Le Général Moussa Sinko Coulibaly : «Le bilan est désastreux et nous ne pouvons plus nous permettre de vivre 5 années encore avec cette gouvernance»

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Le samedi 30 novembre 2017, le Général de brigade Moussa Sinko Coulibaly a démissionné de l'armée malienne. Il a adressé une lettre de démission au ministre de la Défense et des Anciens combattants. Moussa Sinko veut se lancer dans l'animation d'un mouvement national dans l’unique but d’empêcher le président IBK de briguer un nouveau mandat. Question banale, pourquoi avez-vous démissionné de l'armée ? Moussa Sinko Coulibaly : Ma démission est motivée par mon souci de pouvoir contribuer, comme je l'ai dit dans la lettre de démission, à trouver des solutions aux différents défis auxquels le pays fait face. Actuellement, je m'occupe essentiellement des questions de sécurité, de gouvernance et de paix. Mais je pense qu'avec l'expérience que j'ai eue, en particulier au ministère de l'Administration territoriale, je pourrai aussi contribuer aux questions électorales, aux questions d'associations et partis politiques, etc. J'aimerais donc me donner les moyens de faire ces activités n’en étant pas limité par la réserve imposée par la qualité militaire. La semaine dernière, j'ai présenté ma lettre de démission pour pouvoir pleinement contribuer à ces missions. Est-ce qu'en tant que Général, vous ne resterez pas sous le drapeau malgré votre démission ? En fait, le statut général des militaires donne la possibilité à tous les militaires, bien évidemment dans certaines conditions, de pouvoir quitter l'armée s'ils le souhaitent. Donc ces dispositions ne sont pas faites seulement pour le Général Moussa Sinko Coulibaly. Je profite tout simplement de cette possibilité qui est offerte pour pouvoir explorer d'autres horizons. Vous vous lancez sur le terrain politique alors que vous êtes un général de l'armée malienne. Quelle sera votre préférence entre l'opposition et la majorité ? Disons que je vais forcément essayer de mettre à disposition ma petite expérience, que j'ai eue au ministère de l'Administration territoriale. Mais je ne vais pas me limiter uniquement à ça. Je suis disponible pour toutes activités, toutes contributions, dans tous les domaines, pourvu que ça puisse apporter une contribution positive à la résolution de la crise que nous vivons actuellement. Êtes-vous seul dans cette nouvelle aventure ou avec vos camarades dont certains sont actuellement en détention ? Disons que je suis avec tous les Maliens aujourd'hui, qui pensent que nous devons donner un nouvel élan à la démocratie malienne, que nous devons changer la gouvernance ici au Mali. Donc, on s'est dit il y a des échéances, il y a des rendez-vous qui pointent à l'horizon. C'est une bonne opportunité pour essayer de changer le cours de l'histoire de notre pays. Bien évidemment, on va saisir ces opportunités pour essayer d'influencer et d'influer sur l'avenir de notre pays. Le Général Moussa Sinko Coulibaly sera-t-il candidat en 2018 ? Le plus important pour le moment, c'est de nous assurer qu'au mois de septembre de l'année prochaine, nous aurons une autre façon de gouverner notre pays. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que nous allons mobiliser tous les Maliens qui croient que nous pouvons faire mieux que ce qui se fait actuellement, et nous allons nous donner, par le jeu démocratique, les élections, la chance d'amener une autre équipe plus performante pour gérer les affaires de l'Etat. Est-ce à dire que vous ne faites plus confiance au président Ibrahim Boubacar Keita ? Disons que le constat ce n'est pas moi seulement qui le fais. Mais le bilan est désastreux et nous ne pouvons plus nous permettre de vivre 5 années encore avec cette gouvernance. Il serait même sage, pour l'équipe qui est en place, de tirer les mêmes conséquences et de dire qu'il est temps de passer le relais à d'autres personnes. Avez-vous déjà rencontré des hommes politiques ? Si oui, qui sont-ils ? Disons que depuis ma démission, je n'ai pas fait de rencontres particulières. Mais, depuis un certain moment, compte tenu de ma fonction passée et de mes fonctions actuelles, bien évidemment, je suis en contact avec beaucoup de personnalités de ce pays. Régulièrement, on échange sur les sujets d'actualité. Est-ce que vous avez un message pour la jeunesse qui est très active maintenant ? Un message de mobilisation. Je demande à la jeunesse de croire en elle-même, de croire en l'avenir de ce pays. La jeunesse représente la force vive de la nation. Nous avons de la chance, nous avons une jeunesse dynamique. Je demande à la jeunesse de se mobiliser, seul le travail paye. Si on se mobilise, on met le Mali au cœur de nos préoccupations, nous allons changer positivement la vie des Maliens. Allez-vous mettre en place un mouvement, et quand est-ce que vous allez quitter votre bureau de directeur de l'école de maintien de la paix Me Alioune Blondin Bèye ? Je suis ouvert à toutes les options. Pour le moment, je continue les échanges et les discussions autour de moi, et l'avenir nous édifiera sur la suite. Pour ce bureau, ce n'est qu'une question de jours. Je dis que je fais appel à tous ceux qui disent qu'il faut changer les choses, et nous allons nous donner la main pour essayer de changer les choses. Remerciements à tout le monde et pour la mobilisation, pour que ce changement puisse venir. Réalisée Par Kassim TRAORE Source : aBamako aBamako

1 commentaire

  1. Non pas de cette manière et il ne pourra plus rien apporter de potable à ce pays et ne va plus jamais être capable de corriger l’erreur commise. Sinon, il devait en toute responsabilité reconnaitre d’abord son erreur pour ensuite s’en excuser. Lui, il est tout simplement prêt à prendre une revanche. Peut être que ses espoirs ont tout simplement été déçus, il a pensé avoir des projets avec le pouvoir qui n’ont pas été concrétisés. Ils ont mis le pays à terre et je ne suis pas sûr que nous soyons prêts à les pardonner eu égard à tous ce que nos braves populations ont subi comme humiliation, sévices, tortures physiques et sexuelles et souvent devant les maris ou les enfants suite à leur coup d’État le plus débile qu’aucun pays civilisé du monde n’est connu. La première révolte des touaregs dans l’Adrar des Iforas date si je ne m’abuse de 1964. Et depuis cette date jusqu’au 22 mars 2012 (date du décès de la République) aucune de nos Régions n’a été prise par les rebelles à plus forte raison, trois Régions en trois jours. Kidal est pris le Vendredi 30 mars 2012, Samedi 31 mars 2012, c’est Gao qui fait les frais et Tombouctou est tombe dans les maibs des rebelles, le Dimanche 01 avril 2012.
    De grâce que ces gens nous laissent d’abord diriger notre humiliation. En temps normal et dans un pays sérieux, les propos qu’il vient de tenir devaient l’amener devant le juge. Mais hélas le Mali d’aujourd’hui est devenu ce que nous voyons malheureusement tous les jours. A cause de leur serment, certains parmi eux ne devaient pas fuir le Nord pour ensuite venir semer la zizanie au Sud et plonger le pays dans le plus profond des trous qu’il n’a jamais connu de son indépendance à 2012.

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