Journée de l’industrialisation de l’Afrique : Mobilisation et engagements autour du ” Made in Mali “

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Occasion privilégiée du ” Made in Mali “, la Journée de l’Industrialisation de l’Afrique (JIA) a été célébrée le 4 décembre dernier au Parc des expositions de Bamako, sous la présidence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta qui a eu l’occasion de découvrir le savoir-faire de nos industriels à l’occasion du salon qui accompagne l’édition 2017 du JIA qui sera clôturée par un Panel sur les écosystèmes des industries maliennes, le samedi 10 décembre 2017, sous la présidence du Premier ministre Inciter les pays africains à prendre conscience que la voie du développement passe par l’industrialisation et par conséquent les amener à s’y engager résolument, tel est l’objectif des Nations Unies, à travers l’Onudi, en choisissant de célébrer, le 20 novembre de chaque année, la Journée de l’industrialisation de l’Afrique (JIA). Pour cette édition 2017 (la 6è co-organisée par l’Organisation patronale des industriels et le ministère du Développement industriel) la date du 04 décembre a été choisie, pour permettre au président de la République d’assurer le patronage effectif de cet événement pour prouver, une fois de plus, combien il reste attaché au Développement industriel du Mali. C’est ainsi que la journée de l’Industrialisation de l’Afrique, doublée du salon du ” Made in Mali ” se déroule du 04 au 10 décembre au Parc des expositions de Bamako. Une semaine mise à profit par les industriels pour faire une introspection et de la prospective afin de trouver les meilleures stratégies et méthodes pour booster l’industrie malienne qui cherche encore sa voie. C’est un Parc des expositions bondé de monde qui a accueilli le président de la République à l’occasion de l’ouverture officielle de l’édition 2017 de la Journée de l’Industrialisation de l’Afrique, lundi dernier dans l’après-midi. En effet, le défi de la mobilisation a été relevé car une heure avant le démarrage de la cérémonie officielle d’ouverture à 16 heures, le chapiteau devant l’abriter affichait déjà le plein. Grâce à la maestria de l’Agence Spirit Mc Cann devenue le numéro 1 de l’événementiel et la communication au Mali, aucun couac n’a été décelé au niveau de l’organisation soutenue par une Commission que préside Boubacar Tandia. Après le mot de bienvenue du 3è adjoint au maire de la commune V de Bamako, venu ainsi représenter le maire principal de sa commune, l’assistance a eu droit à la diffusion de la première partie d’un film qui présente les différents partenaires qui ont permis la réussite de cet événement, notamment les sponsors, parmi lesquels les grandes industries qui composent l’Organisation patronale des industriels. Le développement industriel doit accompagner la mise en place de zones de libre échange Le décor ainsi campé, le message du secrétaire général des Nations unies à l’occasion de cette Journée de l’Industrialisation de l’Afrique a été lue par Mme Traoré du bureau-Mali de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) au nom de la coordonnatrice du système des Nations Unies au Mali empêchée. Un message qui rappelle le rôle que doit jouer le développement industriel dans le développement de l’Afrique et surtout en accompagnant le développement de zones de libre-échange. En respectant scrupuleusement le programme de la cérémonie, la deuxième partie du film des partenaires et sponsors sera diffusée, avant de faire place au président de l’Organisation patronale des industriels (Opi) Cyrill Achcar, pour son allocution. Comme à son habitude, le premier responsale du syndicat des industriels a porté très haut la parole des professionnels du secteur, à travers un discours aux allures d’un plaidoyer pour la promotion du secteur industriel du Mali qui a besoin notamment de l’appui des autorités du pays à travers des actes concrets. Cyril Achcar : «Il importe que l’agriculture soit transformée dans notre pays» Après avoir remercié le président de la République pour l’attention particulière qu’il accorde au secteur industriel, le président e l’Opi a fait le point sur les travaux qui ont suivi la remise au Gouvernement du Livre Blanc de l’Opi sur le développement industriel. Face au chef de l’Etat, Cyrill Achcar n’a pas raté l’occasion pour rappeler combien les industriels, courageux et téméraires, continuent de braver la concurrence quasi déloyale qu’ils subissent de la part de leurs homologues des pays côtiers qui bénéficient de textes communautaires taillés à leur mesure. D’où la demande, de la part, de Cyril Achcar, d’une relecture des textes communautaires pour prendre en compte les préoccupations de pays de l’Hinterland comme le Mali car avec les textes actuels, dira le président de l’Opi qui précise que la solution des problèmes de l’industrie malienne passe par l’application des solutions préconisées par les acteurs du secteur dans le Livre Blanc. “C’est un recueil synthétisant la situation industrielle de notre pays. Vingt-quatre solutions de relance de l’industrie sont proposées dans le livre blanc nourri par les difficultés rencontrées à l’occasion de 43 ans de pratique de la transformation industrielle d’investisseurs nationaux et internationaux membres de l’OPI depuis 1975” a rappelé Cyril Achcar avant de résumer ainsi les maux dont souffre l’industrie malienne : un arbitrage défavorable à l’industrie 0,03 % du budget d’Etat quand l’agriculture est à 15 % ; une commande publique non orientée vers le made in Mali ; le déficit de la culture industrielle ; le manque d’audace dans les réformes à mener et surtout les contraintes imposées par les textes communautaires et et la mauvaise application des textes nationaux. Il attire l’attention des autorités sur l’importance stratégique de pouvoir transformer nos produits agricoles sur place : ” …il importe que l’agriculture soit transformée dans notre pays car la valeur ajoutée est dans cette transformation. Elle apportera les emplois, les investissements, les taxes dont l’économie a besoin et elle nous protégera des cours internationaux des matières premières ouvert aux différentes tempêtes des bourses planétaires”. Le Développement industriel nécessite un environnement favorable Mais le développement industriel suppose aussi un environnement favorable qui appelle des investissements dans les infrastructures (routes, chemin de fer, énergie compétitive et disponible), un système financier harmonisé avec des taux au Mali identiques à ceux de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal, un ministère du Développement industriel érigé en ministère régalien doté de moyens financiers pour mener l’industrialisation et la mise en œuvre des réformes proposées par le Livre Blanc et qui sont le fruit d’études bien menées grâce à l’appui de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali qui a reçu les remerciements solennels du président de l’Opi. Avant l’allocution du ministre du Développement industriel, un film richement documenté a été projeté pour faire le point sur les problèmes auxquels l’industrie malienne se trouve confrontée afin de bien amener, en images très expressives, le contexte et les justifications du Panel sur les écosystèmes des industries maliennes prévu pour clôturer, le samedi 10 décembre, la Journée de l’Industrialisation de l’Afrique doublée du salon sur le “Made in Mali”. Ce sera sous la présidence du Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga. Le ministre du Développement industriel rappelle l’importance que le président de la République accorde au développement industriel “en donnant à ce secteur vital toute la place qui lui revient dans l’économie nationale” notamment d’abord en créant un ministère spécifiquement dédié à la question. Le ministre du Développement industriel sonne le tocsin du “consommer malien “ “Aucune nation ne peut se développer significativement dans un système économique réduit à fournir aux autres des intrants bon marché et une main d’œuvre servile pour ne recevoir en contrepartie que des produits finis à des prix prohibitifs. Le Mali est par exemple un des principaux producteurs de coton à l’échelle planétaire, pourtant c’est une quantité infime de cette précieuse denrée, environ 2%, qui connaît localement une sommaire transformation industrielle. Notre pays est reconnu comme le plus grand importateur de l’Uemoa. Cette dépendance de l’extérieur est une posture inacceptable parce que nous disposons d’opportunités qui nous permettent de produire ce que nous consommons” fait remarquer le ministre Mohamed Ali Ag Ibrahim, pour prouver que la question du développement industrielle est certes vitale pour notre développement économique, mais que nous devons nous y atteler hic et nunc. Il n’y a donc plus e temps à perdre. Raison pour laquelle, il a promis aux industriels, en application des directives du Premier ministre inspirées de la vision du chef de l’Etat, de les soutenir par des mesures courageuses d’accompagnement afin de créer les conditions d’épanouissement de l’industrie malienne. Le président IBK réitère ses engagements de faire du Développement industriel une réalité Après la coupure du ruban symbolique et la visite des stands du salon du ” Made in Mali ” le président de la République qui a pu découvrir une fois de plus le savoir-faire des industriels maliens, s’est dit confiant quant à l’avenir de ce secteur et a réitéré ses engagements de out faire afin que le développement industriel soit une réalité au Mali pour jouer son rôle attendu de levier du développement économique. Il a renouvelé sa confiance au ministre Mouhamed Ali Ag Ibrahim qui s’est lui aussi engagé à produire un bilan à hauteur des attentes à l’heure des comptes. A.B. NIANG Source : aBamako aBamako

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