat-major et à l’Ecole de guerre de Paris (1994). Durant sa carrière militaire, Cheick Oumar Diarra gravit progressivement les échelons en devenant successivement : sous-lieutenant (1969), lieutenant (1971), capitaine (1976), commandant (1980), lieutenant-colonel (1986), colonel (1992), Général de Brigade (1997) et Général de Division (1999). Au plan politique et au titre des officiers de l’Armée malienne, Cheick Oumar Diarra fut membre du Conseil national de l’Udpm (1985-1988). Il fut par ailleurs président de la Fédération malienne de football (1985-1988) En termes de responsabilités, il assume de nombreuses fonctions : commandant de la section Télécom à la création de l’Armée de l’air en février 1976, chef d’Etat-major adjoint de l’Armée de l’Air (1979-1986). Chef de la Division programmation de l’État-major général en 1986, il est promu la même année chef de Cabinet du ministère de la Défense nationale. Par la suite, il est nommé directeur de la Sûreté Nationale (1987-1989), ensuite directeur de Cabinet du ministère de la Défense nationale (1989 – 1991). Après avoir appuyé les putschistes du 26 mars 1991, le lieutenant-colonel Cheick Oumar Diarra se trouve en bonne place dans la junte dite CRN, Conseil de réconciliation nationale (CRN). Par la suite, il est promu dans le premier gouvernement de la Transition ministre des Transports et des Travaux publics, du 5 avril au 26 août 1991. A l’avènement de la 3ème République, il devient Inspecteur en chef des forces armées en 1991-1992 avant de devenir Chargé de Mission au ministère de la Défense (1992-1994). Il embrasse alors la diplomatie avec sa désignation comme directeur de la Police civile (Civpol) pour le compte de la Mission des Nations unies au Rwanda (1994-1996). Ensuite, il est commandant de Contingent malien à l’Ecomog (Cedeao) à Monrovia et y assure les fonctions d’officier chef des liaisons et commandant de secteur pour les élections, (1996-1997). Après cette mission sous-régionale, il est choisi comme directeur de la Police civile de la Mission des Nations unies en Centrafrique (1998 – 1999). Avec cette somme d’expériences, le Général Cheick Oumar Diarra est désigné en 2000 Ambassadeur itinérant du Mali auprès de la Cedeao. Au sein de cette organisation sous-régionale, il est promu secrétaire exécutif chargé des Affaires politiques, de la Défense et de la Sécurité. C’est dans l’exercice de ces fonctions qu’il trouve la mort le 22 octobre 2005 lors d’un accident d’avion. Ce fut une ironie du sort que ce Général de Division aérienne se trouvant dans un aéronef de la compagnie privée nigériane Bellview Airlines, a péri dans un crash aérien entre Abuja et Lagos. Pour l’immortaliser, les Autorités ont baptisé en son nom la 29ème promotion de l’Emia (2007). 22-Commandant Lamine Diabira, ministre de l’Administration territoriale : Né en 1950 à Samankidy (Cercle de Kayes), il fut le Major de la 5ème promotion de l’Emia (Octobre 1975). Il fait sa spécialisation de commandant d’escadron de chars en RFA (1977) et suit également le cours d’Etat-major aux USA (1984-1986) avant d’effectuer plus tard un stage de 3ème cycle à l’Institution des Relations internationales et stratégiques de Paris (2006). Sur le terrain, il est successivement affecté à l’Escadron de connaissance à Kati (1975), il fut instructeur permanent à l’Emia (1978), commandant de l’Escadron de reconnaissance de Tombouctou (1980), directeur des Etudes à l’Emia (1982-1983), chef du Bureau Instruction de l’Etat-major de l’Armée de Terre (1983) et Instructeur des cours de perfectionnement d’officiers (1984). Après avoir été chef de Section Etudes et Recherches à l’Etat-major des Armées (1986-1987), il est nommé Gouverneur de la Région de Tombouctou en 1987. La chute du président Moussa Traoré le trouve en mission à l’intérieur de sa région. Il est malgré tout coopté au CRN, Conseil de Réconciliation Nationale (CRN), le groupe d’Officiers putschistes, sous l’égide du lieutenant-colonel ATT qui s’est vite souvenu de leurs contacts antérieurs (1987-1988) pour renverser alors le président Moussa Traoré. Remis à plus tard, leur projet se réalise trois années après. Lamine Diabira devient, pendant 4 mois, ministre de l’Administration territoriale, du 5 avril au 15 juillet 1991. Ce jour-là, il est arrêté pour tentative de coup d’Etat. Après près de deux années de détention, il est libéré par les autorités de la 3ème République en 1993. Il réintègre l’armée et est affecté à l’Etat-major général au poste de chef de Division Emploi (1996). C’est bien plus tard qu’il est nommé, en 2007, directeur du Centre d’Etudes Stratégiques, un service rattaché au ministère des Affaires étrangères. En termes de grades, Lamine Diabira a successivement obtenu les galons de sous-lieutenant (1975), de lieutenant (1977), de capitaine (1982), de commandant (1987), de lieutenant-colonel (1996), de colonel (2000). Durant une décennie, il effectue ses rites musulmans de pèlerinage à la Mecque. Après avoir accompli presque toutes ses obligations qu’il périt accidentellement, le 20 novembre 2010, entre la Mecque et Médine en compagnie du Général Amadou Baba Touré. Il était écrit quelque part que Lamine Diabira ne portera pas les étoiles de Général. Il était inscrit au tableau d’avancement le 1er octobre pour devenir Général à partir du 1er janvier 2011. Le sort en a décidé autrement. 23-Lieutenant-colonel Bakary Coulibaly, ministre délégué à la Sécurité intérieure : Aux premières heures du coup d’Etat du 26 mars 1991, sa présence parmi les putschistes étonne plus. On ne comprenait pas bien que celui qui a dirigé les opérations de maintien d’ordre muées en répression féroce des manifestations populaires soit aux côtés des tombeurs du même régime tombé au prix du sang. Pour qu’il soit adopté au sein de la junte, il a fallu une certaine solidarité de corps. Coincé par ce préjugé défavorable, l’Officier supérieur de gendarmerie ne pouvait qu’être un éphémère ministre délégué à la Sécurité intérieure (5 avril – 26 août 1991). Il quitte le gouvernement pour mettre à l’aise les hautes autorités de l’Etat et pour se mettre au besoin à la disposition des enquêteurs à l’œuvre sur ladite répression sanglante. Le lieutenant-colonel Bakary Coulibaly a été chef d’Etat-major de la Gendarmerie nationale entre octobre 1989 et avril 1991. A ce titre, il a dirigé le Poste de commandement (PC) opérationnel du dispositif du maintien d’ordre des manifestations populaires ayant abouti à la chute du régime Udpm. Cela a valu au colonel de gendarmerie d’être cité parmi les témoins-clés lors du procès « Crimes de sang » (novembre 1992- février 1993). Né en 1950, il est issu de la 4ème promotion de l’Emia (1972). Il poursuit sa formation en France d’abord à l’Ecole des Officiers de gendarmerie de Melun puis à l’Ecole supérieure de Guerre de Paris avant d’intégrer la Faculté de Droit de Paris où il obtient un diplôme en criminologie. Au sein de son corps d’armes, il commande une compagnie puis un Groupement. Il a été aussi Commandant de Cercle de Nara. Après avoir servi au Cabinet militaire du ministère de la Défense, il est promu chef d’Etat-major de la Gendarmerie en 1988. Au plan politique et au titre des officiers de l’Armée malienne, le Commandant Bakary Coulibaly fut membre du Conseil national de l’Udpm (1988-1991). Depuis son départ à la retraite, il gère son entreprise privée de Gardiennage et de Surveillance (Sogesba). 24-Commandant Moussa Diabaté, ministre de l’Administration territoriale puis ministre Délégué à la Sécurité intérieure cumulativement secrétaire d’Etat à l’Action sociale et à la Promotion féminine : Né en 1953 à Kati, il est issu de la 5ème Promotion de l’Emia (octobre 1975) et détenteur bien plus tard d’un Master Degree en sciences militaires obtenu à l’Ecole de Guerre aux USA. Sa carrière est partagée entre les commandements militaire et territorial. Il fut ainsi directeur de peloton à l’Emia, chef d’Arrondissement et commandant du Groupe Nomade de Timétrine (près de Tessalit), Commandant de Cercle à Goundam puis à Niono, directeur général de l’Office du Niger entre septembre 1984 et octobre 1985. Il est nommé plus tard le chef du Bureau des renseignements à l’Etat-major de l’Armée de Terre. C’est de là qu’il apporte son appui aux opérations du coup d’Etat du 26 mars 1991. Il devient ainsi membre du Conseil de Réconciliation Nationale (CRN) devenu le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (Ctsp), la nouvelle instance dirigeante du pays. Le Commandant Moussa Diabaté en est membre, de fin mars au 16 juillet 1991. Date à laquelle il entre au gouvernement en qualité de ministre de l’Administration territoriale en remplacement du commandant Lamine Diabira, mis aux arrêts pour tentative de coup d’Etat. Le 27 décembre de la même année, Moussa Diabaté est nommé ministre Délégué à la Sécurité intérieure jusqu’à la fin de la période de la Transition, le 8 juin 1992. Quelques semaines auparavant (14 mai), il cumule le poste de secrétariat d’Etat à l’Action sociale et à la Promotion féminine. En 1993, il se trouve à la Primature au poste de Conseiller technique chargé des questions de Défense. Ce poste est élevé au niveau de Cabinet militaire sous la responsabilité du colonel Moussa Diabaté qui reste aux affaires jusqu’en 2008. Il prend alors une disponibilité avant son départ à la retraite pour s’établir dans le privé. Depuis, il est promoteur d’une société de négoce d’engrais. 25-Lieutenant-colonel Kafougouna Koné, ministre de la Défense nationale et de la Sécurité intérieure puis ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales : Né en 1944 à Fourou (Cercle de Kadiolo), il fréquente l’Ecole des travaux publics de Bamako (l’actuelle ENI) avant d’intégrer l’Emia dont il est issu de la 3ème promotion (octobre 1969). Il obtient bien d’années après le Brevet de l’Ecole de guerre de Paris. Il est parmi les premiers officiers parachutistes. Après Diby Silas Diarra et Amara Danfaga, le lieutenant Kafougouna Koné a commandé au début des années 1970 le Camp des para-commandos de Djicoroni. En termes d’avancement hiérarchique, il fut successivement sous-lieutenant (1969), lieutenant (1971), capitaine (1976), commandant (1981), lieutenant-colonel (1985), colonel (1991), Général de Brigade (1996) et Général de Division (2000). Il occupe de hautes fonctions militaires : Commandant l’Emia (1978-1979), Commandant de la Zone de défense de Gao. A partir de là, Il commande un bataillon mixte lors de la seconde guerre Mali – Burkina (décembre 1985). Chef de la Division Etudes Générales à l’Etat-major général des armées, chef d’Etat-major de la Gendarmerie (1986-1989), chef d’Etat-major de l’Armée de Terre (1989-1991). C’est à ce poste qu’il suit les opérations de coup d’Etat qui a renversé le président Moussa Traoré, le 26 mars 1991. Les opérations terminées, le chef des putschistes, le lieutenant-colonel ATT, propose à son premier chef de service de prendre la tête de la junte et devenir chef de l’Etat. Offre qu’il décline fermement mais poliment. N’empêche, le lieutenant-colonel Kafougouna siège parmi le groupe d’officiers putschistes organisés en Conseil de Réconciliation Nationale (CRN). Lorsque ce groupe se saborde et se rallie aux associations du Mouvement Démocratique pour créer le Ctsp, Kafougouna Koné siège dans cette instance dirigeante suprême du nouveau Mali. Entre fin mars et mi-août, il commande l’Etat-major général des Armées. Concours de l’histoire, il devient le seul officier supérieur para-commando à siéger au gouvernement. D’abord (lieutenant-colonel) en qualité de ministre de la Défense nationale et de la Sécurité intérieure (26 août 1991 – 8 juin 1992). Ensuite (Général de Division) au poste de ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales pendant près de dix ans (14 juin 2002 – 22 mars 2012). Une décennie auparavant, après la Transition Démocratique, Kafougouna Koné est nommé Ambassadeur du Mali en Chine, au Vietnam, en Thaïlande, en Nouvelle Zélande avec résidence à Pekin (1992-2000). A son retour au bercail, il est placé à la tête de la Délégation Générale aux Elections (DGE), une nouvelle structure chargée de la gestion du fichier national électoral (2001-2002). Après l’élection du Président ATT, le général Kafougouna Koné signe son retour au gouvernement. Il fut le seul ministre à conserver son poste durant toute la période de l’exercice présidentiel d’ATT (juin 2002-mars 2012). Après les événements de Mars 2012, il s’est retiré chez lui loin de toutes activités politiques. Déjà Général de Division à la retraite, cet ancien Officier parachutiste se consacrait notamment aux activités de développement communautaire de son village natal, Fourou, et de sa région, Sikasso. Sa dernière apparition publique fut, en 2015, lors de son aller-retour au pèlerinage musulman à la Mecque. Il n’avait pu s’acquitter de ce devoir religieux malgré qu’il soit le ministre chargé de l’organisation dudit pèlerinage. Alité pendant des mois, il est décédé le 10 mars 2017. 26-Lieutenant-colonel Birama Siré Traoré, secrétaire d’Etat à la Sécurité intérieure puis ministre de l’Administration territoriale chargé des Relations avec le Ctsp et les associations : Né le 3 mars 1944 à Kati, il est issu de la 3ème promotion de l’Emia (octobre 1969). Il poursuit ses études en ex-Urss pour son Brevet de pilotage (1970-1972) et se spécialise en Ukraine après dans le pilotage de MIG-21 en 1973. De retour au pays, il intègre le Groupement tactique aérien qui donne naissance en février 1979 à l’Armée de l’Air malienne. Bréhima Siré Traoré y occupe plusieurs postes, notamment : commandant d’escadrille de chasse, directeur des opérations à l’Etat-major de l’Air, commandant de la Base 100 de Bamako puis chef d’Etat-major adjoint de l’Armée de l’Air. A la fin des années 1980, il a fréquenté l’Ecole de Guerre et le Cours supérieur interarmées de Paris. Bien des années plus tard, il est promu Général de Brigade aérienne en 1996 puis Général de Division en 2000. Au plan politique, le lieutenant-colonel Bréhima Siré Traoré siège au Ctsp, du 8 avril au 26 août 1991. Date à laquelle, il entre au gouvernement en qualité de secrétaire d’Etat à la Sécurité intérieure. Par la suite, il est nommé ministre de l’Administration territoriale chargé des Relations avec le Ctsp et les associations, du 27 décembre 1991 au 8 juin 1992. A ce ministère, il fut l’organisateur en chef du processus électoral du début 1992 pour la mise en place de la 3ème République : référendum constitutionnel, élections municipales, législatives et présidentielles. Outre cette œuvre gigantesque, l’histoire retient que c’est le ministre Bréhima Siré Traoré qui a signé, le 11 avril 1992, au nom du Gouvernement du Mali, le Pacte National conclu avec les mouvements de la rébellion arabo-touarègue de 1990. C’est fort de cet acte que les hautes autorités de la 3ème République l’ont nommé Commissaire au Nord avec avantages de ministre (Décret N°92-081/P-RM du 5 septembre 1992). Il dirige les premiers pas de cet organe de mise en œuvre du Pacte National (gestion du Problème du septentrion malien) jusqu’au 21 juillet 1994. Par la suite, il assume les fonctions d’Inspecteur Général des Armées et Services (1994). Il boucle sa carrière de serviteur de l’Etat comme l’ambassadeur du Mali en Russie (2005 -2011) Du fait du parti unique, il fut durant les années 1980, au titre des officiers de l’Armée malienne, membre du Conseil national de l’Udpm. Aussi, après son départ à la retraite en 2006, il s’est beaucoup engagé dans les structures associatives et politiques soutenant le président ATT : Mouvement Citoyen puis le parti Pdes. Le Général à la retraite Birama Siré Traoré s’est éteint le 28 décembre 2016 à Tunis à la suite d’une évacuation médicale. 27-Commandant de Police Modibo Sidibé, ministre de la Santé, de la Solidarité et des Personnes âgées, ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l’Extérieur puis ministre secrétaire général de la Présidence de la République et enfin Premier ministre : Il est le détenteur d’un record en matière de pratique gouvernementale au Mali, c’est celui de participation aux sessions du Conseil des ministres. En effet, d mai 1992 (en qualité de directeur de Cabinet du président du Ctsp, chef de l’Etat) à fin mars 2011, Modibo Sidibé a signé sa présence à toutes les réunions hebdomadaires du gouvernement, sauf s’il est absent de Bamako. Ce qui fait de ce policier passionné de tennis de court, un grand connaisseur des dossiers de l’Etat du Mali démocratique de ces 26 dernières années. Né à Bamako le 7 novembre 1952, Modibo Sidibé est diplômé du « Cycle officier » de l’Ecole Nationale de Police (1977). Etant donné que la Police avait un statut militaire à cette époque (1973-1983), il a pu obtenir un Brevet de parachutiste (1977) et un Brevet d’armes (1978). En plus, il est titulaire de plusieurs diplômes : Maîtrise en droit public (1976, Perpignan en France), Diplôme d’études approfondies (DEA) en sciences pénales et criminologie (1979 à Aix-en-Provence en France), DEA en théorie politique (1983 à Reims en France), Doctorat en sciences pénales et criminologie (1983 à Aix-en-Provence) et un Certificat de droit des conflits armés (1985 à San Remo en Italie). Ces parchemins lui ont permis d’enseigner des cours de criminologie à l’ENA de Bamako entre 1985 et 1992. [] Fonctionnaire de police, Modibo Sidibé sert notamment au poste de Commissaire adjoint du 1er Arrondissement de Bamako (1978) puis de Commissaire intérimaire de l’Aéroport de Bamako-Sénou et d’Officier à la Division Exploitation à la Direction nationale de la Police. Au milieu des années 1980, il quitte les Unités de la Police pour la haute administration en devenant chef de Bureau au Cabinet du ministre de la Défense (1984 – 1986)). Il devient ensuite Conseiller technique (1986-1989) puis chef de Cabinet au ministère délégué à la Défense (1989 – 1991). Après la chute du président Moussa Traoré, l’officier de Police devient directeur de Cabinet du ministre délégué à la Sécurité intérieure (1991-1992). Fin avril 1992 et à quelques encablures de la fin de la Transition Démocratique, il est nommé directeur de Cabinet avec rang de ministre du chef de l’Etat, le lieutenant-colonel ATT, président du Ctsp. A l’avènement de la 3ème République, notamment sous Alpha Oumr Konaré, le commandant de Police Modibo Sidibé entre au 1er gouvernement du Mali démocratique en qualité de ministre de la Santé, de la Solidarité et des Personnes âgées (9 juin 992 – 16 septembre 1997). Suite à la réélection du Président, Modibo Sidibé devient ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, du 16 septembre 1997 au 8 juin 2002. Il est ainsi le seul ministre à rester aux affaires durant les 10 années du président Alpha Oumar Konaré à Koulouba. Et dès le lendemain de l’investiture du président ATT, l’Officier supérieur de Police est promu secrétaire général de la Présidence de la République avec rang de ministre. Il occupe cette fonction jusqu’au 28 septembre 2007. Ce jour-là, il est nommé Premier ministre. Il assume les fonctions de chef du Gouvernement jusqu’au 3 avril 2011. Après cette longue expérience gouvernementale, l’Inspecteur Général de Police (équivalent de Général dans l’Armée) se met dans la peau de présidentiable pour les joutes électorales prévues en avril 2012. Mais son ambition est bloquée par les « Evènements du 22 mars 2012 ». Se fondant sur des liens étroits du célèbre « Jimmy le flic » de la politique malienne avec le Général ATT, les sbires des putschistes du 22 mars 2012 ont arrêté Modibo Sidibé dans la foulée de leur prise violente du pouvoir. Même libéré le 27 mars 2012, l’ex-chef du Gouvernement a continué à être dans le collimateur des nouveaux « Maitres de Bamako ». Il entre alors dans une semi-clandestinité jusqu’à l’approche de l’élection présidentielle de juillet 2013. Modibo Sidibé prend part à cette compétition électorale en se classant 4ème sur 27 candidats alignés au 1er tour. Quatre années passées, l’Inspecteur Général de Police à la retraite et son parti FARE Anka Wili préparent, présentement et méthodiquement, le scrutin présidentiel de 2018. S’étant ancré dans l’opposition depuis l’accession au pouvoir du président IBK, il y a quatre ans, l’ancien proche collaborateur du président ATT dirige une alliance politique appelée le Nouveau Pôle politique de la Gauche républicaine et démocratique (NPP), lancé début mars dernier. 28-Lieutenant-colonel Sada Samaké, ministre de l’Administration territoriale et de Sécurité, puis ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et enfin ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Né le 9 juin 1953 à Kati, Sada Samaké fréquente pendant une année académique l’Ecole nationale d’ingénieurs de Bamako avant d’intégrer l’EMIA de Kati en 1974. A la fin de la même année, il entre à l’Académie du Génie militaire de Moscou où il obtient trois années plus tard un diplôme d’ingénieur photogrammètre et en télédétection. Par la suite, entre 1978 et 1991, il fut successivement Instructeur permanent à l’EMIA, Commandant de Compagnie, chef de Section Instruction à l’Etat-major général des Armées puis Commandant du 34ème Bataillon du Génie. C’est de ce poste que le Commandant Sada Samaké apporte un soutien logistique aux opérations du coup d’Etat du 26 mars 1991. Considéré dans l’Armée malienne comme le « Recordman dans le grade de colonel » qu’il a porté pendant 15 ans (1996-2011), le colonel-Sada Samaké (devenu colonel-major en 2011) s’est vu hisser au rang de Général de Division le 1er octobre 2013, trois semaines après son retour au Gouvernement, le 8 septembre précédant, suite à l’élection du président IBK. Pendant presque deux ans, il dirige le même département ministériel au nom changeant à chaque remaniement : Sécurité (8 septembre 2013), Intérieur et Sécurité (11 avril 2014) ; Sécurité et Protection civile à partir du 10 janvier 2015. Il reste à ce poste jusqu’au 24 septembre 2015, date à laquelle il est remplacé par l’actuel ministre Salif Traoré. Cet exercice ministériel de Sada Samaké était une seconde expérience après celle qu’il a marquée sous le président Alpha Oumar Konaré. En effet, lieutenant-colonel, il fit son entrée au Gouvernement le 16 avril 1993 en qualité de ministre de la Sécurité intérieure puis, à partir du 7 novembre de la même année, ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité. En ce temps-là, il avait quitté l’équipe ministérielle le 21 février 2000 avec le grade de colonel. Avant tout juste son premier passage au gouvernement, l’Officier du Génie militaire a été Gouverneur de la Région de Kayes (1991 – 1993). Il s’est retrouvé dans le commandement territorial après sa participation au renversement du président Moussa Traoré. Par la suite, il est membre de la junte CRN (fin mars1991) mais refuse de siéger au Ctsp, l’Instance dirigeante de la Transition. Une décennie après, il évolue dans la diplomatie en qualité d’Ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire, de 2000 à 2006, année à laquelle il démissionne de son poste d’Abidjan. Officier supérieur sans troupe ni affectation, il connait une traversée du désert entre janvier 2007 et septembre 2013. Son retour au gouvernement (septembre 2013 – septembre 2015) fut surtout agité par des vagues de mouvements d’humeur syndicaliste de la Police. Presqu’un an après son départ, l’ancien ministre de la Sécurité, le Général Sada Samaké, après son footing matinal, est brusquement décédé le 17 septembre 2016 à Bamako. 29-Colonel Sadio Gassama, ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile puis ministre de la Défense et Anciens combattants : Né en 1954 à Gory (Cercle de Yélimané), il est issu de la 7ème Promotion de l’Emia (Octobre 1978). Il est également détenteur du Diplôme d’Etat-major de commandement de Moscou (1979-1983) avant de fréquenter en France (1991) l’Ecole supérieure de Guerre interarmes (Esgi) le Cours supérieur Interarmées (Csi) puis, en 1999, l’Institut des Hautes études de Défense nationale de Paris. Au cours de sa carrière, il a successivement acquis les grades de sous-lieutenant (1978), lieutenant (1980), capitaine (1985), commandant (1989), lieutenant-colonel (1992), colonel (1997) et Général (2005). Il a occupé plusieurs fonctions de commandement dont celles de chef d’Etat-major de la Garde nationale (1992-94), chef d’Etat-major de l’Armée de Terre (1995-1999), chef d’Etat-major général adjoint (2000-2001) et chef d’Etat-major général des Armées, de 2002 à son entrée au Gouvernement le 2 mai 2004, au poste de ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. Il quitte ce département le 2 février 2012 pour celui de la Défense et des Anciens combattants où le coup d’Etat du 22 mars 2012 met fin à ses fonctions ministérielles. Quatre années plus tard, à la veille de son départ à la retraite (fin décembre 2016), il est nommé Ambassadeur (le premier) du Mali au Tchad où il réside présentement. Auparavant, au plan politique, le lieutenant Sadio Gassama fut membre du Conseil national de l’Udpm (1985-1988). 30-Colonel-major Yamoussa Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants : Au titre des officiers de l’Armée malienne, le lieutenant Yamoussa Camara fut membre du Conseil national de l’Udpm (1985-1988). Chef d’Etat-major de la Garde nationale (2011-2012), pour son appui aux putschistes du 22 mars 2012, ceux-ci lui octroient dans la foulée le grade de Général de Brigade et lui confient l’intérim du secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants avant la formation du gouvernement du 24 avril 2012. Nommé ministre à la tête de ce Département, il y reste jusqu’au 8 septembre 2013 avec la formation du premier gouvernement formé par le président IBK. Depuis mi-2014, il est dans les liens de l’accusation dans l’affaire dite des « Bérets rouges » qui implique plusieurs officiers de la junte Cnrdre dont le N°1, le Général Amadou Aya Sanogo. Leur procès a commencé fin novembre 2016 puis ajourné une dizaine de jours après par la Cour d’assises en transport à Sikasso. Ces derniers jours, leurs avocats et leurs épouses exercent une pression médiatico-procédurière sur les autorités politiques et judiciaires pour la reprise de leur procès, à défaut d’obtenir la libération provisoire de ces militaires en détention préventive depuis plus de trois ans. 31-Colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire : Il fait partie des Officiers supérieurs qui ont appuyé à l’ombre les jeunes mutins de Kati sous la houlette du capitaine Amadou Haya Sanogo. Dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, ils ont transformé leur mutinerie en coup d’Etat en renversant le pouvoir du président ATT. Basée à Kati, la junte se dénomme Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (Cnrdre). Son président, le capitaine Sanogo, s’entoure de quelques rares Officiers supérieurs dont le colonel Moussa Sinko qui devient ainsi son directeur de Cabinet pendant presqu’un mois. C’est de ce poste qu’il devient, le 24 avril 2012, ministre de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et l’Aménagement territoriale. Il a ainsi assumé le rôle d’organisateur en chef des élections générales de 2013 avant de quitter le gouvernement lors du remaniement ministériel du 14 avril 2014. Avant les événements de mars 2012, le colonel Moussa Sinko était (2010 – 2012) le directeur de l’Instruction de l’Ecole de Maintien de la Paix – Alioune Blondin Bèye de Bamako (Emp-ABB). Une Ecole qu’il dirige depuis mai 2014, un mois après la fin de ses fonctions ministérielles (avril 2012 – avril 2014). Moussa Sinko Coulibaly porte les étoiles de Général de Brigade depuis le 14 août 2013. Natif de Bamako où il a vu le jour le 14 juillet 1972, Moussa Sinko Coulibaly est diplômé de l’Ecole Spéciale militaire de Saint-Cyr (1995). L’année suivante, il obtient le Brevet de l’Ecole supérieure d’Application du Génie d’Angers en France. Plus tard, l’Officier du Génie suit plusieurs formations : Cours de perfectionnement des officiers subalternes du Génie militaire à Munich en Allemagne (2000) ; Cours d’observateur militaire à Zambakro en Côte d’Ivoire (2001) ; Stage de Maintien de paix du Centre Pearson à Koulikoro (2002) ; Cours d’Orientation de la Défense du Collège National de Défense des Pays-Bas (2004) et le Cours de Planification opérationnelle du Kaiptc à Accra au Ghana (2006). Par la suite, le Commandant Moussa Sinko fréquente le Collège interarmées de Défense de Yaoundé (2010). La même année, il décroche dans la capitale camerounaise un Master II en Stratégie, Défense, Sécurité, Gestion des conflits et des catastrophes au Centre de recherche et d’études politiques et stratégiques (Creps). Avant d’engranger ces parchemins, l’officier du Génie, Moussa Sinko, avait été Instructeur permanent à l’Emia de Koulikoro (1996-1999) avant d’en être le directeur des Etudes entre 2007 et 2009. Sur le terrain, il a notamment commandé la 261ème Compagnie de génie et de support (2000-2001) avant de devenir chef de la Division opérations de la Direction du Génie Militaire (2001-2002). Il quitte alors le pays pour servir comme Observateur militaire des Nations Unies au sein de la Monuc en République Démocratique du Congo (2002-2004) avant d’enchainer avec des études de perfectionnement. 32-Général Tiéfing Konaté, ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile : Né le 30 septembre 1954 à Bamako, Tiéfing Konaté est diplômé de l’Émia de Kati (6ème promotion, 1977), du Cours supérieur de l’École des officiers de gendarmerie de Melun (France) ainsi que de l’École d’État-major de la gendarmerie de Maison Alfort (France, 1993-1994). Auparavant, il avait obtenu un Certificat en Sciences criminologiques à l’Université de Droit, d’Economie et des sciences politiques de Paris (1980-1981), un Certificat de l’Institut international de l’Administration publique de Paris et un Certificat de l’Ecole des Hautes Etudes de Défense nationale de Paris. Il a gravi tous les échelons de la Gendarmerie dont il fut Adjoint au chef d’État-major (1994-2000). Tiéfing Konaté a par ailleurs assumé des responsabilités dans la haute administration, notamment à la Présidence de la République où il fut Chargé de Mission (1993-1994) puis au ministère de la Sécurité et de la Protection civile entre 2000 et 2008. Par la suite, il fut directeur général de la Gendarmerie nationale (2008-2011). Après avoir été chef de Cabinet du ministère de la Sécurité intérieure et Protection civile (2011-2012), Tiéfing Konaté, promu Général de brigade (depuis le 1er octobre 2011), devient le ministre du même département à la suite du coup d’Etat du 22 mars. Après ses fonctions ministérielles (24 avril 2012 – 8 septembre 2013), le Général Tiéfing Konaté est promu Ambassadeur du Mali en Russie où il réside depuis février 2016. 33-Lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré : ministre des Transports et des Infrastructures routières : Né le 12 octobre 1972 à Kadiolo, Abdoulaye Koumaré est issu de l’Emia de Koulikoro (promotion 1994). Il obtient successivement les grades de sous-lieutenant (1994) ; lieutenant (1996), capitaine (1999), commandant (2004), lieutenant-colonel (2008), colonel (septembre 2012) et de Général de Brigade en octobre 2013. Officier du Génie militaire spécialisé en administration, il a occupé notamment les postes suivants : chef du Service des effectifs de la Direction centrale du Génie militaire (1994-1998), chef de Section Administration à la Direction centrale du Génie militaire (DGM, 1998-2001), chef de Division Budget Finances à la même DGM (2006-2007) et de mai 2007 à juillet 2012, il est directeur administratif et financier adjoint à l’Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin Bèye de Bamako. L’exercice de ces responsabilités est fréquemment entrecoupé de nombreux stages et d’autres sessions de formation dont a bénéficié Abdoulaye Koumaré grâce à la coopération allemande. Il a ainsi pris part en 1997 aux cours de Base Officier logistique à Brèmes où, en 1999, il a également suivi des cours avancés Officier Logistique. Ensuite, il décroche le Diplôme d’études universitaires générales en Sciences d’organisation économiques et financières (2003) puis Master en sciences économiques et financières (2007) à l’Université Helmut Schmid à Hambourg. Trois années plus tard, il suit des cours en Ressources management à Ottawa, au Canada puis des cours en passation des marchés publics à Paris en 2011. Proche du colonel Moussa Sinko Coulibaly, il remplace ce dernier (devenu ministre, fin avril 2012) au poste de directeur de Cabinet du président du Cnrdre, le capitaine Amadou Aya Sanogo. Le 20 août 2012, le lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré fait son entrée au gouvernement en qualité de ministre des Transports et des Infrastructures routières. Après la démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, le colonel Koumaré garde son poste qui reprend la dénomination de Ministre de l’Equipement et des Transports, du 15 décembre 2012 jusqu’à la formation du 2ème gouvernement sous le président IBK, le 11 avril 2014. Moins d’un mois après (4 mai 2016), il est promu Ambassadeur du Mali en Espagne où il réside présentement. 34-Colonel-major Bah N’Daw, ministre de la Défense et des Anciens combattants : Surnommé par ses compagnons d’armes « Le Grand » (en raison de son 1,95 m), Bah N’Daw a la particularité d’être un officier qui sait dire « non » à l’autorité suprême quand il n’est pas d’accord avec la gestion politique faite des services qu’il commandait. Il a dû s’illustrer en la matière trois fois. La première fois, en 1990, il a demandé à partir de son poste d’Aide de camp du président Moussa Traoré. La deuxième fois, le 2 avril 2004, il a remis sa démission du poste de chef d’État-major de l’Armée de l’Air qu’il occupait il y a seulement six mois. La troisième fois, début janvier 2015, il n’a pas voulu rester à son poste de ministre de la Défense et des Anciens combattants où il avait été promu (il y a sept mois) le 27 mai 2014. Il remplaçait alors le ministre Soumeylou Boubèye Maïga remercié par le président IBK suite à la déroute des troupes maliennes face aux Groupes armés à Kidal. Entré au gouvernement dans une grave période sécuritaire, le Colonel Bah N’Daw en sort dans un moment d‘incertitudes pour l’Armée accrochée aux péripéties des négociations inter-maliens de sortie de crise à Alger. A sa nomination ministérielle, il jouissait de ses droits à la retraite depuis fin 2012. L’Aviateur Bah N’Daw avait occupé durant sa carrière plusieurs postes dont notamment ceux de : directeur générale de l’Office national des Anciens combattants (2008-2011), chef d’État-major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef d’Etat-major adjoint de la Garde nationale, directeur général de l’Equipement des Armées, chargé de mission au Ministère de la Défense et des Anciens combattants et chef de Cabinet de défense à la Primature. Issu de la 7ème promotion de l’EMIA (octobre 1978), Bah N’Daw s’est spécialisé en pilotage d’hélicoptère après avoir suivi une formation en ex-URSS (1974-1975) avant d’intégrer en mars 1976 l’Armée de l’Air qui venait d’être créée sous la houlette du futur Général Mamadou Coulibaly. Il a par ailleurs obtenu, à Paris en 1994, le Brevet de l’Ecole supérieure de Guerre Interarmes et celui du Cours supérieur inter-armes. Présentement, le Colonel-major à la retraite passe ses temps favoris dans sa ferme. 35-Colonel-major Salif Traoré, ministre de la Sécurité et de la Protection civile : A 45 ans, il est présentement le seul militaire en exercice ministériel depuis le 24 septembre 2015. Nanti du diplôme de la prestigieuse Ecole militaire spéciale française de Saint Cyr (1993-1996), Salif Traoré a également fréquenté en France l’Ecole d’Application Armée-Blindé-Cavalerie de Saumur. Il est également détenteur d’un Master 2 en Stratégie, Défense, Sécurité, Gestion des conflits et des catastrophes, diplôme obtenu après qu’il ait fréquenté, entre autres, le Command and Staff College à Jaji au Nigéria (2001) ensuite le Collège royal de l’enseignement militaire supérieur de Kénitra au Maroc (2002-2003), l’Ecole de Maintien de Paix de Bamako (2003-2004 puis 2008), l’Académie Nasser d’Egypte (2009), l’Ecole de Guerre de Yaoundé (2009-2010). Bardé de diplômes militaires, Salif Traoré a été Instructeur permanent à l’Emia de Koulikoro avant de commander sur le terrain plusieurs unités, notamment l’Escadron Blindé de Nioro du Sahel, le Régiment mixte et chef secteur n° 3 (Gao), le 12è Régiment mixte et chef secteur n° 2 (Kidal) et le 11è Régiment mixte et chef secteur n° 1 (Tessalit). Le colonel Salif Traoré a par ailleurs participé aussi à des missions de l’Onu au Liberia (2004-2006) puis au Soudan (2007-2008). En 2010-2012, il est chargé des questions de Sécurité et de Gouvernance par le biais du poste d’Adjoint au Coordinateur du Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord Mali (Pspsdn, dirigé par l’ancien ministre Mohamed Ag Erlaf). Après la chute du régime ATT, ses compagnons d’arme putschistes le font propulser au commandement territorial en novembre 2012 à Kayes. C’est ainsi qu’à sa nomination au gouvernement le 24 septembre 2015, il était le Gouverneur de la 1ère Région administrative du pays, Kayes. En termes de grades, Salif Traoré a successivement porté les épaulettes de sous-lieutenant (1994), lieutenant (1996), capitaine (1999), commandant (2004), lieutenant-colonel (2008) et colonel (2011). Une semaine après sa promotion ministérielle, il étrenne ses galons de colonel-major pour lesquels il était déjà promu en avancement normal. Il devient Général de Brigade le 7 juillet 2016. Trois cas exceptionnels 1-Lieutenant-colonel puis Général Amadou Toumani Touré (ATT), président du Ctsp et chef de l’Etat puis président de la République : Évaporation du symbolisme du 26 mars Amadou Toumani Touré De l’indépendance à nos jours, toutes les Lois Fondamentales (Constitutions, Ordonnance, Acte) du Mali ont conféré aux différents chefs d’Etat les pouvoirs de présider le Conseil des ministres. Mais, il y a un fait exceptionnel : contrairement aux présidents Modibo Kéïta, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, Dioncounda Traoré et Ibrahim Boubacar Kéïta qui ont eu des charges ministérielles avant ou pendant leurs fonctions de magistrat suprême du Mali, le Général ATT est le seul à avoir présidé aux destinées du Mali sans pour autant occuper un poste ministériel, ni avant ni pendant ses fonctions présidentielles. S’agissant de la participation des militaires dans la gestion gouvernementale (objet du présent Dossier), le Général Moussa Traoré a été président de la République et fréquemment ministre de la Défense, il n’en fut cependant pas le cas pour le Général ATT. Il n’a jamais exercé de fonctions ministérielles, mais lors de ses deux passages (1991-1992 puis 2002-2012) à la tête du pays, il a toujours présidé les sessions du Conseil des ministres. Le dernier acte de chef de l’Etat posé par lui a été d’ailleurs la conduite des travaux de la session ordinaire du Conseil des ministres du mercredi 21 mars 2012. En fin de matinée, laissant le Premier ministre Mme Cissé Mariam Khaidama Sidibé terminer la réunion, il dû quitter la salle de délibérations pour rejoindre, à une centaine de mètres, son bureau au sein du Palais de Koulouba. Là, il a commencé à faire face à la mutinerie qui venait d’être déclenchée au Camp Soundjata de Kati (à une dizaine de Km de Koulouba). Cette mutinerie s’est vite transformée en coup d’Etat qui a ainsi écourté un second mandat quinquennal devant s’achever en juin 2012. Durant les 10 années écoulées, le président ATT a régulièrement présidé les sessions du Conseil des ministres. Cette présidence lui est conférée par des dispositions prévues par l’Article 39 de la Constitution du 25 février 1992 et par le Décret N°92-007/P-RM du 18 juin 1992 dont les Articles 1er à 6 règlementent le Conseil des ministres. Auparavant, suite à la chute de la 2ème République le 26 mars 1991, la période de la Transition Démocratique fut régie par l’Acte Fondamental N°1 du 31 mars 1991 (tenant lieu de Constitution). Elle dispose en son Article 33 que «le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (Ctsp) désigne en son sein un président qui assure les fonctions de chef de l’Etat ». L’Article 34 ajoute que «le chef de l’Etat […] est le chef suprême des Armées. Il veille, conjointement avec le Ctsp, au fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi qu’à la continuité de l’Etat ». En plus, «le chef de l’Etat préside le Conseil des ministres. Il nomme aux hautes fonctions civiles et militaires sur propositions du Gouvernement» (Article 35). Ainsi le lieutenant-colonel ATT a pu présider les travaux du Conseil des ministres en sa qualité de président du Ctsp, instance dirigeante suprême du Mali après la chute du régime du Général Moussa Traoré. Ainsi, contrairement à ce dernier qui fut chef de Gouvernement et ministre de la Défense, ATT n’a jamais exercé de fonctions ministérielles en tant que telles. Mais, à l’instar de tous les officiers de la haute hiérarchie militaire sous la 2ème République, le commandant ATT fut membre du Conseil national de l’Udpm (1982-1988). Né le 04 novembre 1948 à Mopti, Amadou Toumani Touré fréquente l’Ecole normale secondaire de Badalabougou – Bamako (1966-1969). Il interrompt ses études en Lettres-Histoire-Géographie pour entrer à l’Emia de Kati (4ème promotion, 1969-1972). Affecté la Compagnie para de Djicoroni, il poursuit des formations de spécialisation, des années après, en fréquentant l’Ecole supérieure des troupes aéroportées à Riazan en Urss (1974-1975), ensuite le Centre national d’entrainement commando (Cnec) à Mont-Louis en France (1978). Dix ans après, il retourne dans ce pays en intégrant l’Ecole supérieure de Guerre Interarmes à Paris (17ème promotion, 1989-1990) puis suit le Cours supérieur inter-armes à Paris (42ème Promotion, 1990). Durant sa carrière militaire, ATT fut successivement en termes de grades : sous-lieutenant (1972), lieutenant (1974), capitaine (1978), chef de Bataillon ou commandant (1984), lieutenant-colonel (1988), Général de Brigade, Général de Division (1992) et Général d’Armée (1996). Entretemps, il assume les fonctions de commandant de la Garde présidentielle (avril 1981- mars 1984). Il exerce deux fois les responsabilités du commandement du Bataillon des Paras Commandos, de janvier 1984 à octobre 1989 puis du 14 au 26 mars 1991. C’est à ce poste qu’il conduit les opérations militaires qui ont abouti à la chute du président Moussa Traoré. Après les charges suprêmes du pays, le Général ATT s’engage dans l’action humanitaire en créant en 1993 la Fondation Pour l’Enfance. A la demande de l’ancien président américain Jimmy Carter, ATT parraine le Programme d’Eradication de la Dracunculose (ver de Guinée) au Mali et assure la présidence du Comité de Pilotage des Journées Nationales de Vaccination contre la Poliomyélite. Il est par ailleurs sollicité pour la médiation internationale sous l’égide des organisations internationales telles l’Onu, l’Oua et l’Oif. C’est fort de ces expériences que des dizaines de clubs de soutien lancent des appels à ATT à se présenter à l’élection présidentielle de 2002. En septembre 2001, le Général ATT décide d’aller à la retraite anticipée de l’Armée pour pouvoir faire valoir sa candidature à la présidentielle d’avril 2002. Le Général à la retraite ATT est ainsi élu puis réélu (2007) président de la République. A moins de trois mois de la fin de son mandat, une mutinerie vite virée an coup d’Etat met fin à cette présidence le 22 mars 2012. Trois semaines après, sur initiative des chefs d’Etat de la Cedeao, l’ex-président malien s’exile au Sénégal où il vit depuis. Ces derniers mois, ses fans dans les associations et partis politiques réclament son retour au bercail. 2-Commissaire Divisionnaire Mahamadou Diagouraga, Commissaire au Nord avec rang de ministre : Par Décret présidentiel N°94-24/P-RM du 21 juillet 1994, le Commissaire divisionnaire Mahamadou Diagouraga est nommé Commissaire au Nord avec rang de ministre. Il y remplace le colonel Bréhima Siré Traoré. A proprement écrire, la promotion dont bénéficie ainsi cet officier supérieur de la Police intervient au moment où son corps professionnel n’est plus sous statut militaire suite à sa démilitarisation intervenue depuis un an (1993). Mais compte tenu du parcours de celui qui est communément appelé « Diagouss » par les intimes, on pourrait difficilement occulter son cas dans le lot des grands commis de l’Etat (surtout avec rang ministériel). Principal interlocuteur des groupes armés pour le retour de la paix, l’officier supérieur de police dirige le Commissariat au Nord jusqu’en 1999 avant d’être directeur général de la Police nationale, de 2002 à 2005, puis de 2011 à 2013. Entretemps, suite à la crise qui avait éclaté à Kidal en mai 2016, il s’était retrouvé dans le « Dossier – Nord Mali » en présidant le Comité de suivi de l’Accord d’Alger (signé le 4 juillet 2006) dont le siège était à Kidal avant d’être transféré à Bamako en 2010. Quinze (15) ans après, l’Inspecteur Général de Police (équivalent de Général dans l’Armée) reprend en main le même dossier de gestion de crise aux zones septentrionales du pays. En effet, le 15 juin 2016, il est nommé par Décret présidentiel Haut Représentant du président de la République pour l’application de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, signé en mai-juin 2015 entre le Gouvernement malien et les Groupes armés. Né vers 1950 à Nioro du Sahel, Mahamadou Diagouraga est diplômé en Droit de l’ENA de Bamako (1975) et de l’Ecole nationale de Police d’où il sort avec le grade d’officier (1977), la Police était alors sous statut militaire. Durant les 10 premières années de sa carrière professionnelle (1977-1987), il a commandé notamment des commissariats de police (Bougouni, Bamako, Kati et Sikasso) puis le Bureau Interpol-Mali. Par la suite, il est nommé Consul Général du Mali à Tamanrasset en Algérie (1987-1991). Il fut ensuite Ambassadeur du Mali en Algérie entre 1991 et 1992. « Diagouraga » est ambassadeur pour la 2ème fois, mais en poste en Egypte pour cette fois (1999-2002). Promu Inspecteur Général de Police (équivalent de Général dans l’Armée), en janvier 2007, Mahamadou Diagouraga devient Ambassadeur pour la 3ème fois en dirigeant la représentation diplomatique de son pays en Mauritanie, entre 2015 et 2016. Ses différentes promotions sont entrecoupées de nominations dans la haute administration au pays : Conseiller technique au ministère de la Sécurité, commandant adjoint du contingent malien à l’Ecomog au Libéria (1993-1994). Après son deuxième passage à la Dgpn, Mahamadou Diagouraga est muté à l’Inspection des Services de sécurité et de protection civile (2012-2014) avant d’être nommé en mai 2014 Conseiller technique au ministère de la sécurité sous le Général Sada Samaké. Quatre mois après (septembre 2014), il est promu ambassadeur du Mali en République islamique de Mauritanie. C’est de ce poste qu’il est désigné, le 15 juin 2016, Haut Représentant du président de la République pour l’application de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, signé en mai-juin 2015 entre le Gouvernement malien et les Groupes armés. A noter que, parallèlement à ses fonctions de Dg de la Police, Mahamadou Diagouraga était parvenu à décrocher en 2002 le Diplôme de fin de cycle en Relations internationales approfondies du Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris (Ceds). 3-Général de Brigade Amadou Sagafourou Guèye, Grand Chancelier des Ordres nationaux du Mali assimilé à un ministre : Par Décret présidentiel N°2017-0273/P-RM du 23 mars 2017 fixant la rémunération et les avantages accordés au Grand Chancelier des Ordres nationaux du Mali, le président IBK a conféré à celui-ci le rang de ministre. L’article 1er dudit décret dispose en effet que « le Grand Chancelier des Ordres nationaux du Mali est assimilé, du point de vue des avantages en nature et en espèces, à un ministre ». Une première au Mali dont le bénéficiaire est le Général de brigade Amadou Sagafourou Guèye promu à son poste par le Décret N°2016-0861/P-RM du 8 novembre 2016. Né vers 1955, Amadou S. Guèye est incorporé le 1er octobre 1977 comme Elève Officier d’Active sorti de l’Emia (6ème promotion, octobre 1977). Spécialisé dans les Transmissions, il a occupé plusieurs postes de commandement et a exercé notamment les fonctions suivantes : directeur des Transmissions et des Télécommunications des Armées (1994-2000) ; Conseiller Technique chargé de la Coopération au ministère de la Défense et des Anciens combattants ; directeur général de l’Office national des Anciens combattants, Militaires retraités et Victimes de guerre au Mali (janvier 2013-novembre 2016) et, depuis novembre 2016, Grand Chancelier des Ordres nationaux du Mali. Admis à la 2ème Section (début de retraite pour les Officiers Généraux) par Décret N°2017-0581/P-RM du 18 juillet 2017, cela n’empêche pas le Général Amadou Sagoufourou Guèye de mener les activités de la Grande Chancellerie des Ordres nationaux. Dossier réalisé par La Rédaction Nos sources : Elles sont essentiellement écrites. Nous en avons consulté une quarantaine dont voici les références : 1-Agendas Ministère de la Défense et des Anciens combattants (Années 2003 à 2013). 2-Agenda 2011 de Ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. . 3-Agenda Udpm 1980. 4-Andriamirado Sennen : « Sankara le rebelle », Jeune Afrique Livres, N°2, Paris, 240p. 5-Archives du journal L’Essor, Quotidien national d’information. 6-Archives du Journal Officiel de la République du Mali. 7-Articles de Jeune Afrique (hebdo international, Paris) sur le Mali (1968-2014). 8-Articles des publications militaires au Mali : Frères d’Armes, La Sentinelle, Le Clairon, L’Aviateur, L’Elite. 9-Biographies du Président de la République et des Anciens Chefs d’Etat du Mali (www.koulouba.pr.ml). 10-Bocoum Mohamadoun Baréma : « Les hommes politiques maliens et africains », L’Harmattan, Paris, 2010 ; 312p. 11-Collectif d’auteurs : « Notre Mali 1960 – 2010 », AMAP, Bamako, 2010 ; 92p. 12-Cour Internationale de Justice : «Recueil des Arrêts, Avis consultatifs et Ordonnances. Affaire du différend frontalier Burkina Faso / République du Mali. Arrêt du 22 décembre 1986», La Haye, 1986, 554p. 13-Dembele Assimi Souleymane (colonel) : «Transferts définitifs», Editions Le Figuier, Bamako, 2007 ; 231p. 14-Diallo Djibril (Sous la direction de) : « Le Mali sous Moussa Traoré », Ouvrage collectif, Collection Mémoire, Editions La Sahélienne, Bamako, 2016 ; 212p. 15- Diarrah Cheick Oumar : «Vers la IIIeme République du Mali », L’Harmattan, Paris, 1991, 240p. 16-DJIME Hamadou : «L’aube des démocraties : La chute de Moussa Traoré », Imprimerie G. Mounkoro, Bamako, 1997 ; 220p. 16-Dossiers-Evénements et éditions spéciales de plusieurs journaux privés maliens traitant la Fête de l’Armée (20 janvier 1961), les coups d’Etat militaires (19 novembre 1968, 26 mars 1991 et 22 mars 2012) ainsi que l’actualité des différentes formations gouvernementales et de nombreux remaniements ministériels. 17-Doucoure Mamadou (Général) : « Armée nationale du Mali, une armée patriotique », Edim-sa, Bamako, 2010, 92p. 18-Incod (Informatique Communication & Divers) : «Recueil de discours et Messages du Président de la République du Mali, Son Excellence Amadou Toumani Touré. Volume 3 (2010-2012) », Bamako, Décembre 2014 ; 252p. 19-Konare Alpha Oumar : «Histoire des partis politiques au Mali. Du pluralisme politique au parti unique. 1946 – 1968 », Cauris Livres, Bamako, 2016 ; 608p. 20-Konare Alpha Oumar et Adam BA : «Grandes Dates du Mali », Edim, Bamako, 1983 ; 284p. 21-Konate Moussa : «Mali : Ils ont assassiné l’espoir », L’harmattan, Paris, 1990, 148p. 22-Diallo Siradiou (sous la coordination : «Moussa Traoré », Collection Les Contemporains, Les Editions de Jaguar/Les Editions J.A Paris, 1989 ; 224p. 23-Listes des membres du Conseil national et du Bureau exécutif central disponibles dans différents documents relatifs au Congrès constitutif de l’Udpm (Mars 1979), au 1er Congrès ordinaire de l’Udpm (Février 1982), au 2ème Congrès ordinaire de l’Udpm (Mars 1985) et au 3ème Congrès ordinaire de l’Udpm (Mars 1988). 24-Mémorial Modibo Kéïta : «Les Têtes de la République : Chefs d’Etats et Ministres du Mali de 1957 à 2007 », Afrikibaru, Bamako, 2007 ; 202p. 25-Malle Boubacar Nantégué : « Les Gouvernements de la République du Mali. Suite des Gouvernements de la Troisième République (1992 – 2007) », Edim-sa, Bamako, 2007 ; 88p. 26-Mariko Amidou : «Mémoires d’un crocodile : Du sujet français au citoyen malien», Editions Donniya, Bamako, 2001 ; 200p. 27-Diallo Abou Samba Oulèye : « Les différents Gouvernements. De la Loi-cadre du 27 mars 1957 à la Troisième République du Mali », Fascicule, Kayes, 2004 ; 39p. 28-N’Diaye Mamadou Belco : «Quand le pouvoir délire », Edim-sa, Bamako, 2010 ; 120p. 29-Philippe Sébastien : «Vers une historique de la création de l’armée malienne », 2016, in http://histoires-ultramarines.fr/. pdf (12p). 30-Rédaction L’Essor : «Le Mali de 1968 à 1988. Du Cmln à l’Udpm », Amap, Bamako, 1988 ; 90p. 31-Rédaction L’Essor : « Mali 2000 », Amap, Bamako, 2000 ; 256p. 32-Samake Guédiouma : «Le chemin de l’honneur», Editions Jamana, Bamako, 1998 ; P.95. 33-Samake Capitaine Soungalo : «Ma vie de soldat », La Ruche à Livres, Bamako, 2007 ; 189p. 34-Sanankoua Bintou : « La chute de Modibo Kéïta », Editions Chaka, Paris, 1990, PP.71-103. 35-Sangare Samba : «Dix ans au bagne-mouroir de Taoudénit», La Ruche à Livres, Bamako, 2001 ; 280p. 36-Sissoko Séga (colonel-major), Officier de Cabinet au ministère de la Défense et des Anciens combattants puis 1er directeur du Musée des Armées du Mali (2005-2012) : Auteur de nombreuses communications, conférences et interventions dans les médias sur l’historique et la création de l’Armée malienne. 37-Sites consultés : sgg-mali.ml ; afribone.com, maliweb ; malijet ; malinet ; apsi.biz et wikipedia.org. 38-Sunjata, mensuel de l’Amap, N°00 du 05 juin 1978, PP.18-29 et N°31 de Juin 1981, PP.6-10. 39-Sow Abdoulaye Sékou (Maitre) : « L’Etat démocratique républicain : la problématique de sa construction au Mali », Editions Grandvaux, Paris, 2008 ; P.418. 40-Sow Ousmane : « Un para à Koulouba. Chronique d’une nation à repenser », Jamana, Bamako, 2007 ; 146p. -Traore Amadou Seydou : «Défense et illustration de l’action de l’Union Soudanaise RDA. 1946 – 1968 », Editions La Ruche à livres, Bamako, 1996,-292p ; «Le salaire des libérateurs du Mali », La Ruche à livres, 2008,-428p et «Du Cmln à l’Udpm. 23 ans de mensonges », La Ruche à Livres, 2010,-546p. Source : aBamako aBamako

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